€CALYPSE NEWS

dimanche 9 juillet 2017

G20 : un grand spectacle de zombies




« … l’état de zombie? C’est continuer comme si de rien n’était alors que les forces de mort ont pris le contrôle de la situation. ( ) Le G20 qui se tient ce week-end à Hambourg est l’occasion d’un grand spectacle de zombies. Les zombies ne sont cependant pas seulement là où la presse les voit. 
 
Il y a les zombies dans les rues avec leurs costumes;

Il y a les zombies sur les podiums et les télés qui paradent;

Il y a les économies mondiales zombies elles aussi à leur manière » écrit Bruno Bertez dans un texte du 9 juillet 2017 à lire ci-dessous.

Bonne lecture

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Les Zombies à Hambourg, globalisation, crise, et rébellion

Par Bruno Bertez, le 9 juillet 2017

https://brunobertez.com/2017/07/09/les-zombies-a-hambourg-globalisation-crise-et-rebellion/

Les Zombies à Hambourg

Le G20 qui se tient ce week-end à Hambourg est l’occasion d’un grand spectacle de zombies. Les zombies ne sont cependant pas seulement là où la presse les voit. 

Il y a les zombies dans les rues avec leurs costumes;

Il y a les zombies sur les podiums et les télés qui paradent;

Il y a les économies mondiales zombies elles aussi à leur manière.

Une vue superficielle colportée par les médias dominants pourrait inciter à penser que les zombies, ce sont ces Ombres, ces silhouettes déguisées, habillées en morts vivants qui manifestent dans les rues. 
Les zombies ne se réduisent  pas à ces ombres, ces images que l’on voit défiler dans les rues; les zombies, ce sont ces chefs d’Etat et de gouvernement qui paradent à l’occasion de cette réunion. Les zombies, ce sont nos systèmes économiques. 


Nous pensons que ce serait une vue extrêmement superficielle des choses. Les zombies ne se réduisent  pas à ces ombres, ces images que l’on voit défiler dans les rues; les zombies, ce sont ces chefs d’Etat et de gouvernement qui paradent à l’occasion de cette réunion. Les zombies, ce sont nos systèmes économiques. 

Nous soutenons que ce spectacle qui nous est offert est un spectacle de  morts vivants pour plusieurs raisons :

La première de toutes les raisons, c’est la prétention des dirigeants. C’est une banalité que de rappeler que la logique des politiques de ces gens depuis 9 ans, c’est le « extend and pretend ». Extend and pretend, c’est « prolonger et faire comme si« ! Quelle plus belle définition de l’état de zombie? C’est continuer comme si de rien n’était alors que les forces de mort ont pris le contrôle de la situation. 

Les prétendus gestionnaires  ne savent pas qu’ils sont réellement des morts-vivants ; ils ne savent pas qu’ils sont partie prenante d’un théâtre d’ombres qui les dépasse et dont la partie est écrite ailleurs. Le Système a sa logique et c’est cette  logique qui est en action, aveugle; sa seule finalité est de durer, de tenter de se reproduire. 

Vous savez que nous défendons l’idée que ces gens, sous couvert de puissance, sont en réalité les humbles gestionnaires, même pas conscients, d’un système qui les traverse, ils sont possédés, ce sont des possédés, comme on disait avant des fous et des hystériques.  Ils parlent, ils brassent, ils font des phrases, ils produisent des images à destination des médias qui les mettent en valeur et assurent leur promotion, mais finalement tout leur échappe. Leur prise sur la réalité est quasi nulle, et ils ne font que gloser, tartiner  sur ces événements qui les dépassent depuis 2008. 

Quelle meilleure preuve de leur impuissance que celle que, eux-mêmes, administrent : neuf ans après, ils en sont à tenter pour la énième fois, de justifier leurs actions, leurs échecs, et de faire croire que, d’une manière ou d’une autre, ils ont encore la situation en mains. Pitoyable spectacle que celui de ce G20 de l’échec et de l’impuissance. La forme même du G20 qui devait assurer une meilleure gouvernance  mondiale en faisant participer les émergents et les pays en développement est maintenant une forme vide, sans contenu, avec les déclarations et communiqués tellement creux qu’ils ne peuvent résister à aucune analyse un tant soit peu sérieuse.

Les oppositions aux élites ont une fonction, les ralentir, les freiner dans leur course vers l’abîme, vers le mur. Personne ne semble imaginer ce que serait une situation dans laquelle les Allemands, les Macron, et autres imposeraient ce qu’ils veulent? 


En fait, ces grands messes n’existent que grâce à l’opposition qui leur accorde un sursis, c’est l’opposition qui les empêche d’aller là où ils doivent finir: dans le mur. Ce qui assure le succès de cette pantalonnade, c’est le défilé, les échauffourées avec les opposants. 

Les oppositions aux élites ont une fonction, les ralentir, les freiner dans leur course vers l’abîme, vers le mur. Personne ne semble imaginer ce que serait une situation dans laquelle les Allemands, les Macron, et autres imposeraient ce qu’ils veulent? 

Ce serait un monde d’affreuse déflation, s’ils pouvaient faire ce qu’ils veulent: serrer les ceintures, accélérer la régression, hausser les taux d’exploitation, baisser les niveaux de vie, installer la précarité! Imaginez-vous la déflation que cela produirait. Imaginez-vous ce que cela donnerait si ces élites réussissaient à hausser les impôts, réduire les salaires directs, les salaires indirects, autant que nécessaire pour honorer les dettes et régler les déficits.

Le monde qui a été créé avant la crise de 2008 se disloque. Les concertations entre grands blocs s’effilochent ; les rivalités s’exacerbent. On ne fait plus que jouer la comédie de l’entente symbolisée par ces fameux « G » qui ne sont plus que des grands rendez-vous incantatoires. Les « G » avaient un sens au moment de la montée en puissance de la globalisation, ils n’en ont plus maintenant que nous sommes au reflux.
La globalisation a échoué, une fois de plus. 

Il faut se rendre à l’évidence. Les attaques contre les accords commerciaux mondiaux, contre le libre échange, contre la coordination de la lutte contre le réchauffement, tout cela en témoigne. Pourquoi ont-ils échoué? Parce qu’ils n’ont pas été conçus ou négociés dans l’intérêt des peuples, mais sous la pression des intérêts particuliers, des grandes compagnies géantes et des cartels financiers. 

Toutes ces mutations, tous ces changements produisent des chambardements, des déplacements de richesses, des transferts, ils bouleversent la vie des gens. Bref il y a des gagnants et des perdants. Le BABA de toute bonne gouvernance, de toute gouvernance responsable et démocratique aurait dû être de prévoir des compensations pour tous ceux qui sont les perdants, les spoliés de ces grands changements. Il eut fallu mener des politiques domestiques d’accompagnement claires, vigoureuses et les financer. Mais il n’en a rien été; aux uns, sont allés les profits, les bénéfices; aux autres, sont allées les pertes, les déchéances. Et dans beaucoup de cas, cela été un choix, des choix, délibérés. 

Les fameuses réformes structurelles dont on nous rabat les oreilles ne tombent pas du ciel, ce sont des choix humains, des choix politiques, elles  s’inscrivent dans ce  cadre: des gagnants d’un côté et des perdants de l’autre. Une gestion en fonction de l’intérêt général implique que l’on porte autant d’attentions à ces compensations qu’aux réformes elles-mêmes si on veut qu’elles soient acceptées. Au lieu de cela, au lieu de le reconnaître, on insulte, on stigmatise et on rejette les victimes du côté des parias de la société. 

Les peuples avaient cru pouvoir espérer dans un élan de contestation dit populiste ; ils en sont pour leur déception. Le couvercle de plomb a été rabattu sur eux. Les élites zombies ont cloué les cercueils et laissé tomber les pierres tombales. Elles sont incapables de faire revivre l’espoir, mais elles sont capables de maintenir leur ordre mortifère. 


Les économies, quoi que l’on en dise, restent moribondes. Quel meilleur signe de la vitalité des économies que la progression des investissements productifs, que l’accroissement des richesses disponibles, que la promotion sociale, que la réduction des inégalités, que la stabilité et finalement que la joie de vivre. Il n’y a pas de meilleur signe de vitalité que tout cela réuni. Or, si vous regardez bien, tout cela fait défaut. 

Certes, les marchés financiers battent record sur record, mais la morosité est à son comble. Elle est d’autant plus à son comble que les élans de révolte qui avaient un moment entretenu l’espoir au cours de ces trois dernières années ont avorté. Les peuples avaient cru pouvoir espérer dans un élan de contestation dit populiste ; ils en sont pour leur déception. Le couvercle de plomb a été rabattu sur eux. Les élites zombies ont cloué les cercueils et laissé tomber les pierres tombales. Elles sont incapables de faire revivre l’espoir, mais elles sont capables de maintenir leur ordre mortifère. 

Les protestations comme celles que l’on voit à Hambourg ont un côté dérisoire précisément parce que ce sont des spectacles. Qu’est-ce qu’un spectacle ? C’est un ensemble de signes qui jouent à faire semblant d’avoir un sens. L’ennui est que les sens ne s’articulent pas au réel, ils n’existent qu’à l’intérieur de la pièce qui est jouée. Cela n’accroche pas, dit-on.  Cela n’embraie pas, cela tourne à vide. Les minorités ne deviennent pas majorités, elles n’ont pas effet d’entraînement, mais au contraire, elles agissent comme repoussoir. Un ensemble de signes qui constituent une diversion. Les signes sont une sorte de sublimation qui dissuade d’agir vraiment et de prendre son destin en mains. Tous ces hommes et toutes ces femmes qui défilent dans leur costumes de zombies dans les rues de Hambourg incarnent et donnent à voir leur propre échec. Un peu à l’image de ce qui s’est passé lors des élections françaises où la moitié de la population a émis des signes,  a joué la comédie du changement, du refus et de la rébellion, pour finalement baisser la tête et se soumettre aux jougs de l’establishment incarné par Macron et ses marcheurs. 

Des marcheurs qui n’en reviennent pas d’être où ils sont mais, qui, pour certains, ont quand même déjà un sursaut de dignité et se disent en colère. Hélas, il est trop tard. Ils ont marché ; ils ont porté Macron à l’Elysée et maintenant ils s’aperçoivent qu’ils ne sont rien d’autre que de pauvres petits minables marchepieds.

Ce n’est pas un hasard si j’introduis cette comparaison des Marcheurs de Macron avec les marcheurs des rues de Hambourg. Les uns étaient pour ; les autres sont contre ; mais en réalité ils sont pris dans la même aliénation. Ils sont les deux côtés d’une même pièce, d’une même médaille avec un côté « face » qui dit oui, et un côté « pile » qui dit non, et ils n’ont pas encore compris que ce qui fait l’existence de la pièce, c’est ce qui réunit le côté pile et le côté face, c’est la tranche, c’est-à-dire l’élite, la minorité. 

Pour résumer l’impression générale que nous ressentons, nous dirions que nous sommes submergés par les forces de mort ; nous n’arrivons plus à retrouver l’élan vital

Ceux qui soutiennent et ceux qui dénoncent par les méthodes actuelles, c’est-à-dire par les méthodes du spectacle, sont les deux côtés d’une même réalité « conçue » pour que les choses durent. 

Pour résumer l’impression générale que nous ressentons, nous dirions que nous sommes submergés par les forces de mort ; nous n’arrivons plus à retrouver l’élan vital. 

Bien peu de médias osent caractériser la situation présente.  A la fois par ignorance, mais aussi parce qu’ils sont effrayés de ce qu’ils découvrent lorsque leurs yeux se décillent :

Le monde a buté en 2008. Malgré les politiques non conventionnelles, les gestionnaires du système ont été incapables de renouer le fil des trajectoires précédentes.

Les remèdes, au lieu de réduire les tensions à l’intérieur du système, les ont exacerbé; la fragilité financière est une bombe atomique qui se promène au-dessus de nos têtes, les forces de dislocation sociales  tournent d’autant plus vite qu’elles tournent à vide, mais elles sont là. L’amertume est considérable.

La globalisation qui avait été la solution pour prolonger le système et maintenir le taux de profit du capital est en train de tourner court. Il suffit d’observer le G20: la disparition de la croissance prive les rouages de la graisse qui leur est nécessaire; au niveau international, il n’y a plus de grain à moudre, plus de butin à partager, la solidarité est réduite à sa plus simple expression, le nationalisme est omniprésent, le protectionnisme ne se cache plus, la guerre hypocrite dissymétrique du fort au faible  qui ne dit pas son nom ravage une partie de la planète
Face à tout cela, oserait-on dire que l’on voit un coin de ciel bleu ? Certains le prétendent. Ils osent considérer que le niveau extrême atteint par l’enrichissement d’une ultra minorité est une éclaircie qui annonce une amélioration durable.

Comment peut-on croire que le ciel bleu sur les marchés financiers est porteur de quelque chose de revigorant quand on sait comment il a été obtenu ? Comment peut-on croire que la multiplication des « digits » dans les ordinateurs des grands argentiers du monde est le signe des jours meilleurs qui se préparent. Personne ne peut le croire car, en réalité, ils sont simplement une hernie scandaleuse sur une réalité qui se contracte et l’écart qui existe entre ce discours scandaleux et l’économie réelle est précisément ce qui va déclencher un jour prochain l’orage de la réconciliation. Ne nous y trompons pas, l’éclaircie actuelle n’est absolument pas le signe du beau temps, c’est le signe des tensions et des décharges  futures qui se préparent. Ce n’est pas un hasard si, même parmi l’establishment, quelques voix s’élèvent pour crier au loup de la crise financière.

Le FMI, qui n’est pas totalement idiot, écrit en cette veille de G20 : « la bonne nouvelle c’est que l’économie mondiale est en train de prendre son élan grâce à une reprise cyclique qui nous annonce plus d’emplois, des revenus améliorés, et une prospérité accrue… cependant cette économie mondiale qui gagne en momentum n’est pas exempte de dangers. Nous ne pouvons pas être sûrs que nous sommes sortis du bois, il y a des ombres et des risques de rechute : incertitudes politiques y compris en Europe, épée de Damoclès du protectionnisme qui peut déboucher sur une guerre commerciale et surtout menaces de conditions financières globales plus resserrées qui pourraient déclencher des mouvements  financiers déstabilisant des pays émergents et des pays en développement. »

Mon Dieu, qu’en termes mensongers ces choses-là sont dites; face à la crise,  on a noyé le monde sous un déluge de liquidités gratuites, de fausse monnaie, et de monnaie zombie et si on tente de  reprendre ces liquidités, alors elles vont refluer, retourner au bercail américain et  l’économie mondiale va se trouver asséchée. C’est plus clair comme cela!

Rien ne s’est passé comme prévu. D’habitude, dans l’histoire, les banques centrales renversent leur politique quand un mouvement d’assainissement, de deleveraging, de désendettement, a été porté à son terme. Ici, il n’y a pas eu de désendettement mais accroissement colossal des dettes de toutes sortes.  La situation bilantielle du monde n’a pas été restaurée, mais aggravée! Le système a  accumulé une incroyable masse de dettes depuis 2008, le fardeau réel est encore plus pesant qu’il ne l’était à cette époque.

Le système n’a pas fait preuve de courage, mais de ruse, il n’a pas affronté le mal, non, il l’a amplifié, il a favorisé son extension, sa propagation, son infiltration, son incrustation. La propagande fonctionne par le rejet. Elle affirme: tout va bien regardez les apparences; mais à côté, sans faire le lien, elle ose affirmer: il y a des inégalités, des tensions sociales, des risques géopolitiques,  des menaces de toutes part! La propagande consiste à séparer le positif du négatif, à s’attribuer le positif et à faire comme si le négatif venait d ‘ailleurs, de l’extérieur, alors que ce négatif est produit, il est indissociable du soi-disant positif. L’actif du bilan est indissociable du passif et réciproquement. Le passif, c’est le prix à payer; l’actif, c’est ce qu’on croit avoir obtenu et les élites nous font croire que c’est tombé du ciel de leur compétence.

La valeur de la monnaie et le coût de l’emprunt sont ce qu’il y a de plus fondamental pour une économie dite avancée

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