dimanche 9 juillet 2017

G20 : ces ententes encourageantes Trump/Poutine peuvent-elles se concrétiser dans des politiques à longue durée ?



« On pardonnera notre scepticisme à cet égard mais il nous paraît très difficile, compte tenu de la personnalité de Trump et, surtout bien sûr, de l’environnement qui l’attend à Washington D.C., que ces accords raisonnables et ces ententes encourageantes puissent se concrétiser dans des politiques à longue durée » écrit Philippe Grasset dans un article du 8 juillet 2017 à lire ci-dessous.

Bonne lecture

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Ils se sont vus, ils se sont entendus...

Par Philippe Grasset, 8 juillet 2017

https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=24434542#editor/target=post;postID=4036261305346922006
Tout peut arriver dans ces temps de folie y compris que la folie s’accorde un moment de répit, histoire de reprendre son souffle ; y compris que Trump se rapproche d’être d’un POTUS presque-homme-d’État avec une politique cohérente, histoire de se donner un temps de réflexion avant de tweeter ; y compris qu’une rencontre de 35 minutes entre Trump et Poutine dure deux heures et demie. Bien entendu, comme “tout peut arriver”, il est très possible que tout cela ne soit que temporaire et nous amène aussi vite démentis, contradictions et incohérences, et nous fasse retomber dans le cloaque d’où nous avions émergé pendant deux heures et demie. On pardonnera notre scepticisme à cet égard mais il nous paraît très difficile, compte tenu de la personnalité de Trump et, surtout bien sûr, de l’environnement qui l’attend à Washington D.C., que ces accords raisonnables et ces ententes encourageantes puissent se concrétiser dans des politiques à longue durée. Mais certes, nous pouvons nous tromper, – cela ne sera ni la première ni la dernière fois, par bonheur car il nous paraîtrait désespérément absurde d’effectivement connaître l’avenir alors que ce que voyons de cet avenir est si complètement réduit, si parfaitement incompréhensible, si absolument insignifiant par rapport à l’immensité des bouleversements en cours...

Pour avoir une bonne description de ce que fut cet entretien entre Trump et Poutine que tout le monde attendait comme une sorte d’évènement interplanétaire et surréaliste alors qu’il s’agit de la chose diplomatique la plus naturelle du monde, on peut se rapporter à Adam Gurrie de TheDuram.com, qui en fait rapport le 07 juillet 2017.


( ) Il y a durant l’entretien un épisode sur le Russiagate. Trump a demandé à Poutine son engagement selon lequel la Russie n’était pas intervenue dans la campagne comme on l’en accuse sans la moindre preuve depuis désormais un an ; il l’a obtenu et l’a accepté avec chaleur ; là-dessus, il a qualifié de “bizarre” l’acharnement du parti des progressistes-sociétaux, démocrates en tête, pour développer le Russiagate contre lui-même, Trump. On imaginera comme extrêmement probable que cet épisode, comme la rencontre elle-même, devrait provoquer un regain d’agressivité contre Trump à Washington D.C. d’ores et déjà en préparation avant même la rencontre.

C’est dans tous les cas ce que nous annonce WSWS.org, profitant de l’occasion pour ressortir sa thèse selon laquelle Trump représente une partie de l’establishment, contre une autre qui l’attaque avec la vigueur qu’on sait par le biais de la presseSystème et du parti démocrate. On acceptera l’augure du renouvellement des attaques, on sera moins conquis par la thèse de l’establishment coupé en deux alors qu’il nous semble plutôt éparpillé en mille morceaux, et rassemblé de façon régulière et en général n'importe comment dans des antagonismes imprévisibles et selon des courants de haines irrationnelles, en général partagées par les divers courants et sans aucun doute contre Trump une fois de plus dans ce cas.


L’extrait ci-dessus se termine  sur un rappel de la visite de Trump en Pologne durant les deux jours précédant le G20 commencé hier, laquelle visite permet d’enchaîner les contradictions dans tous les sens qui continent à se manifester autour de Trump et dans le chef de ses diverses initiatives, et des haines diverses qui l’accompagnent autant que celles qu’il favorise lui-même. En effet, si l’on trouve de la cohérence dans la rencontre Trump-Poutine, comment concilier, sinon sauvegarder cette cohérence par rapport à ce voyage en Pologne où Trump a pourtant exalté la défense de l’“Ouest” dans des termes qui l’ont fait immédiatement qualifié de “raciste” dans divers organes de presse aux USA, éventuellement et essentiellement ceux proches des progressistes-sociétaux.

( ) Sans trop s’attarder aux signes effrayants du péché capital de racisme qui semble être devenue la seule référence acceptable de tant d’esprits de notre vaillante civilisation, on notera tout de même les contradictions que le discours de Varsovie de Trump et ses diverses interventions en Pologne ont soulevé par rapport à d’autres attitudes internationales. Ainsi, louer avec la plus grande ferveur la Pologne et sa politique nationaliste mais aussi antirusse, c’est d’une part applaudir aux valeurs traditionnelles que détestent les progressistes-sociétaux, l’UE et le Deep State mais que défendent les Russes ; c’est d’autre part encourager une politique polonaise dont l’un des axes principaux est une attitude agressive et confrontationnelle contre la Russie confinant à l’hystérie, et dans un sens qui ne peut que plaire à l’UE, aux progressistes-sociétaux et au complexe militaro-industriel qui est le fleuron du Deep State. Tout cela, bien entendu, avant de rencontrer Poutine dans le sens qu’on a vu...

( )Trump a rencontré Poutine, ils se sont fort bien entendus, ils ont échangé des arguments prometteurs et des perspectives d’ordre et pourtant le désordre règne plus que jamais de toutes les façons et dans tous les sens. Mais le “pourtant” est-il nécessaire ? Ces diverses situations continuent à cohabiter, étrangement comme si elles ne se connaissaient pas, comme si elles n’avaient aucun rapport entre elles, absolument indifférentes les unes aux autres. Les événements ont leur logique propre qui est manifestement supérieure et le grand “événement” de notre époque est que plus personne ne parvient à les soumettre à la coordination d’une logique rationnelle et humaine.

On ne s’en étonnera pas plus que cela puisque, désormais, il semble bien que c’est de cette façon que fonctionne la mécanique du monde.

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