vendredi 30 juin 2017

Simone Veil, rescapée des camps de la mort ET porteuse de la loi sur l’IVG



« Au moment de son élection à l'Académie, elle avait estimé qu'il s'agissait là «d'un grand honneur de devenir ‘immortelle'». «Pour ma part, j'ai depuis longtemps dépassé l'idée de l'immortalité, dans la mesure où je suis déjà un peu morte dans les camps» rapporte Le Figaro citant Simone Veil dans un article à lire ci-dessous. 

Rescapée des camps de la mort « où je suis déjà un peu morte » et porteuse de la loi autorisant l'avortement en 1975, autrement dit la mort légalisée avant la naissance. Il y a réellement quelque chose de troublant dans cette mise en parallèle, cette articulation structurelle entre les camps de la mort et la mort légalisée avant la naissance justement par une rescapée de ces camps de la mort comme si cette loi sur l’IVG était un acte manqué, un désir de tuer « un peu » après avoir été soi-même « déjà un peu » tuée. 

Bonne lecture

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Une cérémonie d'hommage à Simone Veil aura lieu aux Invalides

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DISPARITION - Celle qui avait porté la loi autorisant l'avortement en 1975 est morte à son domicile. Elle était rescapée des camps de la mort où elle avait été déportée à 16 ans. Emmanuel Macron présidera une cérémonie mercredi aux Invalides.

L'ancienne ministre et académicienne Simone Veil, 89 ans, est morte vendredi 30 juin. «Ma mère est morte ce matin à son domicile. Elle allait avoir 90 ans le 13 juillet», a indiqué son fils l'avocat Jean Veil. L'ancienne ministre de la Santé qui avait porté la loi autorisant l'avortement en 1975 avait été «hospitalisée pendant quelques jours à Avignon pour des problèmes respiratoires» en août 2016.

Une cérémonie officielle se tiendra mercredi 5 juillet dans la cour des Invalides, a annoncé l'Elysée. Emmanuel Macron, qui a salué celle qui incarnait «le meilleur de la France», prononcera un discours en présence de sa famille et des corps constitués de l'Etat. Les drapeaux européens seront mis en berne et les drapeaux français parés d'un crêpe noir.

Son décès a suscité une pluie de réactions unanimes dans toute la classe politique. Emmanuel Macron a présenté ses condoléances à la famille. «Puisse l'exemple de Simone Veil inspirer nos compatriotes, qui y trouveront le meilleur de la France», écrit sur Twitter l'actuel chef de l'État. Son prédécesseur François Hollande estime que Simone Veil avait «incarné la dignité, le courage et la droiture». «La France perd une de ses grandes consciences», a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy lui a également rendu hommage: «J'ai connu Simone Veil, j'ai admiré Simone Veil et je veux l'écrire ici, j'ai aimé Simone Veil, dont l'amitié ne m'a jamais fait défaut». L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, qui en avait fait sa ministre, s'est, lui, dit «bouleversé».

Simone Veil, née Jacob, voit le jour le 13 juillet 1927 à Nice. Issue d'une famille bourgeoise, elle est élevée en compagnie de son frère Jean et de ses sœurs Madeleine et Denise. Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu'elle n'a que 16 ans et qu'elle vient de passer son Bac, elle est arrêtée par les Allemands en 1944. Toute la famille est déportée dans des camps de concentration. Pour Simone, sa mère et Madeleine, la destination est le camp d'Auschwitz-Birkenau. La famille est décimée: son père, sa mère et son frère ne reviendront jamais. Seules Simone et ses sœurs survivent. 

«Soixante ans plus tard, je suis toujours hantée par les images, les odeurs, les cris, l'humiliation, les coups et le ciel plombé par la fumée des crématoires», confiait Simone Veil à l'occasion du 60e anniversaire de la libération des camps. «Comme tous mes camarades, je considère comme un devoir d'expliquer inlassablement aux jeunes générations, aux opinions publiques et aux responsables politiques, comment sont morts six millions de femmes et d'hommes dont un million et demi d'enfants, simplement parce qu'ils étaient nés juifs», expliquait-elle en 2007. 

Vendredi après-midi, la communauté juive a exprimé son émotion. Des voix se sont aussi elevées pour demander son inhumation au Panthéon, où seules quatre femmes reposent.

Simone Jacob rebâtit sa vie dans le Paris de l'après-guerre. Quelques mois après son retour de déportation, elle intègre la faculté de droit et Sciences Po. Elle y rencontre à 19 ans son futur mari Antoine Veil, dont elle aura trois fils, et Georges Pompidou, alors professeur, qui deviendra son mentor en politique après une première carrière dans la magistrature. Son époux, haut fonctionnaire tenté par la politique, penche vers le centre droit. Elle se passionne pour Pierre Mendès-France et vote plusieurs fois à gauche, en attendant de voir émerger une troisième force, entre socialistes et gaullistes. Gagnée par le virus de la politique, Simone Veil se tourne vers la droite et œuvre tout au long de sa carrière au rassemblement des familles centristes et gaullistes.

Elle entre en 1969 au cabinet du garde des Sceaux, René Pleven, puis devient l'année suivante secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature, avec la bénédiction de Georges Pompidou, avant d'être propulsée dans l'entourage de Jacques Chirac, jeune premier ministre. Ce n'est qu'en 1974 que le grand public la découvre lorsqu'elle est nommée ministre de la Santé par Valéry Giscard d'Estaing. À ce poste, elle mène le grand combat de sa vie politique: la loi dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Devant une Assemblée nationale qui ne compte alors que 9 femmes, elle prononce l'un des discours les plus controversés de la Ve République. Il faudra trois jours de débats pour faire voter la loi sur l'IVG. Cette action, restée gravée dans la mémoire des Français, fera d'elle une de leurs personnalités préférées durant de très nombreuses années.
Au moment de son élection à l'Académie, elle avait estimé qu'il s'agissait là «d'un grand honneur de devenir ‘immortelle'». «Pour ma part, j'ai depuis longtemps dépassé l'idée de l'immortalité, dans la mesure où je suis déjà un peu morte dans les camps» avait-elle indiqué.

Son histoire personnelle et sa volonté de la dépasser viendront renforcer son engagement européen. En 1979, elle accepte la proposition du président Valéry Giscard d'Estaing et candidate pour devenir tête de liste de pour les premières élections au suffrage universel du Parlement européen. Désignée comme la candidate du groupe libéral à la présidence du Parlement, elle sera finalement choisie lors de la première séance de cette Assemblée désormais démocratiquement élue. À l'issue de son mandat, en janvier 1982, elle ne renouvelle pas sa candidature mais n'abandonne pas pour autant le combat européen. «Son message est vivant aussi bien en ce qui concerne le droit et le rôle des femmes en Europe, qu'en ce qui concerne l'antisémitisme», a d'ailleurs tenu à saluer ce vendredi le président du Parlement européen, Antonio Tajani, .

En 1993, Édouard Balladur la nomme à son tour ministre de la Santé et de la Ville, poste qu'elle occupe jusqu'en 1995, avant de se retirer peu à peu de la vie politique. Toujours active néanmoins, elle occupe la fonction de présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah de 2000 à 2007 et siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. Sa biographie «Une vie» parue en 2007 s'était écoulée à 550.000 exemplaires. Un an plus tard, elle devient la sixième femme élue à l'Académie française où elle a occupé le siège de Pierre Messmer. Elle avait également été membre du Conseil constitutionnel. Au moment de son élection à l'Académie, elle avait estimé qu'il s'agissait là «d'un grand honneur de devenir ‘immortelle'». «Pour ma part, j'ai depuis longtemps dépassé l'idée de l'immortalité, dans la mesure où je suis déjà un peu morte dans les camps» avait-elle indiqué.

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