vendredi 30 juin 2017

Onfray est dans la bouteille, il est l’une des mouches qui s’y agite



« Nous sommes en guerre, dans une guerre « soft ». Une guerre « soft » dont le secret est de ne pas dire son nom afin d’éviter les mobilisations et les cristallisations sociales. Une guerre entre les élites politiques, économiques, financières, médiatiques, et les autres. Une guerre entre la coalition des dominants et les autres, tous les autres, divers, dispersés, isolés. Tellement dispersés que la mobilisation politique en est devenue impossible, faute de conscience commune. Et dans la guerre « soft », l’une des armes des assaillants contre la vieille société civile  réside  dans  l’idéologie mystificatrice  du débat d’idées, du pseudo dialogue, du pluralisme.  Onfray  habite cette idéologie des ennemis, il habite la névrose ambiante,  il est dans la bouteille. Il est l’une des mouches qui s’y agite. » écrit Bruno Bertez pour conclure son article à lire ci-dessous après avoir visionné la vidéo de Michel Onfray.
 
Bonne lecture

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Onfray Dit Tout sur N. Polony et son Licenciement. Ses limites.

Par Bruno Bertez, le 30 juin 2017


Ecoutez soigneusement cette vidéo. Le long monologue de Michel Onfray est bon, il fait  bien le tour de la question, parle bien de Natacha; et déjà c’est un travail précieux. Ah le mythe de l’échange, de la discussion.


Maintenant que vous l’avez écouté, écoutez-moi.

Onfray , tout comme beaucoup d’autres, je dirais la quasi totalité du monde médiatique et pensant, passe à côté de l’essentiel. Il pense et donc argumente comme si nous étions en Démocratie, comme si nous étions en République, il pense sans tenir compte du fait que nous sommes sur un champ de bataille. Je mets des caps à démocratie et république car je parle de systèmes imaginaires, parfaits,  de passages à la limite des concepts.

Il croit s’adresser à des gens de bonne volonté, respectueux du dialogue, du symbolique, du pouvoir et de la valeur de la Vérité. Il n’a pas intégré le cynisme. Le fameux : »ils ne sont pas contents, oui et après? ». Il n’a pas intégré le récit de Varoufakis sur le fonctionnement du Système , ce système coupé en deux avec d’un côté les « outsiders » et de l’autre  les « insiders ». Et il ne peut donc penser juste puisqu’il pense à côté.

A la question « Que faire? » il ne peut répondre car  il n’est pas assez radical, il ne va pas à l’essentiel à savoir comment cela se fait-il  que cela tienne? Par quels moyens? Le vrai, le faux, le moral, l’immoral, tout cela passe après les nécessités qui règnent à l’intérieur du groupe des insiders, tout cela passe après l’Agenda.

Nous sommes dans un système où coexistent deux logiques et ou la logique dominante est celle de « la fin justifie les moyens », et cette logique est efficace face à des benêts, des  naïfs qui en sont encore aux valeurs anciennes. Cette logique  des dominants est pratique. Et cela ne gène absolument pas ceux qui la partagent car  ils sont persuadés détenir la vérité, le sens de l’histoire, la modernité.

Le problème de la vérité disait Henri Lefebvre, c’est de comprendre pourquoi le mensonge réussit si bien. La réponse est simple, c’est lorsque les intérêts matériels, la volonté de puissance, l’argent, les femmes, les hommes maintenant puisque c’est aussi une récompense, c’est quand tout cela est à la clef que le mensonge réussit mieux que la vérité. Les rapports de production produisent tout le reste, la domination, la richesse, les moyens de dominer, les groupes sociaux, les clivages, les inégalités, les théories, les idéologies, les besoins et maintenant les désirs,  jusque et y compris la vérité moderne, celle qui est devenue  relative. La vérité est devenue un enjeu. Donc le droit de parler est aussi un enjeu. Pourquoi les dominants laisseraient il leur monopole de production de la vérité sociale être contesté, concurrencé? Ils ne sont ni fous ni altruistes; j’y suis, j’y reste et tous les moyens sont bons.

Onfray  s’exprime comme on le fait en temps de paix. Il pêche par angélisme. Il attend des adversaires qu’ils nous facilitent la tâche, qu’ils diffusent nos paroles, nos écrits, ses paroles, ses écrits et  bien sur ceux de  Natacha.  C’est le péché de naïveté, péché de courte vue: la possibilité de dominer c’est la possibilité de tenir des discours dominants, de baliser le champ médiatique, c’est la possibilité de structurer la pensée, c’est la possibilité de faire taire ceux qui ne pense pas comme les dominants.

Onfray parle comme si de rien n’était comme si nous étions encore entre gens bien élevés dont l’objectif est de vivre ensemble harmonieusement, respectueux des uns et des autres,  soucieux de l’écoute des minorités. Camus, Albert,  est mort, Onfray. Personne ne s’interroge sur le bien, le mal; on s’interroge sur ce qui marche et ce qui ne marche pas à notre époque.

Onfray se trompe de monde et d’époque, car sa pensée est suspendue dans les airs, elle n’est pas vivifiée par l’histoire. Il n’a pas compris  que depuis 2008 c’est la lutte à mort d’un Système qui veut à tout prix se prolonger alors qu’il est en difficulté et que  ses béquilles antérieures sont maintenant cassées: le Système ne peut plus, n’ a plus les  moyens d ‘acheter les consentements à crédit.

Il paie en fausse monnaie, en paroles qui ne sont même pas d ‘argent. En paroles qui sont purs signes d’ambiance combinés pour asseoir une idéologie. Une idéologie dont l’agenda est l’Homme Nouveau. Il faut plier, tordre,  casser, briser, rééduquer.  Les médias c’est le nouveau camp de rééducation, le nouveau Goulag; pourquoi les dominants en laisseraient ils la clef aux dissidents?

Nous sommes en guerre, dans une guerre « soft ». Une guerre « soft » dont le secret est de ne pas dire son nom afin d’éviter les mobilisations et les cristallisations sociales. Une guerre entre les élites politiques, économiques, financières, médiatiques, et les autres. Une guerre entre la coalition des dominants et les autres, tous les autres, divers, dispersés, isolés. Tellement dispersés que la mobilisation politique en est devenue impossible, faute de conscience commune. Et dans la guerre « soft », l’une des armes des assaillants contre la vieille société civile  réside  dans  l’idéologie mystificatrice  du débat d’idées, du pseudo dialogue, du pluralisme.  Onfray  habite cette idéologie des ennemis, il habite la névrose ambiante,  il est dans la bouteille. Il est l’une des mouches qui s’y agite.

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