dimanche 18 juin 2017

350 (?) députés LREM et 57,4% d’abstention, une victoire à la Pyrrhus pour Macron



Deux conclusions peuvent rapidement être tirées des résultats du second tour des législatives française 2017. 

 
La première est que le score final de LREM est très inférieur à ce que les instituts de sondages avaient tous annoncé. Ainsi, Le Figaro écrit ce 18 juin 2017 :

« Selon les premières estimations, La République en marche (LREM) obtiendrait à elle seule la majorité absolue. Emmanuel Macron devrait pouvoir s'appuyer sur 360 à 370 députés, en comptant ses alliés du MoDem. C'est une victoire mais moins flamboyante que prévue… Des sondages publiés lors de l'entre deux tours estimaient que les deux partis pouvaient remporter plus de 450 sièges. »

Le Figaro rapportait même un peu plus tôt dans la journée que « selon un sondage Opinionway Orpi publié jeudi…  La formation d'Emmanuel Macron remporterait ainsi entre 440 et 470 sièges sur les 577 que compte l'Assemblée nationale ». L’écart est donc d’une bonne centaine d’élus, ce qui n’est pas rien. 


La seconde conclusion est que le record historique depuis 1958 du taux d’abstention grève considérablement la légitimité de cette nouvelle Assemblée et cela s’est traduit immédiatement dans les commentaires politiques à l’issue du scrutin.

Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a déclaré :

« L’abstention écrasante qui s’est exprimée aujourd’hui a une signification politique offensive. Notre peuple est entré dans une forme de grève générale civique, faisant la démonstration de l’état d’épuisement d’institutions qui prétendent organiser la société avec une minorité étriquée qui a tous les pouvoirs. Je vois dans cette abstention une énergie disponible pour peu que nous sachions l’appeler au combat. Cette majorité boursouflée, qui est constituée à l’Assemblée nationale, n’a pas à nos yeux la légitimité pour perpétrer le coup d’Etat social qui était en prévision, la destruction de tout l’ordre public social par l’abrogation du code du travail. Elle n’a pas la légitimité pour transformer les libertés publiques dans le sens répressif, en passant dans la loi ordinaire les dispositions de l’état d’urgence. C’est au contraire la résistance la plus totale qui est légitime dans cette circonstance.»


Marine Le Pen, après avoir annoncé la victoire d'au moins six députés du Front national a déclaré : 

« L’abstention a battu de nouveaux records, la défiance vis-à-vis de la République atteint des sommets. L’abstention fragilise considérablement la légitimité de la nouvelle Assemblée nationale. A cela s’ajoute celle gravissime du manque de représentativité de la chambre élue ce soir. Il est scandaleux qu’un mouvement comme le nôtre, avec 6,7 millions d’électeurs à la présidentielle, ne puisse obtenir un groupe à l’Assemblée nationale. »


Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire démissionnaire du Parti socialiste, a pris la parole depuis le siège parisien du PS :

« Les électeurs ont voulu donner sa chance au nouveau président, ils n’ont laissé aucune chance à ses adversaires. Emmanuel Macron a tous les pouvoirs. Pour autant ce triomphe a un côté artificiel : tous les problèmes de notre pays ne se régleront pas d’un coup de balai magique. Cette majorité ne correspond pas à la réalité sociale de notre pays. Le pouvoir absolu se heurtera à cette contradiction. »


La presse étrangère va encore plus loin. Ainsi RT titre « Assemblée nationale : la bombe à retardement du mandat d'Emmanuel Macron » puis développe une rapide analyse sans concession : 

« LREM a évincé presque tous ses adversaires de l'hémicycle. Mais la nature a horreur du vide et les futurs frondeurs pourraient émerger de la majorité présidentielle elle-même. Or, aucun électeur n'aura donné son mandat pour une telle opposition... »

En sommes, ce scrutin, loin de régler la question politique de la gouvernance du pays semble, au contraire, avoir tout compliqué et les problèmes ne font que commencer pour le président Macron qui ne vient de gagner qu’une victoire à la Pyrrhus.

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