jeudi 4 mai 2017

J – 3 : après « les sans dents » de Hollande, « les mains sales » de Macron



N’oublions pas que Le Pen représente 40% des électeurs qui s’expriment, selon l’ensemble des sondages nationaux. Notons aussi, ou plutôt rappelons-le, que l’arrivée au second tour de Le Pen n’a pas fait descendre les Français dans la rue. Les commentateurs politiques semblent faire l’impasse sur cette réalité qui signifie que les Français ont considérablement évolué et nous savons pourquoi : tout d’abord, la crise persistante et l’absence d’espoir pour beaucoup d’entre eux ; ensuite, la rupture de Le Pen avec son père qui fait partie aujourd’hui du passé.

Les commentateurs politiques semblent être en retard d’une guerre puisqu’ils raisonnent comme si nous étions dans les années 80/90 en ressortant sans cesse les poncifs anti-FN bien connus et aujourd’hui dépassés. Malgré ça, Le Pen a réussi à défendre jusqu’au bout du débat sa vision pour la France. De fait, il ne pouvait pas y avoir débat à proprement parler puisque nous sommes en présence de deux candidats qui défendent chacun un projet aux antipodes l’un de l’autre. 

Au-delà de la forme que chacun peut juger à sa manière, peu importe, Le Pen n’a rien lâché sur le fond et pour cela, elle a adopté une stratégie de combat violent contre son adversaire qui n’a pu qu’encaisser les coups sans véritablement réussir à contre-attaquer. Certes, il n’a pas quitté le plateau mais n’a rien pu faire d’autre que de se réfugier derrière des formules de technocrates, ou de professeur, à qui on ne l’a fait pas.

Si, on peut la lui faire parce que c’est justement ce discours là, ce ton là, que beaucoup de Français ne veulent plus entendre. Les réseaux sociaux en sont sans doute la principale cause. Sur ces réseaux, les internautes ne font pas de la poésie ou de la rhétorique littéraire. C’est fini. Les internautes se massacrent, c’est le pugilat permanent. C’est ce qu’a fait Le Pen avec son adversaire lors de ce débat d’entre-deux-tours. 

Il est donc inutile de chercher dans les propos de Le Pen une cohérence programmatique, ni même des exactitudes statistiques ou historiques. Ce n’est plus la question. Le sujet, c’est de provoquer l’adversaire, le harceler, le pousser dans ses retranchements jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Macron a accepté de débattre avec Le Pen, quitte « à se salir un peu les mains ». Décidément, les mains sales, ça le travaille, ça le force. Et oui, ceux qui travaillent, ceux qui font réellement tourner la machine au quotidien, ils se salissent les mains. Il a même accepter de serrer la main de Le Pen à l'occasion de ce débat. Quel exploit ?

Non mais, je rêve. Et c’est ce type-là qui prétends défendre les Français qui sont dans la merde ? Après les « sans dents », nous avons droit aux « mains sales ». Merci. Cette expression de Macron n’est pas un détail. Ce n’est pas innocent. Cela reflète parfaitement son mépris, son dégout, sa révulsion par rapport à la réalité quotidienne d’une très grande majorité des Français qui n’ont pas le privilège de voir les choses de haut, ou de loin, mais qui ont le nez dedans.

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