€CALYPSE NEWS

mardi 3 mai 2016

USA : élections, "Un scénario qui donne des cauchemars à l'establishment du GOP"

A03051607:20 - "Un scénario qui donne des cauchemars à l'establishment du GOP : non seulement Trump pourrait perdre la Maison Blanche, mais il pourrait déclencher une vague d'hostilité (ou d'abstentionnisme), qui coûterait au parti conservateur sa majorité au Sénat voire à la Chambre des représentants" rapporte Le Monde.
 

Les sondages donnent Trump gagnant aujourd'hui dans l'Indiana et en Californie pour le 7 Juin. Cette poussée en force du candidat fini par convaincre de plus en plus de républicains, y compris parmi les caciques du GOP et l'enjeu de la fin de cette primaire républicaine pour Trump n'est plus d'atteindre le nombre magique des 1237 délégués, mais d'aller le plus loin possible au-delà de ce nombre de manière à ce que la convention de Cleveland soit, en fait, l'alignement total du GOP derrière son nouveau leader. 

Paradoxalement, alors que longtemps la question était l'unité du GOP derrière son candidat nominé, aujourd'hui, c'est du côté des démocrates que la question de l'unité devient problématique, Clinton devançant Sanders en nombre de délégués mais en bénéficiant d'un avantage de presque 500 super délégués au départ que les électeurs démocrates, travaillés par Sanders, remettent au cause, la candidate apparaissant de moins en moins fiable face à la tornade Trump.
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Les Républicains de Californie déstabilisés par Trump
Post de blog, Le Monde, le 2 Mai 2016
Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 3 Mai 2016
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A la convention républicaine de Californie, on croirait que Ted Cruz est le grand favori du parti. Dans les allées, on ne voit que les affiches rouge-blanc-bleu du sénateur du Texas: "Emploi, liberté, sécurité".
 D'habitude, à ce stade du processus de désignation du candidat républicain, les jeux sont faits

Tout est flambant neuf : les prétendants commencent seulement à se mettre en place pour les primaires du 7 juin.
D'habitude, à ce stade du processus de désignation du candidat républicain pour l'élection présidentielle de novembre, les jeux sont faits. Le "nominé" est sorti du chapeau des militants des autres Etats. 
  secouer le cocotier républicain
Pas cette année. Il faudra attendre le vote de la Californie pour savoir si Donald Trump passe ou non le cap des 1 237 délégués nécessaires pour s'assurer l'investiture du parti à la convention nationale de Cleveland (Ohio) en juillet. Du jamais vu, de mémoire de militant, depuis la victoire de Barry Goldwater en 1964 (sur sa lancée californienne, l'auteur de "Conscience d'un conservateur" a remporté l'investiture quelques semaines plus tard).
Le déploiement des affiches de Ted Cruz n'impressionne pas Douglas Drummond, positionné dans la file d'attente, vendredi 30 avril, pour écouter Donald Trump.
- "Autant acheter du papier toilettes ! Cruz n'a pas le nombre de délégués. Il ne peut pas gagner. Tout cela est une vaste plaisanterie."
Le  promoteur immobilier est venu de Californie du sud pour la convention, qui se tient dans un hôtel de Burlingame, près de l'aéroport de San Francisco. Ce qu'il aime chez Trump ?
- "C'est le seul candidat qui ne me demande pas d'argent".
A quoi s'ajoute un langage qui cogne.
"Il peut être vulgaire. Mais pour se faire entendre, il faut parfois lâcher quelques  jurons."
En 2012, Doug Drummond a voté Mitt Romney.
-"Une erreur monumentale".
Maintenant, il se fait une joie de secouer le cocotier républicain. Les Glenn Beck, Bill O'Reilly, et tous les cadors qui mènent la danse depuis des années au GOP, c'est fini. Vive "Trump-le-grand-déstabilisateur". Peu importe ses approximations idéologiques.
-  "Il pourrait venir de Pluton, je voterais quand même pour lui".
  Trump ne boit pas, ne fume pas, et il a de bonnes manières. Et il n'en veut pas à notre porte-monnaie
Cheryl Tapp, 62 ans, a, elle aussi, trouvé son homme. Enregistrée comme "indépendante", elle a voté Clinton (en 1992), Bush (en 2000) et Obama (en 2008).
- "Et je regrette chacun de ces choix".
De Bill Clinton, elle retient quand même un point positif : la loi de 1993 qui a autorisé le congé (sans solde) pour raisons familiales. Mais rien que de penser à ses infidélités, elle se met en colère.
- "J'en ai tellement assez de tous ces hommes politiques. Au moins, Trump ne boit pas, ne fume pas, et il a de bonnes manières. Et il n'en veut pas à notre porte-monnaie. Il a tout ce qu'il veut. S'il fait tout ça, c'est pour les gens du peuple. Déjà dans son émission The Apprentice, il créait des jobs pour tout le monde".
 Je veux voir tous ces illégaux hors d'ici
Cheryl Tapp est hôtesse de l'air dans une compagnie low cost. Elle en veut à l'Amérique post 11-Septembre.
- "Après les attentats, quand les compagnies aériennes étaient au bord de la faillite, j'ai failli être licenciée. Personne ne m'a aidée. J'étais sur la paille. Et je voyais tous ces immigrants qui ont des maisons. J'en ai tellement assez qu'on prenne soin de ces gens. Je veux voir tous ces illégaux hors d'ici."
L'hôtesse de l'air est particulièrement séduite par la promesse de Trump de construire un "mur", à la frontière mexicaine.
"Faites-le, et aussi haut que possible !"
 Trump est en fait un sous-marin démocrate en mission de destruction du GOP...
Dans l'hôtel Hyatt Regency, les policiers en tenue anti-émeute courent d'une entrée à l'autre pour repousser les tentatives d'intrusion des manifestants anti-Trump. Ceux-ci ne sont pas très nombreux mais ils sont agiles. Au point que l'homme d'affaires a été contraint d'entrer – et sortir – par la porte de derrière.
- "Trump c'est la voix de la colère, reproche Eric Corgas, 23 ans, un partisan de Ted Cruz. Il se prétend outisder, mais il est l'exemple parfait du type de l'intérieur. On n'a pas besoin de quelqu'un qui se flatte de savoir négocier. Le parti a besoin de retourner aux idées."
Eric ne votera pas pour le milliardaire s'il remporte l'investiture.
- "Il a toujours été démocrate. Il a soutenu financièrement les Clinton. Et un matin, il s'est réveillé en prétendant être républicain !"
A vrai dire, le militant n'est pas loin de croire que Trump est en fait un sous-marin démocrate en mission de destruction du GOP...
 Il a été démocrate, républicain. Il y a toujours ce doute qu'il peut pencher d'un côté ou d'un autre
Ted Cruz compte sur les fermiers de la Vallée centrale. Comme Cheryl Westberg, une ancienne cadre commerciale de la Silicon Valley. Il y a vingt ans, elle a quitté le monde de l'entreprise pour cultiver les amandes et élever ses enfants à Oakdale, à 180 km à l'est de San Francisco.
Cheryl se décrit comme une "traditionnaliste": favorable à un gouvernement minimum qui place l'individu au centre de l'économie.
Et elle n'a pas envie, elle non plus, de voter pour Donald Trump en novembre.
- "Il a été démocrate, républicain. Il y a toujours ce doute qu'il peut pencher d'un côté ou d'un autre. Alors que Cruz a un axe central : la défense de la Constitution".
 Pour l'instant, les sondages donnent l'avantage à Donald Trump
Pour l'instant, les sondages donnent l'avantage à Donald Trump, mais le système de désignation des 172 délégués californiens est compliqué (3 délégués pour chacune des 53  circonscription, 10 "volants" attribués au vainqueur de l'Etat et 3 désignés par le parti). Et dans chaque circonscription, c'est la règle du winner-take-all qui s'applique. Or le découpage des circonscriptions ne dépend pas du nombre de républicains, mais de la population dans son ensemble.
Exemple : il faut 8 000 voix d'avance pour être déclaré vainqueur à Oakland – où sont concentrés les Latinos – mais 80 000 dans le comté d'Orange, dans la banlieue de Los Angeles, bastion de la classe moyenne blanche.
Selon le San Francisco Chronicle, les Latinos des circonscriptions urbaines auront six fois plus de poids dans la primaire républicaine que les Blancs des "suburbs". Paradoxalement, le sort de Donald Trump pourrait être décidé par une poignée de Latinos...
Autodestruction
Le parti républicain de Californie a déjà eu beaucoup à pâtir de ses positions radicales sur l'immigration. A l'époque de Ronald Reagan – qui, élu président a régularisé des millions de clandestins en 1986 – il était tout puissant. Aujourd'hui, il ne représente plus que 28 % des électeurs inscrits. Les deux chambres sont à majorité démocrate. Depuis la réélection d'Arnold Schwarzenegger en 2006, aucun républicain n'a gagné un siège qui nécessite le vote de l'ensemble des électeurs de l'Etat (gouverneur, attorney general etc..)
Le déclin a commencé après 1994, quand le parti a soutenu un ensemble de mesures anti-immigrants, notamment la "proposition 187" qui refusait les services publics aux clandestins (et l'école à 300 000 enfants sans papiers). Les publicités pour la proposition - soumise à référendum populaire- jouaient sur la peur de "l'invasion" : "They keep coming" ("Ils continuent à arriver"). En novembre 1994, la proposition 187 a été adoptée à une large majorité des électeurs (59 %). Son application a été bloquée par la justice mais dans la décennie suivante, plus d'un million de Latinos se sont inscrits sur les listes électorales et les démocrates ont gagné la haute main sur l'Etat.
Pour les républicains de Californie, l'irruption de Donald Trump tombe particulièrement mal. Le parti était engagé dans une laborieuse tentative pour regagner le terrain perdu auprès des Latinos, qui représentent 38 % de la population de l'Etat (autant que les habitants d'ascendance européenne).
Quand on bâtit sa campagne sur les attaques anti-immigrants, ils ne risquent pas de voter pour vous
Certains craignent que le repositionnement idéologique du parti  soit compromis. Et que l'exemple de Californie préfigure le sort qui attend le parti au niveau national s'il se range du côté du message anti-immigrants de l'homme d'affaires.
- "Quand on bâtit sa campagne sur les attaques anti-immigrants, ils ne risquent pas de voter pour vous, souligne Ron Unz, 54 ans, qui était l'un des leaders de l'opposition à la proposition 187. C'est ça qui a détruit le parti républicain de Californie".
Ron Unz, un physicien devenu créateur d'entreprise de logiciel financier dans la Silicon Valley, est candidat au sénat fédéral. Aux primaires, il pense soutenir Donald Trump parce que le milliardaire attaque l'establishment "qui a voté pour la guerre en Irak". Mais en novembre, il écrira sur son bulletin un autre nom. Celui du libertarien "Rand Paul par exemple". Et de toute façon, Trump "va probablement perdre".
Le cauchemar Barry Goldwater
L'histoire se répétera-t-elle ? En 1964, les primaires de Californie avaient scellé l'investiture de Barry Goldwater lors d'une convention houleuse -à San Francisco. Le 3 novembre suivant, le républicain avait été laminé à l'élection présidentielle. Son adversaire Lyndon Johnson l'avait emporté avec 61 % des voix (et 44 Etats sur 50), dépassant le record établi par Franklin Roosevelt. Le raz-de-marée anti-conservateur avait donné aux démocrates leur plus large majorité à la Chambre des représentants depuis 1936.
non seulement Trump pourrait perdre la Maison Blanche, mais il pourrait déclencher une vague d'hostilité (ou d'abstentionnisme), qui coûterait au parti conservateur sa majorité au Sénat voire à la Chambre des représentants
Un scénario qui donne des cauchemars à l'establishment du GOP. Non seulement Trump pourrait perdre la Maison Blanche, mais il pourrait déclencher une vague d'hostilité (ou d'abstentionnisme), qui coûterait au parti conservateur sa majorité au Sénat voire à la Chambre des représentants. "Ce que va devenir le parti républicain, c'est la question que tout le monde se pose, soupire Cheryl Westberg. Personne ne sait comment on va sortir de tout ça à l'été".
 Que le parti survive ou pas, ça m'est égal. Le sujet, ce n'est pas le parti. c'est le peuple
A ce stade, le sort du parti républicain est le cadet des soucis du promoteur Doug Drummond. "Que le parti survive ou pas, ça m'est égal. Le sujet, ce n'est pas le parti. c'est le peuple. Il s'agit de transcender les courants actuels de la politique aux Etats-Unis".  
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