mardi 24 mai 2016

France : pénurie, la balle est dans le camp de Hollande, sa marge de manoeuvre est estimée entre 24 et 72 heures

F24051606:55 - "La situation se dégrade à une vitesse folle, ont réagi les organisations patronales du secteur des transports. La marge de manœuvre dans cette configuration est estimée, selon les régions, de 24 à 72 heures". "La balle est dans le camp du président de la République", a martelé de son côté Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, au micro de RTL, ce lundi rapporte Le Figaro.

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Pénurie de carburants : le terminal du Havre se met en grève

Le Figaro, le 24 Mai 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 24 Mai 2016


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Le personnel du terminal normand, qui assure 40 % des importations françaises, s'est rallié lundi à la grève. À l'appel de la CGT et de FO, plus de 1500 stations services sont touchées par des blocages. Manuel Valls assure qu'il n'exclut pas d'employer la force pour mettre fin à la pénurie de carburant.


Aucune goutte ne sort. Au Havre, le personnel de la Compagnie industrielle et maritime (CIM), terminal pétrolier du port normand, a voté lundi soir en faveur de la grève, rapporte l'Agence France-Presse. Cet évènement n'est pas anecdotique: le terminal du Havre assure pas moins de 40% des importations françaises en matière de pétrole. Les grévistes, qui ont prêté allégeance à la CGT, ont annoncé faire grève jusqu'au retrait de la loi travail.

Depuis la semaine dernière, routiers et grévistes, tous opposés à la loi, mènent des blocages de dépôts de carburants et de raffineries en France. Résultat, sur les huit raffineries que compte l'Hexagone, six sont à l'arrêt ou en phase d'arrêt, a indiqué Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole à la CGT, sur France Info, ce lundi. La raffinerie de Notre-Dame-de-Gravenchon pourrait également être bloquée dès demain, à l'appel des syndicats. Des actions jugées illégitimes par le gouvernement. . Mais la CGT, tout comme l'exécutif, n'entend pas céder.
La balle est dans le camp du président de la République
«Nous promettons que si le gouvernement ne retire pas son projet, les mobilisations vont continuer, s'amplifier. La balle est dans le camp du président de la République», a martelé Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, au micro de RTL, ce lundi. «On a une CGT qui n'est plus dans le dialogue», a soutenu de son côté, Michel Sapin sur iTélé, estimant que les exigences de la CGT étaient infondées. «Il n'y a rien de ce que dénonce la CGT [dans la loi travail]», a-t-il répété. «Eux-mêmes ne savent plus pourquoi ils sont contre». La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a pour sa part déploré que «des salariés», «des Français soient pris en otage».


Parmi les cinq raffineries exploitées par Total, trois (Gonfreville-l'Orcher en Seine-Maritime, Donges en Loire-Atlantique et Feyzin dans le Rhône) subissent toujours la «mise à l'arrêt de certaines unités» en raison d'un mouvement de grève, tandis qu'à Grandpuits (Seine-et-Marne), mais aussi à La Mède (Bouches-du-Rhône), jusqu'ici épargnée, «des blocages d'expéditions de produits pétroliers» ont conduit à passer la production des sites «en débit réduit», a expliqué le groupe. Selon Emmanuel Lépine, la raffinerie Petroineos à Lavera (Bouches-du-Rhône) était également affectée. Un porte-parole du site n'a pas souhaité confirmer l'information.

La CGT et FO ont appelé cet après-midi le personnel de la raffinerie de Notre-Dame-de-Gravenchon, près du Havre (Seine-Maritime), à la grève dès demain matin. Si la raffinerie et ses 1000 salariés basculaient effectivement dans la grève, cela signifierait que les trois plus grosses raffineries de France (Gonfreville-l'Orcher, Donges et Notre-Dame-de-Gravenchon) seraient stoppées, soit 60% du raffinage français. A Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), la raffinerie continuait à fonctionner normalement, selon une porte-parole, même si «les expéditions sont perturbées par des manifestations en dehors du site».


Du côté des dépôts de carburant, sur la centaine de sites du pays, cinq étaient toujours bloqués lundi matin: si celui de Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme), bloqué depuis mardi, a été évacué vers 06H30 par les gendarmes mobiles, selon le président de l'union locale de la CGT, Jean-François Trincal, celui de Fos, s'est ajouté à la liste des sites bloqués. Donges (Loire-Atlantique) et Dunkerque (Nord) demeuraient par ailleurs bloqués par une grève de leurs salariés et ceux du Havre (Seine-Maritime) et de Haulchin, près de Valenciennes (Nord), par des actions extérieures.

Résultat, le risque de pénurie ne cesse de gagner du terrain dans l'Hexagone. «Station fermée», «rupture provisoire de carburant»… les panneaux fleurissent à l'entrée des stations-service. Sur les 2200 stations-service exploitées par Total en France, 612 étaient en rupture partielle ou totale lundi matin, contre 390 la veille, a précisé le groupe français. Sur les quelque 12.000 stations-service en France, 816 étaient en rupture de stock totale et 800 en rupture partielle, selon les chiffres d'Alain Vidalies, secrétaire d'Etat chargé des Transports.
La marge de manœuvre dans cette configuration est estimée, selon les régions, de 24 à 72 heures
«La situation se dégrade à une vitesse folle, ont réagi les organisations patronales du secteur des transports. La marge de manœuvre dans cette configuration est estimée, selon les régions, de 24 à 72 heures.» Dans un communiqué, FNTR, Unostra et TLF ont d'ailleurs tenu à souligner que «les entreprises de transport sont bien sûr les victimes directes de ces blocages: allongement des parcours, attentes, désorganisation de l'activité, envol des prix».

Comment éviter que la situation ne s'aggrave? Interrogé sur un éventuel recours aux forces de l'ordre pour mettre un terme au mouvement de contestation, Michel Sapin adopte la même position que le Premier ministre, en déplacement au Proche-Orient. «La force? On verra, on utilisera tous les moyens au service d'une démocratie pour qu'il n'y ait pas de pénurie», insiste le ministre des Finances. Vendredi et dimanche, les forces de l'ordre avaient déjà débloqué plusieurs dépôts de carburants afin de réalimenter certaines stations, faisant dire à Philippe Martinez, leader de la CGT, que «Hollande et Valls utilisent les mêmes méthodes que M. Sarkozy en 2010».


De son côté Total a indiqué la mise en place d'un dispositif exceptionnel pour ravitailler les stations-service, ce lundi. «Plus de 600 camions mobilisés ce matin pour charger des dépôts accessibles (contre 350 habituellement)», indique le groupe dans un communiqué, diffusé sur Twitter, précisant que «les camions feront, dans la plupart des cas, au minimum deux livraisons dans la journée».

Tout en appelant les automobilistes à la «responsabilité», le gouvernement a rappelé l'existence de stocks confortables, qui permettraient d'assurer l'approvisionnement en carburants en cas de paralysie prolongée des raffineries (90 jours de «réserves stratégiques» nationales et une trentaine de jours de stocks commerciaux chez les opérateurs). Manuel Valls a ainsi appelé les Français «à ne céder à aucune panique».
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