mardi 31 mai 2016

France : Loi travail, "c’est une loi de progrès utile à notre pays qu'il faut mener jusqu'à son terme"

A31051603:15 - "Ce texte assure de meilleures performances pour les entreprises et offre des droits nouveaux aux salariés. C’est parce que c’est une loi de progrès utile à notre pays que je considère qu’il est nécessaire de le mener jusqu’à son terme" rapporte l'AFP citant un entretien avec le président français François Hollande à paraître mardi 31 mai dans le quotidien Sud Ouest.


Pour F Hollande, la météo sociale s'éclaircit, les turbulences s'éloignent et l'horizon 2017 s'illumine plus que jamais. Nous pouvons faire confiance à la droite pour ne pas bloquer le texte au Sénat puis à l'ensemble des députés pour conclure l'affaire avant de partir en vacances.

Des imprévus sont toujours possibles, certes, mais nous pouvons considérer que F Hollande a pris une sérieuse option pour 2017. Fin Juin, il annoncera un troisième mois consécutif de baisse du chômage et pourra acter l'inversion de sa courbe, les trois mois étant le délais pour qu'une tendance devienne un fait. 

Comme par ailleurs "la croissance repart, l'investissement redémarre et la consommation progresse", les Français auraient-ils encore une seule raison pour ne pas plébisciter en 2017 une telle réussite ?

Bien sûr, "il y a encore trop de précarité, de difficultés et d'inquiétudes" admet F Hollande qui s'estime donc légitimé pour solliciter un second quinquennat afin de parfaire son oeuvre. Et qui, encore une fois, pourrait lui contester cette ambition ?

Naturellement, ou plutôt tragiquement, tout cela n'est que de l'illusion, de la manipulation et du cynisme. Mais après tout, si les Français y croient - et pourquoi, n'y croiraient-ils pas puisque pour eux, la réalité n'est pas celle qu'ils subissent mais celle qui leur est mise dans le crâne préalablement et chirurgicalement vidé de toute substance neuronale nécessaire à une pensée libre -, pourquoi devrions-nous nous obstiner à être plus royalistes que le roi ?

A partir de la rentrée, les Français qui travaillent encore vont découvrir que :
  • la durée quotidienne de travail pourra être portée de 10 heures à 12 heures
  • la durée moyenne hebdomadaire pourra passer de 44 heures à 46 heures
  • les heures supplémentaires pourront passer de 25% à 10%
 Ils vont également comprendre que Martinez ayant échoué à rendre à la CGT son statut de syndicat majoritaire, c'est donc la CFDT qui va dominer les négociations sur les accords d'entreprise et nous pouvons être assurés que les travailleurs vont vite découvrir la réalité des conditions de travail qui règnent dans les pays les plus misérablement soumis à la globalisation. Pourquoi ?

Là, nous devons élargir considérablement notre surface de réflexion et nous hasarder le plus librement possible dans les hautes sphères de la politique internationale. 

Tout d'abord, nous devons rappeler que la France est financièrement un pays sous perfusion qui ne fonctionne que grâce à la dette. Cette dette n'est viable que tant que le système globaliste tient debout. Or, ce système globaliste est déjà virtuellement mort.

La réalité internationale d'aujourd'hui est celle du polycentrisme multipolaire interconnecté. Ce nouveau système ne fonctionne qu'avec des pays réellement viables économiquement (sans le truchement de la dette), ce qui n'est pas le cas de la France. 

A terme, le pays est condamné à remettre toutes ses pendules à l'heure et ses compteurs à zéro. Cela aurait du être fait suite à la crise financière de 2007/2008. Cela n'a pas été fait mais cela revient à avoir reculé pour mieux sauter.

Aujourd'hui, il se passe quelque chose aux Etats-Unis qui pourrait bien, cette fois-ci, faire tomber le couperet avec la possible arrivée de Trump à la Maison Blanche. Nous n'allons pas anticiper sans réserve sa victoire (et même si victoire, il y a, que savons-nous de ce qu'il fera réellement ?) mais nous allons quand même faire comme si et voir ce que cela pourrait donner.

Trump s'est engagé à démolir toutes les institutions financières internationales occidentales : la FED, la Banque mondiale, le FMI, etc. Cet aspect de son projet politique ne fait évidemment pas la Une de nos manchettes médiatiques bien-pensantes mais cela ne signifie pas que ce projet n'existe pas et qu'il ne sera pas mis en oeuvre.

Dans ce cas, et pour être clair sinon simpliste (mais comment se faire comprendre autrement ?), la France ne pourra plus rouler sa dette avec de la monnaie de singe, c'est à dire du papier que l'on appelle des obligations, comme les fameux "bons russes" du début du siècle dernier dont nous connaissons le sort.

Les papiers français perdront toute leur valeur et les Français devront réellement rembourser la dette avant de toucher leur salaire : il s'agit surtout des fonctionnaires et des entreprises publiques et para-publiques ou mixtes ainsi que de toutes les entreprises dites privées qui travaillent essentiellement pour l'Etat. Tout cela représente plus de 50% (je ne suis pas expert, c'est une estimation au pif) de l'activité économique du pays. 

A cela, il faut rajouter tout le secteur des aides sociales qui représentent plus de la moitié des revenus des Français (là, je suis plus affirmatif). Ces aides sociales seront quasiment supprimées et remplacées, peut-être et progressivement, par un revenu de substitution, que l'on appelle souvent "revenu de base universel".

Ce revenu universel distribué à tous sera la seule aide sociale versée aux ménages - d'où son qualificatif d' "universel" - puisqu'il sera financé par l'argent versé actuellement au titre des aides sociales qui vont être supprimées. Ce sera donc à chacun de cotiser volontairement, mais non obligatoirement, aux assurances, aux retraites et tout le reste. Il n'y aura plus d'allocations logement, plus d'aides à la personne, plus de bourses étudiantes, et tout à l'avenant.

C'est cela que signifie remettre les pendules à l'heure et les compteurs à zéro. Comme par ailleurs les conditions de travail vont être considérablement dégradées grâce, entre autre, à la Loi travail, c'est l'ensemble des ménages français - ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas - qui va plonger dans une misère monstrueuse à côté de laquelle ce que connaissent les Grecs est de la rigolade.

Rappelons, pour bien faire comprendre que notre description de ce qui nous pend au nez n'est pas du délire, que l'Europe ne représente que 7% de la population mondiale mais 50% des budgets sociaux mondiaux. Rien que cette donnée-là montre bien que dans un monde polycentrique multipolaire interconnecté, cette exception européenne est vouée à disparaitre.

Et c'est Trump, s'il arrive à la Maison Blanche, qui va provoquer ce que l'on ne peut même pas appeler une révolution, mais un cataclysme occidental et, pour ce qui nous concerne, l'€calypse. 

Cela signifie aussi que notre travail de chroniqueur de cette tragédie européenne est bientôt arrivé à son terme...
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Hollande sur la loi travail : « Le projet de loi ne sera pas retiré » 
Le Monde avec AFP, le 31 Mai 2016 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 31 Mai 2016 
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Le projet de loi travail, « une loi de progrès utile à notre pays », « ne sera pas retiré », assure François Hollande dans un entretien à paraître mardi 31 mai dans le quotidien Sud Ouest.
 « La philosophie et les principes de l’article 2 seront maintenus »
« La philosophie et les principes de l’article 2 seront maintenus », ajoute le président de la République.
L’article 2 consacre la primauté de l’accord d’entreprise sur la convention de branche 
L’article 2 – le plus contesté –, qui consacre la primauté de l’accord d’entreprise sur la convention de branche en matière d’aménagement du temps de travail, « prévoit que l’accord d’entreprise, pour être valide, devra être approuvé par les syndicats qui représentent une majorité de salariés. C’est un verrou très sérieux », estime le chef de l’Etat.
une loi de progrès utile à notre pays
Quant au projet de loi, « ce texte assure de meilleures performances pour les entreprises et offre des droits nouveaux aux salariés. C’est parce que c’est une loi de progrès utile à notre pays que je considère qu’il est nécessaire de le mener jusqu’à son terme », souligne-t-il.
nous verrons ce que la droite proposera en matière de droit du travail 
Pour le président, « le débat qui va s’ouvrir la semaine prochaine au Sénat sera intéressant : nous verrons ce que la droite proposera en matière de droit du travail puisqu’elle y est majoritaire. La comparaison fera sans doute progresser la raison ».
il restera neuf mois jusqu’à l’élection présidentielle
Interrogé sur un éventuel recours au 49-3 en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, François Hollande dit « préférer que le texte soit adopté sans y avoir recours. Mais pas au prix d’un renoncement » :  
« Après six ou sept mois de débats, qui osera dire que le gouvernement sera passé en force ? Ensuite le texte s’appliquera et les Français pourront alors juger : il restera neuf mois jusqu’à l’élection présidentielle, ils verront concrètement s’il aura permis des progrès et se prononceront en conséquence. »
l’Euro de football, « la menace reste celle du terrorisme 
Interrogé sur des perturbations éventuelles pendant l’Euro de football – qui se déroulera du 10 juin au 10 juillet – dues aux conflits sociaux en cours, François Hollande rappelle que « la menace reste celle du terrorisme ». 
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