€CALYPSE NEWS

lundi 25 avril 2016

UE: accord UE/Turquie sur les migrants, la liberté de la presse contre la libération des visas ?

A25041605:35 - "Les vives réactions de M. Erdogan à la critique sont devenues un obstacle important dans l'accord UE-Turquie sur les migrant" rapporte Sputnik international citant le Président du Conseil européen Donald Tusk.

Fin Mars 2016, un accord aurait été conclu entre l'UE et la Turquie pour résoudre la question des migrants illégaux débarquant en Europe via la Grèce. Depuis le 4 Avril, date de son application, environ 300 migrants ont été refoulés vers la Turquie et une centaine de réfugiés syriens ont été importés directement par avion de Turquie en Allemagne. Par ailleurs, les médias rapportent une chute significative des arrivées illégales de migrants via la mer Egée. Enfin, environ 50 000 migrants illégaux non expulsables se trouvent actuellement piégés en Grèce suite à la fermeture hermétique de la frontière avec la Macédoine où l'OTAN tente une mini-révolution colorée pour débarquer le gouvernement au pouvoir afin de ré-ouvrir cette frontière pour libérer à nouveau le flux des réfugiés vers l'Europe via l'Italie, ce qui entraine l'Autriche (où le premier ministre ultranationaliste est en passe d'être réélu) à construire une barrière anti-réfugiés dans les Alpes. 

Ce Week-end, Merkel a visité un camp de réfugiés en Turquie à la frontière syrienne dans le cadre d'une opération de com pour montrer que la Turquie est un pays sûr et que les critiques de l'accord sur les migrants formulées par les organisations de défense des droits humains sont nulles et non-avenues, la Turquie étant, selon Tusk, le meilleur exemple au monde pour la qualité de l'accueil des réfugiés.

Ainsi, tous les obstacles pour la mise en oeuvre par les signataires de l'accord auraient du être levés et la libération des visas pour les Turcs accordée par l'UE mais entre-temps a surgi la question de la liberté de l'expression et de la presse en Turquie, les journalistes et autres critiques de la politique d'Erdogan étant victimes d'une répression féroce et en tout cas non conformes aux valeurs européennes aussi bien dans le pays qu'en Europe. 

Nous nous retrouvons donc aujourd'hui à nouveau dans le flou total concernant cet accord et son application, Ankara exigeant la levée des visas et l'UE le respect de la liberté de la presse. Sur le terrain, aucune expulsion de Grèce vers la Turquie n'est exécutée et le flux des arrivées via la mer Egée repart à la hausse (environ 150 par jour selon les données officielles) alors qu'il avait quasiment cessé dans le courant du mois d'Avril.

Ce Week-end, après sa visite en Turquie, Merkel a demandé la création d'une zone de sécurité en Syrie pour permettre aux déplacés syriens de rester dans leur pays. Ce voeux a pourtant aussitôt été rejeté par Obama, en visite à Hanovre, car contraire aux intérêts de la sécurité nationale US. En effet, une telle zone de sécurité impliquerait d'importantes forces militaires américaines supplémentaires et augmenterait donc les risques d'une confrontation directe avec les forces russes présentes en Syrie. Le Pentagone a tenté une proposition de partition de la Syrie négociée avec Moscou mais le Kremlin n'a pas donné suite.

En Syrie, la trêve entre les forces de Damas et l'opposition non armée n'est pas rompue mais les combats entre les forces loyalistes et l'opposition armée et l'EI n'ont jamais cessés et semblent reprendre en intensité, surtout dans la région d'Alep et ce malgré le retrait officiel des forces russes. A tel point que les experts de Washington s'interrogent de savoir sur ce que font réellement les Russes et ne parviennent pas à se faire une idée précise de l'agenda de Poutine en Syrie, ce dernier se faisant extrêmement discret sur la question tandis que son ministre des Affaires étrangères renvoie tout le monde aux négociations de Genève qui sont à la peine.
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Such a Baby: Donald Tusk Advises Erdogan a ‘Thicker Skin’ Against Criticism 
Sputnik News, le 24 Avril 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 25 Avril 2016


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Donald Tusk, the former Prime Minister of Poland and current President of the European Council, told reporters that, during his political career, he learned not to expect the press to "treat him with special care, quite the opposite".
In his own words, he accepted he needed to grow a "thick skin" towards criticism and suggested Turkish President Erdogan do the same.

Talking on the topic of criticism, he recalled his own imprisonment in the 1980s for opposing Poland's communist government. Tusk noted that Erdogan too, had been imprisoned in 1999 for criticizing Turkey's then rulers. However, now that he is in power, Erdogan has become remarkably sensitive to criticism against his own actions and policies, going as far as demanding foreign states prosecute their own people — a demand which Europe seems to bow.
Les vives réactions de M. Erdogan à la critique sont devenues un obstacle important dans l'accord UE-Turquie sur les migrants
Erdogan's sharp reaction to criticism has become a significant obstacle in the EU-Turkey migrant deal — a diplomatic attempt to solve the migrant crisis problem.
 La Turquie vise à obtenir la levée des visas de voyage, mais le Parlement européen est réticent à approuver ce côté de l'affaire, compte tenu de l'état de la liberté d'expression et de la liberté de la presse en Turquie
Turkey aims to achieve travelling visa privileges, but the European Parliament is reluctant to approve its side of the bargain, considering the state of freedom of speech and freedom of press in Turkey.

Prosecutors in Turkey have opened more than 1,800 cases against people for insulting Erdogan since he became president in 2014, the justice minister said last month. Those targeted include journalists, cartoonists and even children. Many EU lawmakers responded with criticism on those measures, which include the recent lawsuit against a German comedian.
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Démondialisation au quotidien, arrêter de dépendre d'un système à bout de souffle.

« … Bien, cela n’est pas sûr et n’arriverait pas du jour au lendemain, mais il y a là une grande fragilité du système et peut-être n’est-il...