mardi 19 avril 2016

Grèce: guerre des réfugiés, Idomeni, "c'est vraiment la honte de l'Europe"

E19041612:25 - "Les enfants, ici, passent leurs journées à jouer dans la boue, ou sur la voie ferrée. Ils viennent vers vous, vous poussent, vous crient dessus. Eux aussi deviennent fous. Cet endroit, c’est vraiment la honte de l’Europe" rapporte le photojournaliste Bülent Kiliç pour Le Monde.

"Ces images que personne ne souhaite voir", comme l'a dit Merkel et que personne, effectivement, ne cherche vraiment à voir comme à l'époque des camps de concentration nazis qui ressurgissent aujourd'hui sous nos yeux de zombies que nous sommes devenus.

Il n'est pas question pour nous de faire de la compassion mais de dénoncer, encore et toujours, la politique criminelle de nos dirigeants politiques autant que l'hypocrisie générale qui règne chez les Européens.

Nous savons que la situation à Idomeni, comme celle de la Jungle de Calais entre autre, n'est que le résultat de nos politiques barbaresques issue de nos cerveaux reptiliens. 

En effet, qui ne sait pas, aujourd'hui, les causes de cette situation ? 

Qui ne sait pas qu'il s'agit du résultat de nos guerres stupides et absurdes ici ou là dans le monde ? 

Qui ne sait pas que ces millions de gens sont chassés de chez eux par nos bombes ou celles des terroristes que nous soutenons ?

Qui ne sait que nous allons encore faire la même chose en Libye, "ma plus grande erreur" vient cyniquement d'admettre Obama ?

Et pourtant, que font les Européens ? Je veux parler de vous et moi, de nous tous, de ceux de Nuit Debout, non pas pour accueillir ou rejeter, c'est selon, ces gens plongés malgré eux dans cette misère épouvantable, mais pour agir de façon responsable et obliger nos gouvernants à cesser ces politiques criminelles qui sont menées au nom d'intérêts obstinément maintenus occultes avec la complicité de nos médias tout aussi irresponsables que nos politiques ?

Certes, montrer des images qui font mal est le travail des journalistes mais qu'est-ce qui motive réellement cette démarche ?

Si vous lisez attentivement l'article, vous comprendrez qu'il s'agit seulement, encore une fois, comme toujours, de dénoncer le régime d'Assad : "Nous sommes en Grèce, un pays en paix dans l’Union européenne, et des gens y vivent exactement comme s’ils étaient restés au cœur de la Syrie !" Puis, d'attaquer le gouvernement de Skopje :"Les incidents avec la police macédonienne y sont de de plus en plus fréquents" écrit l'auteur.

Or, ce n'est pas le régime d'Assad qui est à l'origine des millions de réfugiés syriens mais la tentative conjointe de l'Occident, de la Turquie et de l'Arabie saoudite de renverser Damas, comme cela a déja été fait en Irak, en Libye, et ailleurs, sans parler de toutes ces révolutions plus ou moins colorées à travers le monde.

Ce n'est pas la Macédoine qui a choisi de fermer sa frontière avec la Grèce. Elle y a été forcée par le choix de l'Autriche de fermer la sienne, ce qui entraina par effet domino la même chose de tous les pays de la route des Balkans y compris la Macédoine qui se trouve malgré elle en première ligne. Si elle n'agit pas ainsi, il y aura un autre Idomeni en Macédoine et le pays n'y survivrait probablement pas.

En conséquence, nous devons insister pour dénoncer la politique de l'UE et spécialement celle de l'Allemagne de Merkel qui est à l'origine de cette épouvantable catastrophe européenne qui ne fait, malheureusement, que commencer car, si rien n'est très rapidement changé dans cette politique qui n'a plus rien de celle d'une civilisation qui se dit développée, l'Europe sera bientôt couverte d'Idomeni, et il n'y aura pas que des migrants ou des réfugiés syriens dans ces camps qui n'ont rien à envier aux camps de concentration nazis, l'article (ci-dessous) du photojournaliste Bülent Kiliç pour Le Monde en faisant foi.
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A la frontière entre la Grèce et la Macédoine, « les enfants aussi deviennent fous »

Le Monde, le 19 Avril 2016 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 19 Avril 2016 
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Le blog Making-of de l'AFP est un exutoire pour les journalistes et photographes de l'agence, leur permettant de vider, en quelque sorte, leur sac émotionnel devant le lecteur.
 humainement insupportable
Leur faire comprendre l'envers de leur travail, les côtés parfois humainement insupportables qui sont passés sous silence au nom de l'objectivité journalistique.

Le photojournaliste Bülent Kiliç couvre la crise des réfugiés "depuis des années", depuis que la guerre civile a fait fuir des millions de Syriens, et donne des visages aux chiffres et aux faits décrits par les journalistes. Il a d'ailleurs obtenu un Visa d'or en 2015, au festival de photojournalisme Visa pour l'image (Perpignan), pour son travail sur les réfugiés syriens à la frontière turque.
Entre 11 000 et 12 000 personnes "s’entassent ici" depuis trois mois, dans des conditions déplorables
Il écrit depuis Idonemi, village grec à la frontière avec la Macédoine, devenu un immense camp de réfugiés depuis que, l'un après l'autre, les pays par lesquels passait la route des Balkans ont fermé leur frontière. Entre 11 000 et 12 000 personnes "s’entassent ici" depuis trois mois, dans des conditions déplorables.
Cet endroit, c’est vraiment la honte de l’Europe
"La première chose qui vous frappe ici, c’est l’odeur. Des effluves de toilettes mêlées à de puissantes odeurs corporelles. Les gens vivent, dorment et mangent près des toilettes, au milieu de leurs excréments. Que pourrais-je dire de plus ? […] Nous sommes en Grèce, un pays en paix dans l’Union européenne, et des gens y vivent exactement comme s’ils étaient restés au cœur de la Syrie ! Cet endroit, c’est vraiment la honte de l’Europe."
. D'ailleurs, les mots un peu désespérés de Bülent Kiliç sont entourés par ses photographies, une série titrée "Gaz lacrymogènes à Idomeni".
les voir, lentement, perdre la raison
"Une des choses qui me frappe le plus chez tous ces réfugiés bloqués depuis des mois à la frontière gréco-macédonienne c’est de les voir, lentement, perdre la raison. […] Ce n’est pas étonnant. Vous aussi vous deviendriez fou à leur place. Jour après jour, leur comportement change.

Et même moi, qui ai couvert d’innombrables situations de ce genre, qui suis ici pour faire mon travail, qui sais qu’au bout de deux semaines je retrouverai ma maison et ma famille, je me sens de plus en plus déprimé, de plus en plus agressif au fur et à mesure que le temps passe. Je ne fais pas que sentir l’ambiance. Je la sens qui pèse sur moi, de tout son poids."
Pour Bülent Kiliç, "le pire, dans cette histoire", ce sont les conséquences sur les jeunes enfants qui survivent à Idomeni. La Grèce a commencé à évacuer des familles vers des centre d'accueil de la région, mais un nombre importants de jeunes enfants y sont toujours.
Les enfants deviennent fous
"Ce sont les images d’enfants qui vous restent à jamais gravés dans la tête une fois que vous êtes rentré chez vous, surtout si vous avez des enfants vous-même. Leurs visages reviennent vous hanter, encore et encore. Bien sûr ils ne vont pas à l’école. Et vous savez ce qui se passe quand un enfant ne va pas à l’école ?

Son comportement change. Son cerveau change. […] Les enfants, ici, passent leurs journées à jouer dans la boue, ou sur la voie ferrée. Ils viennent vers vous, vous poussent, vous crient dessus. Eux aussi deviennent fous."
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