lundi 4 avril 2016

Grèce: déportation de masse, " Les personnes renvoyées ont été montées menottées à bord"

D04041609:30 - " Un premier bateau est parti de Lesbos ; un autre est parti de Chios avec 66 migrants à son bord. Le bâtiment a pris la direction de Dikili, sur la côte turque. Les personnes renvoyées ont été montées menottées à bord. Menottes qui leur sont ensuite enlevées, assurent les autorités grecques" rapporte Le Monde.


Ce sont les conséquences de la politique de la folle-de-Berlin qui, après s'être rendu compte de sa connerie, a tourné sa veste pour s'engager dans une nouvelle politique migratoire encore plus folle! Des migrants enchainés dans les bateaux, des hotspots transformés en centres de détention fermés, c'est à dire de véritables camps de concentration, les lois et conventions internationales bafouées alors que c'était au nom de ces mêmes lois et conventions qu'était justifiée, il y a encore quelques semaines, la politique d'accueil des réfugiés.

Dans le même temps, l'Europe continue sa politique étrangère criminelle en s'alliant avec le régime turc dont il est largement prouvé la responsabilité dans son soutien à l'Etat islamiste en Syrie sans parler de ce qu'elle est en train de magouiller en Libye d'où elle déporte de force d'autres milliers de migrants avec l'assistance de ses services spéciaux sur place.

Alors, d'un côté, l'UE déporte les migrants de Grèce vers la Turquie, de l'autre, elle en importe (plusieurs centaines par jour) de la Libye via l'Italie? Qu'est-ce que ça veut dire? Qu'est-ce que cette politique étrangère insensée sinon le signe que l'Europe - et pas seulement les élites - est devenue complètement folle à lier comme l'ensemble du monde occidental qui ne fonctionne plus que comme un zombie. Pas étonnant qu'un type comme Trump qui leur casse la baraque (en vrai, pas comme Fillon) leur fasse péter les plombs!

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Sur l’île de Chios, en Grèce, les migrants redoutent d’être renvoyé en Turquie

Par Adéa Guillot (, envoyée spéciale à Chios) pour Le Monde, le 4 Avril 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 4 Avril 2016


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Il a le sourire facile et l’envie manifeste de raconter son histoire et ses rêves d’Europe. Sharrkar Habib, un Pakistanais de 27 ans, fait partie des 700 migrants qui ont forcé les barbelés du camp d’enregistrement (hotspot) de Vial, sur l’île de Chios, vendredi 1er avril.
 « Freedom! No back to Turkey! »
Depuis, il dort au port et participe chaque jour aux manifestations organisées par les hommes de ce campement improvisé au cœur de la ville. « Freedom! No back to Turkey! », hurlent-ils à pleins poumons toutes les deux heures. Le message est sans équivoque.
La Turquie n’est pas un pays sûr
« Je refuse absolument de repartir en Turquie », dit Sharrkar avec insistance. 
« J’ai passé six mois à bosser comme docker à Istanbul, et à la fin mon patron a refusé de me payer, en me menaçant de me dénoncer à la police. La Turquie n’est pas un pays sûr. Et puis je suis certain qu’ils me renverront au Pakistan. Mais là-bas je travaillais pour un programme de santé qui distribuait aux enfants pauvres un médicament américain pour la croissance, et les talibans m’ont dans le viseur. Si on m’oblige à m’embarquer pour la Turquie, je me jette à la mer ! »
Les personnes renvoyées ont été montées menottées à bord
La République hellénique a commencé à renvoyer des migrants en Turquie, conformément à l’accord conclu le 18 mars entre Ankara et l’Union européenne. Un premier bateau est parti de Lesbos ; un autre est parti de Chios avec 66 migrants à son bord. Le bâtiment a pris la direction de Dikili, sur la côte turque. Les personnes renvoyées ont été montées menottées à bord. Menottes qui leur sont ensuite enlevées, assurent les autorités grecques.

Cet accord prévoit le renvoi en Turquie de toute personne arrivée irrégulièrement en Grèce après le 20 mars, y compris les demandeurs d’asile syriens. En contrepartie, pour chaque Syrien renvoyé, un autre doit être « réinstallé » dans l’Union européenne en provenance du territoire turc, dans la limite maximale de 72 000 places.

Cinq cents personnes devraient notamment avoir quitté l’île grecque de Lesbos vers le port turc de Dikili, entre lundi et mercredi, à bord de deux navires turcs opérés par l’agence Frontex, chargée des frontières extérieures de l’Union européenne, avançait samedi l’agence de presse grecque ANA. Deux cents migrants devraient aussi quitter Chios pour le port de Çesme, où un camp de transit se met en place pour les accueillir. Sur l’île grecque de Chios, où les migrants redoutent leur renvoi en Turquie.
 Impossible pour les autorités grecques d’organiser l’embarquement forcé de migrants
Tard dans la nuit de dimanche à lundi, les contours de l’opération au départ de Chios restaient flous. Tout au long du week-end, les rumeurs les plus contraires ont couru au port. Impossible pour les autorités grecques d’organiser l’embarquement forcé de migrants pour la Turquie sous les yeux des « évadés de Vial », comme ils s’appellent eux-mêmes.
  C’est dans ce petit bateau qu’ils veulent nous renvoyer là-bas ?
« J’ai entendu que la police allait venir nous déloger cette nuit », lance un ami de Sharrkar. « Non, non, ils vont essayer de nous renvoyer en Turquie car on n’a pas fait de demande d’asile », répond un autre. Amarré à quelques mètres de là, un catamaran de la compagnie turque Erturk intrigue. « C’est dans ce petit bateau qu’ils veulent nous renvoyer là-bas ? », demande Abdallah Alkiem, un infirmier syrien de 25 ans qui passe son temps à écrire des slogans en anglais sur des bouts de carton. 
« T’inquiète pas, le rassure son copain. Ils ne renvoient que des gens qui sont encore au camp de Vial, on a bien fait de partir de là-bas, et il faut refuser d’y retourner. »
 une liste de 200 personnes expulsables était disponible dimanche soir
En l’absence d’information fiable, tous les scénarios étaient envisagés dimanche soir, de l’opération policière pour vider le port à l’utilisation d’un autre port de l’île pour le transfert en Turquie. Selon une source policière, une liste de 200 personnes expulsables était disponible dimanche soir. « Des personnes n’ayant pas déposé une demande d’asile en Grèce », affirmait cette source.

Selon une nouvelle loi réorganisant l’asile en Grèce et votée vendredi 1er avril au Parlement, les migrants susceptibles d’être renvoyés en Turquie sont ceux qui ont soit renoncé à leur droit de demander l’asile en Grèce soit été déboutés de leur demande en première instance. Le gouvernement grec a beau affirmer que la loi respecte totalement la convention de Genève de 1949, texte fondateur des droits des réfugiés en Europe, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés se dit inquiet des conditions d’application de l’asile dans les quatre camps d’enregistrement des îles de la mer Egée.
garantir que chaque demande sera évaluée individuellement
« Ce que l’on voit, pas seulement à Chios mais partout en Grèce, ce sont des failles sérieuses dans la procédure d’asile. Nous demandons à l’Etat de garantir que chaque demande sera évaluée individuellement et que le droit à l’appel sera respecté », explique Katerina Kitidi, porte-parole du HCR présente à Chios.
« Et puis il faut aussi prévoir des conditions décentes d’hébergement, en privilégiant toutes les solutions en dehors de la détention le temps de l’examen du dossier. »
les camps d’enregistrement, qui étaient jusqu’ici des camps ouverts, se sont transformés en centre de détention
Or, depuis le 20 mars, les camps d’enregistrement, qui étaient jusqu’ici des camps ouverts, se sont transformés en centre de détention. Tous les nouveaux arrivants, jusqu’à 1 700 sur l’île de Chios (alors que la capacité du camp de Vial n’excède pas 1 200 places), sont enfermés, jusqu’à ce que le service d’asile ait statué sur leur sort. A condition qu’ils aient pu déposer une demande d’asile.
  on a décidé de s’échapper
« Moi, je suis arrivé le 21 à Chios, raconte Sharrkar. Trente fois j’ai frappé à la porte du bureau d’asile, trente fois on m’a dit de revenir plus tard. Quinze jours que ça dure ! Au final, quand la date des renvois vers la Turquie a commencé à se rapprocher et que des bagarres ont éclaté entre Afghans et Syriens à Vial, on a décidé de s’échapper. »
  chaque migrant sera escorté par un policier grec ou un agent de Frontex
Jusqu’au 20 mars dernier, les camps d’enregistrement servaient principalement à enregistrer des migrants en transit vers les pays du nord de l’Europe. D’un coup les services d’asile de ces centres se sont retrouvés débordés de demandes sans le personnel nécessaire, car l’Europe n’a toujours pas envoyé les 4 000 agents promis au lendemain de l’accord du 18 mars. La France diligente environ 200 personnes. Pour l’instant, il s’agit principalement de policiers et CRS pour participer aux opérations de renvoi qui prévoient que chaque migrant sera escorté par un policier grec ou un agent de Frontex. Le renfort en personnel qualifié pour l’asile tarde encore.
mettre fin au flux de réfugiés
Si à Lesbos tout semblait fin prêt pour l’opération de lundi, Chios attendait dans la désorganisation la plus totale ces premiers renvois, qui symbolisent si fort la politique européenne choisie pour mettre fin au flux de réfugiés.
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