mardi 5 avril 2016

France: "Panama papers", Le Monde reconnait ne posséder aucun document

C05041614:50 - "Une partie de la fuite contenant la base de données de quelque 215 000 structures offshore sera publiée en mai par le ICIJ tandis que les 2 600 gigaoctets des données personnelles inclus dans la base de données des structures ne seront jamais publiés" déclare Le Monde qui rappelle que " le fait de posséder ou d’utiliser une société offshore n’est pas illégal en soi".


Autrement dit, et comme l'a déjà signalé The New York Times, aucun document n'est actuellement accessible et Le Monde avoue que lui-même ne les possède pas puisque, précise-t-il, "Cette partie sera publiée en mai par le consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), qui a coordonné l’investigation" et qui est donc censé posséder les documents. 

Alors, sans documents, que valent les accusations du Monde? La réponse du quotidien vaut son pesant de "pampers premium": "...interroger les personnalités mises en cause pour leur donner l’occasion de s’en expliquer". 

S'expliquer de quoi puisqu'il "n'est pas illégal en soi de posséder ou d'utiliser une société offshore" comme le rappelle à juste titre le quotidien.

En sommes, Le Monde accuse tout et n'importe qui et malheur à ceux qui, par naïveté ou par peur, feront la faute de vouloir se justifier dévoilant, ce faisant, des informations jusqu'alors ignorées qui se retourneront contre eux. Cela rappelle les pratiques staliniennes qui consistaient à emprisonner sans motif n'importe qui puis à laisser les inculpés s'accuser eux-mêmes d'un crime ou d'un délit qui devenait alors le motif officiel de l'arrestation.
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Pourquoi « Le Monde » ne publie pas l’intégralité des données des « Panama papers » 

Par Jérémie Baruch et Maxime Vaudano pour Le Monde, le 5 Avril 2016 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 5 Avril 2016 
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Les lecteurs du Monde sont nombreux à s’interroger et à nous interpeller sur la raison pour laquelle nous ne publions pas l’intégralité des 11,5 millions de fichiers à l’origine des « Panama papers », reprochant un manque de transparence. Voici nos explications.
1. La structure des données
une partie de la fuite contenant quelque 215 000 structures offshore sera publiée en mai par le ICIJ
Ce qu’il faut d’abord comprendre, c’est que les « Panama papers » ne sont pas un simple tableur avec des noms dans lequel il nous a suffi de piocher. Certes, une partie de la fuite consiste en une base de données structurées contenant quelque 215 000 structures offshore de la firme panaméenne Mossack Fonseca avec, pour chacune, les dates de création, de dissolution, l’identité des actionnaires déclarés et leur lieu de domiciliation. Cette partie sera publiée en mai par le consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), qui a coordonné l’investigation.

Mais la plupart des actionnaires sont en réalité des prête-noms : soit des citoyens panaméens qui prêtent leur identité à des milliers de sociétés en l’échange d’un petit pécule, soit des sociétés spécialisées dans la fourniture de services de dissimulation.

Le véritable intérêt du « leak » réside donc dans l’autre partie des données, composées de millions de documents désordonnés associés à chacune des quelque 215 000 structures offshore de Mossack Fonseca.

2. La protection de la vie privée
  Le Monde » et ses partenaires ont choisi de ne pas publier les 2 600 gigaoctets de documents
« Le Monde » et ses partenaires ont choisi, d’un commun accord, de ne pas publier les 2 600 gigaoctets de documents inclus dans la base de données des « Panama papers ». Quentin Hugon

Dans ces données, on trouve des documents administratifs qui pourraient effectivement être portés à la connaissance du public, comme des actes de création des sociétés, des registres d’actionnaires ou d’administrateurs ou des documents d’ouverture de comptes bancaires.
il y a surtout énormément d’informations personnelles
Mais il y a surtout énormément d’informations personnelles, comme des adresses postales et électroniques privées, des scans de passeports ou des correspondances internes et externes de Mossack Fonseca, qui fourmillent d’éléments à caractère privé (comme les lieux de vacances, des factures d’électricité ou, plus tristement, la découverte d’un cancer).

Nous avons pour règle, au Monde, de ne livrer aucun élément personnel qui ne soit pas fondé pour les besoins de l’enquête, et ce dans le respect de la vie privée.
3. La nécessité d’enquêter

Les « Panama papers » revêtent un tel degré de complexité qu’il nous a fallu de longs mois, avec près de 400 journalistes répartis à travers le monde, pour les appréhender. Trouver le(s) véritable(s) bénéficiaire(s) des sociétés et la raison pour laquelle elles ont été créées nécessite de fouiller et de recouper des centaines de documents, parfois composés exclusivement de jargon juridique, en différentes langues.
le fait de posséder ou d’utiliser une société offshore n’est pas illégal en soi
En outre, comme nous l’avons répété plusieurs fois, le fait de posséder ou d’utiliser une société offshore n’est pas illégal en soi.
 interroger les personnalités mises en cause pour leur donner l’occasion de s’en expliquer 
Il était donc important pour nous de mener l’enquête sur ces montages et d’interroger les personnalités mises en cause pour leur donner l’occasion de s’en expliquer – et, dans certains cas, de lever l’ambiguïté sur de possibles homonymies.
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