mardi 8 mars 2016

UE: Sommet UE-Turquie, le coup de bluff de Merkel pour sauver son trône

C080316

11:50 - Dans son éditorial, Le Monde rapporte que
"sous l’impulsion d’Angela Merkel, l’Europe s’est décomposée et veut maintenant reconduire en Turquie tous les migrants pour casser les réseaux de passeurs et sauver la Grèce au bord de la faillite mais la Turquie veut, naturellement, des contreparties : 

  • doublement de l’aide de l’UE (qui passerait à 6 milliards d’euros d’ici à 2018), [soit, 6 x 3 = 18 milliards, ndlr]
  • un régime de visas plus souple, 
  • la poursuite des négociations d’adhésion."
Le journal oublie toutefois de préciser que ce plan prévoit aussi la relocalisation en Europe par un gigantesque pont aérien de tous ces réfugiés qui seront repêchés directement dans les camps turcs dont tout le monde sait - ou devrait savoir - qu'ils sont gérés par les terroristes sous les yeux "attendris" de l'ONU, MSF et autres ONG du monde qui se dit civilisé.

Tout le monde sait, ou devrait savoir, que les passeurs sont, en l'occurrence, un business officiel qui implique le plus haut sommet de l'Etat turc, comme celui du business du pétrole volé en Syrie par l'EI et que c'est bien parce que ce business est dénoncé par Zaman qu'il vient d'être décapité par Erdogan.

Tout le monde sait, ou devrait savoir, que si l'UE a repoussé sa décision de dix jours pour réfléchir, ce n'est pas parce que ce plan présente un quelconque intérêt pour résoudre la question migratoire mais c'est pour permettre à Merkel d'assurer sa propagande - nous avons un plan pour résoudre la question migratoire, votez pour moi - en vue des élections régionales du 10 Mars qui pourrait menacer " la stabilité politique" de l'Allemagne, c'est à dire exploser la coalition gouvernementale au pouvoir à Berlin.

En conséquence, personne ne devrait ignorer que des flux massifs de migrants vont continuer de se déverser en Grèce qui est d'or et déjà sacrifiée pour la modique somme de 300 millions d'euros dit d'aide humanitaire (mais qu'il conviendrait mieux d'appeler assistance à une fin de vie), le reste (400 millions d'euros) étant mis en réserve pour des situations d'urgence qui ne vont pas manquer de surgir ici et là un peu partout en Europe. 

Personne ne devrait ignorer qu'il n'y a aucun plan sérieux sur la table mais seulement une folle à Berlin prête à tout pour sauver son trône.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Réfugiés : le changement de cap de l’Europe 
Editorial Le Monde, le 8 Mars 2016 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 8 Mars 2016 
___________***___________ 
Avec pragmatisme – certains parleront de cynisme –, l’Europe tire les leçons de ses impuissances. Au moins n’est-elle pas hypocrite. Dans l’affaire des réfugiés, elle change de cap et dit ouvertement sa nouvelle politique : fermer la porte et confier une partie des clés à la Turquie, qui redevient… la Sublime Porte, en quelque sorte.
Il faut en saisir les enjeux avant de la juger 
Telle est la philosophie du sommet qui a réuni, le 7 mars à Bruxelles, les Vingt-Huit et la Turquie. Nombre de détails ne sont pas arrêtés, des désaccords subsistent sur bien des points, et on se retrouvera les 17 et 18 mars pour « finaliser » l’affaire. Mais la ligne directrice est claire. Il faut en saisir les enjeux avant de la juger au nom des principes ou de la morale, toutes choses qu’il est toujours plus facile à observer en chambre que sur le terrain.
sous l’impulsion d’Angela Merkel....
Face à l’explosion des flux migratoires en provenance du Grand Moyen Orient (du Machrek à l’Afghanistan), l’UE a d’abord affiché l’esquisse d’une ambition collective : répartir les réfugiés arrivant en Grèce et en Italie selon des quotas reflétant les capacités de chacun des Etats membres. L’Europe se devait de répondre collectivement au plus grand des défis auxquels elle a jamais été confrontée. Test majeur : être fidèle à ses engagements humanitaires, politiques et juridiques. C’était sous l’impulsion d’Angela Merkel.
 ...l’Europe s’est décomposée
Mais: 
  • face au refus catégorique de certains de ses membres, notamment en Europe de l’Est mais pas seulement ; 
  • face à nombre de difficultés matérielles et pratiques, mais aussi politiques ; 
  • face à la puissance des réseaux de passeurs, 
l’UE n’a pas su, pas pu, pas voulu faire face. Elle s’est décomposée. Incapable de mettre en œuvre une politique commune d’accueil des réfugiés, elle renonce à son ambition première. Elle en affiche une autre : arrêter, en tout cas, diminuer cette grande migration.
 l’UE veut maintenant reconduire en Turquie tous les migrants
Sous l’impulsion de la chancelière allemande, toujours, l’UE veut maintenant reconduire en Turquie tous les migrants qui arrivent illégalement dans les îles grecques. L’Union se chargerait des coûts de ce « rapatriement » de dizaines de milliers de personnes. Ankara s’engage à les prendre en charge et à les répartir dans les camps de l’ONU, où elles pourront faire leur demande d’asile politique, ou d’immigration économique, pour un pays de l’UE.
 Il s’agit de casser les réseaux de passeurs
Il s’agit de casser les réseaux de passeurs, d’enrayer ces embarquements à haut risque de noyade, enfin de soulager la Grèce au bord de la faillite. L’UE tire les leçons d’une situation de fait : la route des Balkans est bloquée, par les décisions unilatérales des pays concernés. Nombre de questions restent en suspens – faisabilité et légalité, entre autres. Mais personne, à Bruxelles, n’a contesté la mécanique à mettre en marche.
La Turquie veut 6 milliards d’euros d’ici à 2018 [soit 18 milliards]
Elle repose sur un pays, la Turquie, qui accueille déjà, généreusement, près de 3 millions de Syriens – ce qui limite la portée des leçons de morale que l’UE est pourtant en droit d’adresser à un régime de plus en plus autoritaire et qui foule aux pieds la liberté de la presse. La Turquie veut, naturellement, des contreparties : 
  • doublement de l’aide de l’UE (qui passerait à 6 milliards d’euros d’ici à 2018), 
  • un régime de visas plus souple, 
  • la poursuite des négociations d’adhésion.
La solution à la crise des réfugiés n’est plus à trouver à 28, mais à 28+1. Autrement dit à 29
Paradoxe de l’histoire : cette Turquie, dont Mme Merkel ne veut pas dans l’UE, est de plus en plus associée à la survie de l’Union. La solution à la crise des réfugiés n’est plus à trouver à 28, mais à 28+1. Autrement dit à 29. 

Plus de surveillance, plus de propagande et plus de guerres

«  L’opinion publique mondiale a dorénavant accès à ( ) une nouvelle étude de l’Army War College [NdT : une branche du Pentagone] inti...