samedi 5 mars 2016

Turquie: liberté de la presse et révolution colorée, l'UE jette de l'huile sur le feu

F050316

22:25 - "A deux jours d’un sommet UE-Turquie à Bruxelles et au lendemain de la mise sous tutelle du quotidien d’opposition turc Zaman, considéré comme proche de l’imam Fethullah Gülen, un ancien allié devenu l’ennemi numéro un de M. Erdogan que celui-ci accuse de vouloir le renverser, l’Union européenne (UE) a rappelé samedi 5 mars la Turquie à ses obligations de candidate à l’adhésion à l’Union, notamment concernant la liberté de la presse" rapporte l'AFP.


"En Décembre 2013, le président Erdogan est sans doute passé à deux doigt d'une forme de révolution colorée menée par des magistrats manipulés par l'imam Fethullah Gülen, visiblement une taupe US" écrivions-nous le 15 Juin 2015.

Nous ne changeons rien à ce commentaire de l'époque sinon qu'entre-temps, Erdogan a complètement pété les plombs et qu'il n'est plus du tout fiable. Planté par Poutine, planté par Obama et toujours plus exigeant avec Merkel qui ne peut vraiment pas compter sur lui pour régler la crise migratoire européenne, ce qui pourrait lui coûter cher (à Merkel sans parler de l'Europe), son heure (à Erdogan) a peut-être sonnée et une nouvelle révolution colorée n'est donc pas à exclure. 

Sauf que, si cela peut être dans l'intérêt de Washington, une telle révolution actuellement en Turquie serait mortelle pour l'Europe qui verrait aussitôt non pas quelques millions, mais sans doute quelques dizaines de millions de réfugiés se précipiter à ses frontières. Est-ce le moment pour l'UE de jeter de l'huile sur le feu,
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L’UE hausse le ton contre la Turquie après la mise sous tutelle d’un journal d’opposition 

Le Monde avec AFP, le 5 Mars 2016 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 5 Mars 2016 
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Au lendemain de la mise sous tutelle du quotidien d’opposition turc Zaman, l’Union européenne (UE) a rappelé samedi 5 mars la Turquie à ses obligations de candidate à l’adhésion à l’Union, notamment concernant la liberté de la presse.
  la Turquie doit respecter et promouvoir des normes et pratiques démocratiques élevée
Dans son communiqué diffusé à deux jours d’un sommet UE-Turquie à Bruxelles spécifiquement consacré à la crise migratoire, le service diplomatique de Bruxelles souligne que la Turquie « doit respecter et promouvoir des normes et pratiques démocratiques élevées, dont la liberté des médias ». Et de poursuivre :
« Tout pays, et en particulier ceux qui négocient l’accession à l’UE, se doit de garantir des droits fondamentaux, y compris la liberté d’expression, et les procédures judiciaires régulières, conformément à la Convention européenne des droits de l’homme »
Les forces de l’ordre ont copieusement arrosé la foule de gaz lacrymogène
La police turque a dispersé sans ménagement samedi matin à Istanbul près de 500 manifestants rassemblés devant le siège du journal, placé sous tutelle par une décision de justice et déjà investi dans la nuit par les forces de l’ordre, ont constaté un photographe de l’AFP et une journaliste du quotidien. Les forces de l’ordre ont copieusement arrosé la foule de gaz lacrymogène, utilisant également des canons à eau et tirant des balles en caoutchouc.
une vague de répression accrue envers les médias 
Cette mise sous tutelle de Zaman est le dernier exemple d’une vague de répression accrue envers les médias qui a provoqué l’inquiétude de l’Union européenne et des Etats-Unis.
« La Constitution est suspendue », affichait le journal en « une », en gros caractères blancs sur fond noir
Le quotidien a publié samedi une édition dénonçant un « jour de honte » pour la liberté de la presse en Turquie. « La Constitution est suspendue », affichait le journal en « une », en gros caractères blancs sur fond noir. « La presse turque vient de vivre un des jours les plus noirs de son histoire », a-t-il ajouté, dénonçant « une prise de contrôle organisée par les autorités ».
Gülen, un ancien allié devenu l’ennemi numéro un de M. Erdogan 
Le groupe Zaman, qui outre le quotidien Zaman possède le journal de langue anglaise Today’s Zaman et l’agence de presse Cihan, est considéré comme proche de l’imam Fethullah Gülen, un ancien allié devenu l’ennemi numéro un de M. Erdogan depuis un retentissant scandale de corruption qui a éclaboussé le sommet de l’Etat fin 2013.
un « Etat parallèle » destiné à le renverser
Le président accuse M. Gülen, 74 ans, d’être à l’origine des accusations de corruption qui l’ont visé il y a deux ans et d’avoir mis en place un « Etat parallèle » destiné à le renverser, ce que les « gülenistes » nient farouchement.
Depuis ce scandale, les autorités ont multiplié les purges, notamment dans la police et le monde judiciaire, et les poursuites judiciaires contre les proches de la nébuleuse Gülen et ses intérêts financiers.
jugés pour avoir fait état de livraisons d’armes d’Ankara à des rebelles islamistes en Syrie.
Depuis plusieurs mois, l’opposition, les ONG de défense des médias et de nombreux pays s’inquiètent des pressions croissantes exercées par M. Erdogan et son gouvernement sur la presse et dénoncent sa dérive autoritaire. Deux journalistes du quotidien d’opposition Cumhuriyet, Can Dündar et Erdem Gül, doivent être jugés à la fin du mois pour avoir fait état de livraisons d’armes d’Ankara à des rebelles islamistes en Syrie. Incarcérés pendant trois mois, ils ont été libérés il y a une semaine mais risquent la prison à vie.

La Turquie pointe à la 149e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF). 
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