jeudi 10 mars 2016

Grèce: accord UE-Turquie, "la pire idée imaginable"

F100316

16:30 - Renvoyer les réfugiés de Grèce en Turquie
"est la pire idée imaginable. On ne peut pas les faire rentrer dans un pays qui ne respecte pas le droit international des réfugiés. Ils ne voudront pas, cela ne se fera pas sans violence" rapporte le Figaro citant Fotis Filippou, responsable d'Amnesty International.


Les pires idées imaginables sont celles que prisent tout particulièrement nos dirigeants européens. Il faut s'y faire... ou alors? En Allemagne, ils ont Prety. Aux USA, ils ont Trump. En Russie, les chanceux, ils ont trouvé Poutine il y a 15 ans... Et chez nous? Certains avancent Le Pen, sauf qu'elle ne vise pas le pouvoir, mais seulement faire parler d'elle.
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Que vont devenir les migrants bloqués en Grèce ?

Eugénie Bastié pour Le Figaro, le 10 Mars 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 10 Mars 2016


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Plus de 30.000 migrants sont bloqués en Grèce et 2000 en Macédoine, parfois dans des conditions épouvantables comme dans le camp grec d'Idomeni, où on trouve 40 % d'enfants.
Idomeni pourrait devenir aussi tristement célèbre que Calais
Idomeni. Le nom de ce petit village grec, situé à la frontière avec la Macédoine, inconnu il y a quelques semaines, pourrait devenir aussi tristement célèbre que Calais. S'y entassent dans un camp précaire des milliers de migrants, venus principalement d'Irak ou de Syrie. La route des Balkans est désormais fermée à ces réfugiés, qui sont bloqués en Grèce.
il y aurait en tout près de 14.000 personnes à Idomeni
Le HCR dénombrait mercredi à la mi-journée 35.945 personnes coincées sur le territoire grec, dont 8550 «à l'intérieur» du campement d'Idomeni. Mais selon plusieurs autorités locales et des ONG, il y aurait en tout près de 14.000 personnes à Idomeni, et donc, plus de 40.000 dans toute la Grèce. Des milliers de personnes continuent d'arriver chaque jour.
 Dans le camp d'Idomeni, il y aurait jusqu'à 40 % d'enfants
Dans le camp d'Idomeni, il y aurait jusqu'à 40 % d'enfants, selon une estimation de MSF. Leur nombre n'a cessé d'augmenter ces dernières semaines, et est beaucoup plus élevé que lorsque des premiers flux de septembre, constate Rajae Msefer Berrada, représentante adjointe de l'UNICEF en ex-république yougoslave de Macédoine.
 Il y a  même des bébés qui sont nés sur place
«Il y a beaucoup d'enfants en très bas âge, et même des bébés qui sont nés sur place, en Macédoine et en Grèce», rapporte-t-elle.
 Ce n'est pas un camp, les conditions sont épouvantables
Les conditions d'hygiène sont déplorables. Il a plu ces derniers jours des cordes, il n'y a pas un endroit où s'asseoir. «Ce n'est pas un camp, les conditions sont épouvantables. Ça sent mauvais, il n'y a pas de sanitaires, on ne peut pas se laver», poursuit Rajae Msefer Berrada. Il y a une centaine de toilettes pour des milliers de personnes.
ils patientent sous des bâches sous une pluie torrentielle
De l'autre côté de la frontière, en Macédoine, un camp équipé de structures est vide. Au nord, à la frontière avec la Serbie, 437 Syriens sont bloqués dans un «No man's land»: ils ont été autorisés par les autorités macédoniennes à quitter le camp de transit de Tabanovce, mais ont été refoulés par les autorités serbes à la frontière. Résultat: ils patientent sous des bâches sous une pluie torrentielle, car les autorités macédoines ne veulent pas les récupérer non plus.

Une situation «ubuesque», à l'image du chaos et de l'effet domino qui règne dans les Balkans. Un autre groupe de 1500 Afghans est coincé dans le centre de transit de Tabanovce.
depuis que les négociations avec la Turquie ont débuté, la frontière est hermétiquement fermée 
Il y a donc près de 2000 migrants bloqués en Macédoine, lieu de passage normalement transitoire entre la Grèce et la Serbie, que les réfugiés traversaient en train en quelques heures. Les autorités macédoniennes laissaient passer au compte-gouttes ces dernières semaines, mais depuis que les négociations avec la Turquie ont débuté, la frontière est hermétiquement fermée par deux rangées de barbelés et surveillée par des soldats venus des Balkans en renforts, accompagnés de blindés. Si la fermeture de la route des Balkans se confirme, il ne restera plus beaucoup d'options aux réfugiés bloqués.
gagner les centres d'accueil 
«Nous essayons de convaincre les gens de gagner les centres d'accueil où des conditions de vie humaines leur sont offertes», a expliqué sur la radio Alpha le secrétaire d'État à l'Intérieur grec, Yannis Balafas.
La plupart des migrants ne veulent pas rester en Grèce, et préférerait gagner l'Europe du Nord. Mais, comme le raconte le correspondant d‘Euronews Apostolos Staikos:
 Les Grecs comprennent que les réfugiés ne quitteront pas leur pays, que des milliers resteront là, piégés…
«de nombreux réfugiés et migrants ont réalisé qu'ils n'atteindront pas leur destination finale, que beaucoup d'entre eux resteront en Grèce. Les Grecs aussi comprennent que les réfugiés ne quitteront pas leur pays, que des milliers resteront là, piégés…»
 Les centres d'accueil sont d'ores et déjà saturés
Les centres d'accueil sont d'ores et déjà saturés, et la Grèce espère une aide substantielle de l'UE pour assurer les places manquantes.
il est impossible de renvoyer les migrants car la Turquie n'est pas un pays sûr 
Une des propositions de l'accord actuellement en cours de négociation avec la Turquie est de renvoyer les migrants entrés illégalement à leur point de départ, la Turquie. En échange de l'acceptation de reprendre massivement des migrants ayant gagné l'UE depuis son territoire, la Turquie exige trois milliards d'euros d'aide supplémentaire. Selon la chercheuse Shoshana Fine, qui travaille sur le sujet des migrations en Turquie, il est impossible, au regard du droit international, de renvoyer les migrants car «la Turquie n'est pas un pays sûr pour les réfugiés».
 C'est la pire idée imaginable
Fotis Filippou, responsable d'Amnesty International, renchérit: 
«C'est la pire idée imaginable. On ne peut pas les faire rentrer dans un pays qui ne respecte pas le droit international des réfugiés. Ils ne voudront pas, cela ne se fera pas sans violence.»
Il va y avoir de la bagarre
Pour de nombreux migrants, qui ont parcouru une route longue et difficile, il est en effet hors de question de revenir à la case départ. Comme Maan al-Habi, un Syrien de 36 ans venu avec femme et enfant de Damas, qui témoigne dans The Independent: 
«J'ai survécu à tout pour venir ici. Je ne partirai pas. Il va y avoir de la bagarre. Beaucoup de jeunes hommes ici refuseront de partir».
 Les autorités grecques craignent que le camp ne s'enflamme
Les autorités grecques craignent que le camp ne s'enflamme après l'annonce d'une fermeture officielle de la frontière. Il y a quelques jours, des migrants exaspérés ont essayé de forcer les barrières et ont essuyé des tirs de gaz lacrymogènes.

Dernière option: trouver une autre route pour passer en Europe. 
«On a déjà vu ça dans le passé. Dès qu'on ferme une route, ils en trouvent une autre», explique Fotis Filippou d'Amnesty International. 
il faut absolument répartir ces réfugiés bloqués dans les pays de l'UE
C'est la plus grande crainte des autorités et des ONG. Ils pourraient choisir la voie maritime, la plus dangereuse. D'autres pourraient chercher un chemin plus à l'Ouest, par l'Albanie, et tomber entre les mains de trafiquants. Pour l'humanitaire, il n'y a qu'une solution pour éviter la catastrophe à venir: 
«il faut absolument répartir ces réfugiés bloqués dans les pays de l'UE».
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