dimanche 13 mars 2016

Allemagne: sommet UE-Turquie des 17 et 18 Mars, la fuite en avant de Merkel

L130316

20:45 -
"Angela Merkel ne devait pas s’exprimer avant lundi midi. Mais ses lieutenants laissent entendre qu’elle n’entend pas changer de politique et disent miser sur le sommet Union européenne/Turquie qui se tient les 17 et 18 mars" rapporte Le Monde.


Nous y revenons mais la première leçon de ce scrutin est sans conteste le fait que "la CDU et le SPD n’obtiennent même pas assez de voix, ensemble, pour former une majorité" et, qu'en conséquence, il n'y a qu' "une seule coalition possible : celle formée par l’union CDU/CSU et le SPD" analyse le quotidien. A voir car avec les écologistes, autres gagnants de ce scrutin, il faut s'attendre à tout y compris les pires compromissions avec Merkel.

Merkel, donc, qui n'aurait pas l'intention de modifier sa politique avec Ankara et semblerait donc opter pour une fuite en avant avec Erdogan, le seul, apparemment, capable de la faire plier pour l'entrainer, elle et l'Europe avec, dans sa propre chute avec le risque d'une guerre mondiale à la clé qui serait déclenchée, encore une fois, par le Vieux continent.

Si cette guerre n'éclate pas, ce sera uniquement grâce à la lucidité de Moscou, une lucidité qui fait cruellement défaut à l'ensemble de l'Occident dont tous les dirigeants actuels, sans exception, sont soit psychologiquement faillis, soit impuissants à stopper la tragédie européenne en cours.
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En Allemagne, l’extrême droite inflige une défaite sans précédent à Angela Merkel

Par Frédéric Lemaître (Berlin, correspondant) pour Le Monde, le 13 Mars 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 13 Mars 2016


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Appelés à voter dimanche 13 mars dans trois Etats-régions : le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie-Palatinat et, à l’est, la Saxe-Anhalt, 13 millions d’Allemands ont réservé un véritable triomphe au parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et infligé une défaite sans précédent à la fois à l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et au parti social-démocrate (SPD).
  participation nettement plus élevée que lors du scrutin précédent
Un résultat d’autant plus clair que, dans les trois Etats-régions, la participation a été nettement plus élevée que lors du scrutin précédent.
 sanctionner la politique d’Angela Merkel
Selon des résultats encore provisoires, l’AfD obtiendrait plus de 10 % des voix en Rhénanie-Palatinat, 14,5 % des voix dans le riche Bade-Wurtemberg et même 24 % des voix en Saxe-Anhalt où elle est clairement le deuxième parti, derrière la CDU. Incontestablement, les électeurs de l’AfD ont voulu sanctionner la politique d’Angela Merkel, mais selon les sondages sortis des urnes ils ont également voulu signifier leur opposition aux injustices sociales.
 La CDU a perdu les deux paris qu’elle pensait gagner haut la main
La CDU a perdu les deux paris qu’elle pensait gagner haut la main il y a encore un mois. 
  • En Rhénanie-Palatinat, sa candidate, Julia Klöckner (32 % de voix) n’est pas parvenue à détrôner sa rivale sociale-démocrate Malu Dreyer (36%). 
  • Et dans le Bade-Wurtemberg qui a longtemps été un de ses fiefs, son candidat, Guido Wolf, n’obtient qu’environ 27 % des voix, derrière le ministre-président sortant, l’écologiste Winfried Kretschmann qui bondit à 32 %. 
  • En Saxe-Anhalt, la CDU reste en tête mais elle recule néanmoins et ne peut se réjouir d’avoir vu nombre de ses électeurs grossir les rangs de l’AfD.
le SPD  relégué à la quatrième place
Si le SPD peut se féliciter de la victoire de sa candidate en Rhénanie-Palatinat, sa chute spectaculaire dans les deux autres Länder, où il perd plus de 10 points et est relégué à la quatrième place, pourrait provoquer dans ce parti une véritable crise.
la CDU et le SPD n’obtiennent même pas assez de voix, ensemble, pour former une majorité
L’AfD refusant de participer à quelque coalition que ce soit et les autres partis refusant également de discuter avec ce parti, la formation des coalitions pourrait être difficile. Dans deux des trois Etats-régions, le Bade-Wurtemberg et la Saxe-Anhalt, deux Länder que pourtant tout oppose sur le plan sociologique, les deux grands partis allemands, la CDU et le SPD n’obtiennent même pas assez de voix, ensemble, pour former une majorité.
 une seule coalition possible : celle formée par l’union CDU/CSU et le SPD
Au niveau national, le succès de l’AfD pourrait avoir l’effet inverse. Si, dans dix-huit mois, l’AfD entre au Bundestag avec 10 % des voix ou plus, il pourrait n’y avoir qu’une seule coalition possible : celle formée par l’union CDU/CSU et le SPD. Comme aujourd’hui. Paradoxalement, l’émergence au niveau national du parti qui s’appelle Alternative pour l’Allemagne aurait pour conséquence qu’il n’y aurait plus d’alternative à ce que les Allemands appellent « une grande coalition » entre les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates.
Merkel n’entend pas changer de politique 
Angela Merkel ne devait pas s’exprimer avant lundi midi. Mais ses lieutenants laissent entendre qu’elle n’entend pas changer de politique et disent miser sur le sommet Union européenne/Turquie qui se tient les 17 et 18 mars. Nous avons « besoin de temps » a toutefois reconnu Peter Tauber, secrétaire général de la CDU, dimanche soir. Une façon de dire que le problème est loin d’être réglé.
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