mercredi 9 mars 2016

Allemagne: élections, le deal entre Merkel et Erdogan

B090316
05:35 - A l'initiative du plan présenté par Ankara - selon de nombreux dirigeants européens qui ont été mis devant le fait accompli - Merkel se préoccupe avant tout de maintenir "la stabilité politique" en Allemagne "alors que les électeurs du Bade-Wurtemberg, de Rhénanie-Palatinat et de Saxe-Anhalt, appelés aux urnes ce dimanche 13 mars pourraient sanctionner sa politique à l'égard des réfugiés" selon Le Monde.


"L'analyse d'Angela Merkel est que les Allemands ne sont pas contre l'accueil de réfugiés mais s'inquiètent que l'Etat ne maîtrise plus la situation. D'où son plan avec la Turquie qui consiste à "remplacer l'immigration illégale par de l'immigration légale" écrit le correspondant du Monde à Berlin. 

Ce "grand écart" de Merkel, comme le titre le journal, aura tout de même coûté la vie à des centaines de migrants qui se sont noyés en Méditerranée pour avoir écouté le chant des sirènes de la "bien-pensance", orchestré par une chancelière démiurgique, relayé et amplifié par tous les médias aux ordres, Le Monde en tête, et il ne faut pas s'illusionner sur la réalité de ce plan germano-turc fabriqué pour être consommer jusqu'aux élections du 13 Mars, pas un jour de plus. Le prochain sommet européen du 18-19 Mars n'entérinera ce plan machiavélique que si "la stabilité politique" en Allemagne est maintenue à l'issue du vote du 13 Mars, ce qui du reste est une condition nécessaire mais très loin d'être suffisante. 

Par ailleurs, nous soupçonnons qu'en échange de ce simulacre d'accord pour aider Merkel, Erdogan a obtenu l'assurance que l'Europe continuerait de fermer les yeux sur ses connivences usuelles et fructueuses avec les terroristes mais aussi sur sa répression contre Zaman et la liberté de la presse en Turquie.
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Réfugiés : Mme Merkel fait le grand écart

Par Frédéric Lemaître pour Le Monde, le 8 Mars 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 9 Mars 2016


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A peine rentrée de Bruxelles, Angela Merkel est repartie en campagne, vanter, mardi 8 mars, auprès des électeurs du Bade-Wurtemberg les mérites de l'accord qui devrait, selon elle, être prochainement conclu entre l'Union européenne et la Turquie.
  il est logique d'aider financièrement la Turquie
Pour la chancelière, il est logique d'aider financièrement la Turquie "qui n'a presque reçu aucune aide de la communauté internationale".
les électeurs pourraient sanctionner sa politique à l'égard des réfugiés
Les six milliards d'euros que pourrait recevoir Ankara pour reprendre les réfugiés qui se trouvent en Grèce sont, de son point de vue, "défendables". Alors que les électeurs du Bade-Wurtemberg, de Rhénanie-Palatinat et de Saxe-Anhalt, appelés aux urnes ce dimanche 13 mars pourraient sanctionner sa politique à l'égard des réfugiés, Angela Merkel a de plus en plus de mal à dissimuler les contradictions que celle-ci comporte.
leur ouvrir des voies légales
1) Pour justifier sa générosité à l'égard de réfugiés, Angela Merkel insiste dans chacun de ses discours sur l'article 1er de la Constitution allemande. "La dignité de l'être humain est intangible" est-il spécifié. Une exigence qui ne concerne pas que les Allemands mais s'étend au-delà des frontières, précise-t-elle systématiquement. De même, insiste-t-elle sur le respect des conventions de Genève sur les réfugiés. Demander l'asile, "c'est un droit" rappelle-t-elle. Pourtant, elle soutient un accord avec la Turquie qui prévoit le retour dans ce pays des réfugiés qui veulent tenter leur chance dans l'Union européenne. Les ONG s'en sont immédiatement émues. Angela Merkel répond en évoquant les réfugiés qui se noient en mer : 
"C'est une atteinte aux droits de l'homme de placer les gens dans des situations si dangereuses. C'est pourquoi nous devrions chercher de leur ouvrir des voies légales."
Merkel à l'initiative du plan présenté par Ankara
2) Angela Merkel continue de préconiser une "solution européenne" et se dit "confiante" que les Européens valideront le projet d'accord avec la Turquie qu'elle qualifie de "pas important" vers une solution. Pourtant, plusieurs Etats européens ne veulent pas entendre parler de répartition de réfugiés même envoyés "légalement" de Turquie. A l'issue du sommet, nombre de dirigeants européens ont plutôt reproché à Angela Merkel d'avoir fait cavalier seul. Voire d'être à l'initiative du plan présenté par Ankara. N'-a-telle pas rencontré le premier ministre turc durant plus de cinq heures dimanche soir juste avant qu'il ne présente son plan ? L'entourage de la chancelière nie cette version des faits.
la liberté de visas pour les Turcs
Autre sujet de discorde majeur : la liberté de visas pour les Turcs que prévoit l'accord risque de profondément diviser les Européens – mais aussi les conservateurs allemands – dans les jours à venir.
tournant politique à l'égard des réfugiés
3) La générosité affichée d'Angela Merkel correspond-elle toujours à la réalité ? Certes Angela Merkel refuse de fermer les frontières allemandes aux réfugiés mais depuis le début de l'année, Berlin restreint de plus en plus l'accueil des réfugiés. Non seulement l'Allemagne cherche à multiplier les pays dits sûrs (hier les Balkans, aujourd'hui le Maghreb, demain l'Afghanistan), mais elle limite le regroupement familial (une autre entorse au droit international) et veut accélérer les procédures d'expulsions, y compris en étant moins regardante sur l'état de santé des personnes susceptibles d'être renvoyées. Sigmar Gabriel, président du SPD et vice-chancelier, l'a reconnu la semaine dernière: 
"Le tournant politique à l'égard des réfugiés que l'on nous demande si souvent a eu lieu depuis longtemps." 
En ce sens, l'accord avec la Turquie peut être vu comme l'ultime étape de ce changement de pied de Berlin.
remplacer l'immigration illégale par de l'immigration légale
A la décharge d'Angela Merkel, précisons tout de même que l'Allemagne, contrairement à d'autres pays européens, est évidemment prête à recevoir des réfugiés syriens venus de Turquie. L'analyse d'Angela Merkel est que les Allemands ne sont pas contre l'accueil de réfugiés mais s'inquiètent que l'Etat ne maîtrise plus la situation. D'où son plan avec la Turquie qui consiste à "remplacer l'immigration illégale par de l'immigration légale", selon la formule consacrée à Berlin.
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