dimanche 14 février 2016

UE: guerre froide 2.0, guerre permanente, WWIII, effondrement, où en sommes-nous?

A140216
04:00 - Il est tentant, c'est à dire irrésistible, de coller à l'actualité le nez sur le guidon, comme on dit et d'être en permanence en alerte sur la dernière info publiée ici ou là sur telle ou telle crise en cours parmi une multitude qu'il est impossible de suivre dans leur ensemble sinon comme une forme de bruit de fond avec, par instant, un claquement plus fort, une détonation qui attire l'attention quelques secondes puis s'évapore à nouveau dans le bruit blanc global de l'actualité politique planétaire.


En tant qu'Européens, qui plus est citoyen français mais c'est finalement assez secondaire tant l'actualité politique nationale est insignifiante par rapport à l'ampleur continentale des crises auxquelles nous sommes confrontées et dont nous sommes, paradoxalement, souvent, pour une large part responsables, en tant qu'Européens donc, la question de savoir si nous sommes dans une guerre froide 2.0, une guerre permanente, la fameuse WWIII ou l'effondrement de l'UE peine à trouver une réponse satisfaisante tant c'est un peu tout ça à la fois et en même temps quelque chose de totalement nouveau qui ne porte pas encore de nom précis et dont il reste à définir le concept dans le cadre de notre postmodernité.

Malgré tout, et parce qu'il faut bien se faire une idée de ce qui se passe, nous pouvons avancer l'idée que, globalement, c'est à dire au niveau planétaire, l'enjeu est bien celui annoncé le 9 mai 2015 par le président russe Vladimir Poutine, c'est à dire l'émergence d'un monde multipolaire en substitution du monde moderne issue du XX ième siècle caractérisé par l'hégémonie occidentale, les Etats-Unis en tête, sa cohorte de vassaux à la traine. C'est ce monde moderne là qui est agonisant et, malheureusement, en tant qu'Européens, c'est à ce monde-là que nous appartenons. 

En sommes, nous assistons à l'effondrement de l'hégémonie US - il suffit d'observer la campagne électorale américaine quelques minutes pour s'en convaincre, mieux, s'en délecter tant cet effondrement est nécessaire pour la survie de l'humanité - et nous, Européens, incapables de nous libérer de nos chaines atlantistes, nous sommes tout simplement entrainés dans cette chute vertigineuse qui transforme les agitations de nos politiciens à la petite semaine tellement grossières et stupides qu'il est bien pénible de s'y attarder même si, parfois, il faut tout de même faire l'effort et y faire allusion.

Dans ce chaos général constitué de mille et une crises qui s'empilent les unes sur les autres, la dernière évacuant la précédente sans la résoudre, nous allons considérer que ce qu'il convient d'appeler les printemps arabes, ou révolutions colorés c'est selon, c'est à dire l'imposition de la démocratie à l'occidentale par la force, la violence, les manipulations de toutes sortes et surtout de la communication, semblent être, tout bien pesé, le vecteur géopolitique principal de déstabilisation du monde moderne, c'est à dire le symptôme dominant de son effondrement.

Ces révolutions artificielles sont elles-mêmes la conséquence des multiples défaites militaires US en Afghanistan puis en Irak qui ont conduit l'intelligence US à changer ses techniques guerrières jusqu'à ce que nous observons depuis quelques années, et surtout depuis 2014, à travers l'affaire de l'Etat islamiste, c'est à dire le terrorisme que Manuel Valls vient de requalifier officiellement d'hyperterrorisme et qui est, en réalité, le signe visible et douloureux non pas d'une (re)conquête du monde d'un éventuel islamisme pour instaurer un califat mondial, mais plutôt les spasmes de l'agonie du monde moderne qui, d'une façon totalement indépendante de sa volonté puisqu'à l'agonie, s'auto-détruit. 

Le terrorisme, ou l'hyperterrorisme, est le produit direct du monde moderne, son pus, sa pourriture déjà bien avancée, sa putréfaction mortifère, sa petite mort en somme. Plus nos élites, du moins ce qu'on appelle ainsi, s'acharneront à vouloir combattre ce terrorisme, plus celui-ci gangrènera notre monde moderne nous conduisant à nous auto-amputer progressivement de tous nos organes, c'est à dire tout ce qui constituait le monde moderne, la liberté, le progrès, les sciences, la culture et tout ce qui donnait corps à notre civilisation.

A partir de là, nous pouvons plus aisément répondre à la question initiale: nous ne sommes ni dans une guerre froide 2.0, ni dans une guerre permanente, encore moins dans une WWIII mais plutôt dans quelque chose qui ressemble à un effondrement mais avec les caractéristiques qui viennent d'être décrites, c'est à dire l'effondrement de l'hégémonie occidentale, qui ne représente qu'une part finalement assez minime de l'humanité, disons entre 1 et 2 milliards d'individus sur plus de 7 milliards que compte actuellement notre espèce. Pas de quoi en faire un drame à l'échelle planétaire sauf que nous, Européens, nous sommes directement concernés.

Or, il se trouve que l'Europe continentale, c'est aussi la Russie et que, si d'un côté nous sommes aspirés par la chute des USA, d'un autre nous avons la chance de pouvoir être retenus et même relancés par la Russie y compris ses partenaires asiatiques, sans parler des pays sud-américains et de nombreux pays africains et arabes. Avec tous ces pays, mais libérés des USA, l'Europe pourrait - et pourra, car c'est ce qui finira par arriver - très rapidement devenir l'un des pôles de ce nouveau monde multi-polaire du XXIième siècle annoncé le 9 Mai 2015 par le président russe et confirmé, depuis, pas ses nombreuses initiatives et réussites. 
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