samedi 13 février 2016

Syrie: double échec de la coalition occidentale

B130216

06:00 -
"Reprendre le contrôle sur tout le territoire syrien, aujourd’hui morcelé entre des zones contrôlées par le régime, les djihadistes ou les rebelles modérés, « est un but que nous chercherons à atteindre sans hésitation », a déclaré M. Assad cité par l'AFP.

"Les Américains ont peu goûté aux propos de M. Assad" commente aujourd'hui Le Monde (voir lien ci-après) alors que M Hollande - l'obligé de Washington - a rappelé, jeudi, que M Assad devait partir.

Plus les Occidentaux, Américains en têtes, et leurs alliés régionaux, Turquie, Arabie et Qatar, s'entêtent à vouloir éliminer Assad et menacent d'envahir le pays, plus le président syrien affirme sa volonté de reconquête nationale intégrale par les armes.

Certes, avec leur aviation, les Russes soutiennent efficacement le président Assad mais cela ne suffit pas à expliquer les victoires militaires du régime. Le soutien russe est nécessaire mais pas suffisant car sans les troupes au sol de Damas, les bombardements ne serviraient à rien comme l'a montré, pendant quatre ans, l'action de la coalition US qui fut un échec total si l'on considère que l'objectif était d'éradiquer les terroristes. 


Mais il faut aussitôt rajouter que l'action de la coalition US fut un double échec car elle n'a pas non plus réussi à éliminer le régime de Damas qui a su résister, seul, pendant trois ans ce qui est un véritable exploit qui explique, en grande partie, la décision mesurée et parfaitement évaluée de Moscou pour intervenir.

Si le régime de Damas n'était qu'une dictature, comme l'accuse l'Occident, il n'aurait jamais pu réussir cet exploit car les Syriens auraient effectivement profité de la situation pour le renverser. Trois années de mise à l'épreuve sans défaillir ont convaincu les Russes de la légitimité de Damas et une ou deux années supplémentaires devraient convaincre, à son tour, l'Occident.
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Bachar Al-Assad vise toujours la reconquête totale de la Syrie 

Le Monde avec AFP, le 13 Février 2016 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 13 Février 2016 
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Le président Bachar Al-Assad est loin d’avoir abandonné l’idée d’une victoire militaire complète en Syrie a-t-il expliqué depuis Damas dans un entretien à l’Agence France-Presse, quitte à mener, selon ses mots, de « longs » combats.
 Reprendre le contrôle sur tout le territoire syrien
Reprendre le contrôle sur tout le territoire syrien, aujourd’hui morcelé entre des zones contrôlées par le régime, les djihadistes ou les rebelles modérés, « est un but que nous chercherons à atteindre sans hésitation », a déclaré M. Assad.
un accord âprement négocié en dehors des parties syriennes
Cette position n’est pas une surprise de la part du leader syrien, mais elle pourrait saper un peu plus la cessation des hostilités censée entrer en vigueur d’ici une semaine en vertu d’un accord âprement négocié à Munich entre les États-Unis, la Russie et leurs principaux alliés sur ce dossier – en dehors des parties syriennes.
les Américains ont peu goûté aux propos de M. Assad
Logiquement, les Américains ont peu goûté aux propos de M. Assad. Ce dernier « se fait des illusions s’il pense qu’il y a une solution militaire au conflit en Syrie », a déclaré le porte-parole adjoint du département d’Etat, Mark Toner :
« Il y a un processus que nous essayons de mettre en place et qui fournit un chemin pour éviter cela. Le régime doit le comprendre, que ce soit Assad ou ceux qui l’entourent. »

Dans son interview, le président Al-Assad a souligné sa détermination à combattre le « terrorisme », un terme qui dans le langage de Damas désigne tout aussi bien ses opposants modérés que la mouvance djihadiste.
négocier ne signifie pas qu’on arrête de combattre le terrorisme
« Depuis le début de la crise, nous croyons totalement aux négociations et à l’action politique. Cependant, négocier ne signifie pas qu’on arrête de combattre le terrorisme. »
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry avait déclaré, avant même l’interview de M. Al-Assad, qu’il ne se faisait pas d’« illusions » et réalisait la difficulté de faire mettre en œuvre cette trêve par les rebelles et par les forces gouvernementales syriennes.
poursuivre les bombardements occidentaux et russes
La trêve négociée à Munich concerne toutes les parties au conflit sauf l’organisation Etat islamique et le Front Al-Nosra (branche locale d’Al-Qaida), contre lesquels pourront donc se poursuivre les bombardements occidentaux et russes.
Nous continuerons à combattre
Un porte-parole du Pentagone a confirmé vendredi que les opérations de la coalition anti-EI dirigée par les États-Unis « vont continuer » inchangées. « Nous continuerons, de même que la coalition conduite par les États-Unis, à combattre » les groupes « terroristes », a confirmé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Du côté de l’opposition syrienne, on se montre circonspect sur une trêve dans ce contexte.

« Le projet de cessation provisoire des hostilités sera examiné par les factions rebelles sur le terrain », a déclaré George Sabra, un membre du Haut comité des négociations (HCN), organe constitué de représentants des principaux partis d’opposition et mouvements rebelles.

Si elle était appliquée, cette trêve constituerait un premier apaisement dans cette guerre qui a fait 260 000 morts et poussé des millions de personnes à l’exil depuis 2001. 
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