samedi 13 février 2016

France: Munich, guerre des réfugiés, Valls anticipe une rupture du couple franco-allemand

K130216

20:40 -
"Dire ’’venez tous’’ peut finir par détruire les fondements de l’Europe, il faut un contrôle assuré des frontières extérieures de l’Union, sinon ce sera le retour des frontières intérieures" rapporte Le Monde citant une déclaration du Premier ministre français Manuel Valls en marge de son déplacement au sommet de Munich sur la sécurité.


Malgré ses apparences de petit cabotin essayant de faire de l'anti-Merkel, Valls se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Il sait très bien - en tout cas il devrait le savoir - qu'il est impossible de réaliser "un contrôle assuré des frontières extérieures" et nous serons donc obligés à "un retour des frontières intérieures", ce qui n'est même pas gagné d'avance.

Mais le soucis de M Valls n'est pas de trouver une réponse sérieuse et efficace à la guerre des réfugiés. C'est seulement de faire du Le Pen à bon marché, à très bas coût, pour causer comme il faut, en vue de 2017 car "pour M. Valls, la question des migrants est devenue un sujet sous haute tension politique" selon ses propres mots. Pas besoin de faire un dessin.

En attendant, c'est Merkel qui en prend un max pour son grade car cette nouvelle position de Paris marque la fin de l'unité de vue du couple franco-allemand sur cette question tandis que de son côté, Merkel ne fait qu'accumuler les fiascos dans ses tentatives avec la Turquie, l'Algérie et les pays africains. 

Sa politique du chéquier est périmée et elle n'a pas d'alternative. Son intérêt, à elle comme à celui de tous les leaders européens, c'est une bonne guerre, par exemple en Syrie, ou en Ukraine, ou en Moldavie, voire même en Turquie et pourquoi pas, s'il le faut, en Europe (on ne va tout de même pas s'attaquer à la Russie, faut pas exagérer) mais là, ce serait alors une guerre civile. Aujourd'hui, cela parait impossible mais les choses vont si vite et plus personne ne contrôlant plus rien, ça finira très probablement ainsi. La question n'est pas si, mais quand?
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Crise des réfugiés : le discours de fermeté de Manuel Valls

Par Bastien Bonnefous (Munich, envoyé spécial) pour Le Monde, le 13 Février 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 13 Février 2016


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Au pas de charge. En marge de son déplacement au sommet de Munich sur la sécurité, Manuel Valls a visité samedi 13 février, dans l’après-midi, un centre d’accueil temporaire pour réfugiés, installé dans la banlieue de la capitale bavaroise.
  l’Europe ne peut accueillir davantage de réfugiés
Durant vingt-cinq petites minutes à peine, le premier ministre français a remonté les allées de cette ancienne caserne militaire reconvertie, sans s’entretenir avec un seul réfugié accueilli sur place, ni afficher la moindre empathie sur la question des migrants alors que ce dossier divise toujours les pays européens. Au contraire, M. Valls a voulu envoyer sur place un signal très clair de fermeté, voire de fermeture. « Je suis venu faire passer un message d’efficacité et de fermeté », a-t-il déclaré. Un message qui peut se résumer d’une phrase selon le chef du gouvernement : « l’Europe ne peut accueillir davantage de réfugiés ».
  Paris n’est « pas favorable » à la mise en place d’un mécanisme de répartition des migrants
A Munich, M. Valls a rappelé que Paris n’est « pas favorable » à la mise en place d’un mécanisme de répartition des migrants dans l’Union européenne, comme le propose la chancelière allemande Angela Merkel.
  Hollande s’était montré plutôt ouvert à un tel mécanisme
En septembre, François Hollande s’était montré plutôt ouvert à un tel mécanisme, après l’émotion mondiale provoquée par la photo d’Aylan Kurdi, cet enfant kurde retrouvé mort noyé sur une plage en Turquie. Mais depuis, l’aggravation de la crise des migrants et les attentats de novembre à Paris ont de nouveau durci la position française.
Valls demande désormais à s’en tenir à 30 000 pour la France (sur deux ans, ndlr)
Manuel Valls demande désormais à s’en tenir simplement à l’accord de « relocation » européen portant sur l’accueil de 160 000 réfugiés, dont 30 000 pour la France
« Nous ne sommes pas favorables à un mécanisme permanent de relocalisation. Le temps maintenant est de mettre en oeuvre ce qui a été discuté et négocié : des “hot spots” [centre d’enregistrement des migrants arrivant dans l’UE], des contrôles aux frontières extérieures, etc. », a déclaré le premier ministre, samedi, lors d’une rencontre avec la presse allemande.
« La France s’est engagée pour 30 000 réfugiés. Dans le cadre de ces 30 000, nous sommes toujours prêts à accueillir des réfugiés. Mais pas plus », a-t-il ajouté.
Il faut être réaliste : quels pays vont accueillir plus de migrants ? 
Alors que Mme Merkel cherche à créer une « coalition » de pays européens volontaires pour accueillir les migrants - l’Allemagne a déjà ouvert ses frontières à plus d’un million de personnes ces derniers mois - M.Valls s’est fermement opposé à cette solution. 
« Il faut être réaliste : quels pays vont accueillir plus de migrants ? La Suède, le Danemark, la Finlande, qui ont déjà beaucoup accueilli ? Le Royaume Uni ? Je ne vous fais pas un dessin... L’Italie, qui peut à tout moment être confrontée à une nouvelle vague venue de Libye ? », a-t-il déclaré. 
Les solutions sont au Levant, en Turquie, en Jordanie, en Méditerranée
Pour le premier ministre, les solutions ne peuvent être qu’extra-européennes : « Les solutions sont au Levant, en Turquie, en Jordanie, en Méditerranée. »
  Il y a quelques mois, les médias français demandaient ’’où est la Merkel française?
S’il salue « la mobilisation et la capacité d’accueil des Allemands », il a également ironisé sur la position très libérale de la chancelière Merkel. 
« Il y a quelques mois, les médias français demandaient ’’où est la Merkel française?’’ ou voulaient donner le prix Nobel à la chancelière. Aujourd’hui, je constate les résultats... », a-t-il glissé vendredi soir lors d’une rencontre avec la presse française.
la question des migrants est devenue un sujet sous haute tension politique
Pour M. Valls, la question des migrants est devenue un sujet sous haute tension politique, aussi bien en France que dans l’ensemble de l’Europe.
 Les partis populistes continuent de prospérer, y compris en France, c’est le moins que l’on puisse dire
« Nos concitoyens expriment une inquiétude croissante devant le sentiment que l’Europe a perdu le contrôle de la situation et la maîtrise de son destin. Des tensions communautaires sont apparues, en Allemagne mais aussi en Europe. Les partis populistes continuent de prospérer, y compris en France, c’est le moins que l’on puisse dire », a-t-il expliqué, faisant référence à la montée du Front national.
il faut un contrôle assuré des frontières extérieures de l’Union, sinon ce sera le retour des frontières intérieures
Il souhaite donc que la politique d’accueil de l’Union européenne soit désormais bien plus restrictive. 
« Dire ’’venez tous’’ peut finir par détruire les fondements de l’Europe », estime-t-il. Pour M. Valls, « il faut un contrôle assuré des frontières extérieures de l’Union, sinon ce sera le retour des frontières intérieures ».
Un discours dur et alarmiste à quelques jours du sommet des dirigeants européens à Bruxelles les 18 et 19 février, qui doit notamment se pencher sur l’afflux des réfugiés en Europe.
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