samedi 23 janvier 2016

Grèce: guerre des réfugiés, Athènes menacée d'exclusion de l'espace Schengen

H230116

20:00 - L'Autriche, qui joue dans cette affaire le rôle de bras armé de Merkel, menace d'exclure la Grèce de l'espace Schengen - ce qui est pourtant illégal mais Merkel n'en est pas à un abus de pouvoir prêt - si Athènes ne prend pas le contrôle de ses frontières pour stopper le flux des réfugiés en provenance de la Turquie.

Sauf que les intérêts de la Grèce sont, d'une certaine manière, les mêmes que ceux de la Turquie qui exige de l'Allemagne une politique du chéquier plus cool pour commencer d'envisager éventuellement un ralentissement du flux des réfugiés vers l'Europe via la Grèce. Et la Grèce, à court d'argent pour les raisons que l'on sait, fait la même chose.

Il faut reconnaitre que la Grèce a des motifs de ne pas se soumettre au diktat germano-autrichien après l'épisode 2015 de sa crise de la dette et la façon dont elle a été finalement traitée, grâce à la trahison du peuple grecque - une de plus - par Tsipras qui est condamné, à plus ou moins court terme, à remettre sa cravate pour chercher un nouveau job.

La saillie d'aujourd'hui de la ministre autrichienne de l'Intérieur, Johanna Mikl-Leitner. menaçant d'exclure Athènes de l'espace Schengen montre à quel point Merkel est dans l'impasse et que son projet de faire faire "la sale besogne" par la Turquie afin de ne pas "se salir les mains" elle -même ne fonctionne pas. Ce sera donc aux Grecs de s'en charger en jouant le rôle de gardien du camp dans lequel ils sont eux-mêmes enfermés et condamnés.


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L’Autriche souhaite expulser la Grèce de Schengen

RT France, le 23 Janvier 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 23 Janvier 2016


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La Grèce fait face depuis samedi à de nouvelles pressions pour son traitement de la crise des migrants, menacée par l’Autriche de se voir «exclue temporairement» de l’espace Schengen, la zone européenne de libre-circulation.
 exclusion temporaire de l’espace Schengen
«Si le gouvernement d’Athènes ne fait finalement rien de plus pour sécuriser ses frontières extérieures, il faudra alors discuter de son exclusion temporaire de l’espace Schengen», a indiqué dans l’interview au quotidien allemand Die Welt, la ministre autrichienne de l'Intérieur, Johanna Mikl-Leitner.
 la frontière gréco-turque ne peut pas être contrôlée
Elle a également qualifié de «mythe» le fait que la frontière gréco-turque ne pouvait pas être contrôlée. 
«Lorsqu’un Etat signataire des accords de Schengen n’accomplit pas de manière permanente ses obligations et n’accepte de l’aide que de façon hésitante, nous ne devons alors pas écarter cette possibilité», a-t-elle poursuivi.
protéger la stabilité, l’ordre et la sécurité en Europe
Après avoir indiqué que la patience de plusieurs pays européens avait atteint ses limites, Johanna Mikl-Leitner a souligné la nécessité d’agir. 
«Il s’agit de protéger la stabilité, l’ordre et la sécurité en Europe», a conclu la ministre.
persuader Athènes de protéger ses frontières 
L’annonce intervient après qu’un haut-responsable grec a démoli un rapport du Financial Times dans lequel plusieurs ministres des pays européens et de hauts-responsables de l’UE estiment que menacer de suspension la Grèce de Schengen pourrait persuader Athènes de protéger ses frontières de manière plus efficace. Pour Ioannis Mouzalas, le ministre grec délégué à la Migration, le rapport contient «des mensonges et des distorsions».
Lors du Forum économique de Davos, «ça passe ou ça casse»
Lors du Forum économique de Davos, la directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde s’est jointe aux inquiétudes relatives à Schengen quand elle a noté que la crise des réfugiés poussait l’Europe vers un point de non-retour, «ça passe ou ça casse», a-t-elle averti. Elle a ensuite répondu par l’affirmative à la question de savoir si la situation actuelle pouvait menacer l’espace Schengen.
La Grèce, à court d’argent
La Grèce, à court d’argent, a plusieurs fois été critiquée par ses partenaires européens concernant sa gestion de l’afflux massif de migrants fuyant la guerre et les conflits.

Plusieurs dizaines de milliers de migrants ont atteint des îles grecques depuis la Turquie voisine après des voyages par la mer avant de s’orienter vers le nord à la recherche d’une vie nouvelle, notamment vers l’Allemagne, pôle économique de l’Europe.
l’exclusion de la Grèce de Schengen illégale 
Le mois dernier le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn a écarté l’exclusion de la Grèce de Schengen, considérant illégale une telle décision.
Tsipras a nié avoir reçu des menaces de la part de l’UE
Mais le problème a de nouveau éclaté après la publication d’un rapport du Financial Times. Dans le même temps, un porte-parole d’Alexis Tsipras a nié avoir reçu des menaces de cet ordre de la part de l’UE.

L’ancien diplomate grec Leonidas Chrysanthopoulos estime que l’introduction unilatérale des contrôles pourrait mettre fin aux voyages sans visas à travers l’Europe.

«Les accord de Schengen ne pourront plus fonctionner si tous les pays de l’UE commencent à introduire des contrôles frontaliers internes». Pour lui, il n’est jamais venu à l’esprit des pères de l’UE d’y créer des murs, empêchant les gens d’y entrer.

Il a également souligné la raison de l’afflux de réfugiés qui fait rage aujourd’hui en Europe. «Des migrants d’Afrique viennent à cause de la faillite des politiques de l’Union européenne à les assister», a-t-il avancé.
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