vendredi 8 janvier 2016

France: Charlie Hebdo, si les services de sécurité sont hors de cause, c'est donc l'Etat qui est défaillant

K080116

19:50 -
"Suite ou en réponse à la plainte contre X pour homicide involontaire porté par la veuve du policier tué dans l'attaque contre Charlie Hebdo, un rapport de l'IGPN vient laver le Service de la Protection (SDLP) en charge de veiller sur les personnalités de toute faute" rapporte Le Figaro.

Sans doute, sauf que l'attaque a quand même eu lieu après avoir été minutieusement préparée par les agresseur aux yeux et à la barbe de la police et des renseignements qui étaient tout de même avertis. C'est un fait. Il y a donc bien eu une défaillance quelque part. Cette défaillance mériterait d'autant plus d'être éclaircie qu'il y a eu, depuis, le massacre du 13 Novembre montrant de nouvelles défaillances encore plus grandes dans nos services de sécurité et, le plus important, qu'il pourrait donc se produire encore d'autres attaques puisque le système actuel de sécurité se révèle inefficace.

Si ces défaillances ne proviennent pas des services de sécurité eux-mêmes qui semblent avoir correctement fait leur travail, c'est qu'il y a un problème au niveau de la définition même de ce travail, donc au niveau de la définition de la menace et pas seulement dans une éventuelle erreur d'appréciation de son niveau de dangerosité qui fait qu'il y a inadéquation entre les moyens mis en oeuvre et les objectifs à atteindre.

Naturellement, le risque zéro n'existe pas mais entre un risque zéro et une série d'attaques comme nous avons connu en 2015 et alors que rien ne permet de penser que cela ne se reproduira pas en 2016, peut-être même en pire, il y a un écart inacceptable car il est de nature politique. Si les services de sécurité ne sont pas en cause, c'est donc la définition même de la menace qui est faussaire, c'est à dire la politique sécuritaire mise en oeuvre par l'Etat.


Un Etat, malheureusement, dont les chefs, ceux d'hier, d'aujourd'hui et même éventuellement ceux de demain, ne pensent qu'à la seule chose qui les préoccupent sérieusement - les élections de 2017 - et s'évertuent donc non pas à traiter correctement les problèmes des Français mais de savoir comment exploiter leur désarrois pour garder ou prendre le pouvoir voire, car c'est aussi envisagé, comment se le partager entre eux. 
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Un rapport blanchit les policiers en charge de la protection de Charlie Hebdo

Par Eugénie Bastié pour Le Figaro, le 8 Janvier 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 8 Janvier 2016
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La veuve de Franck Brinsolaro, le policier chargé de la protection de Charb tué le 7 janvier 2015, a porté plainte, estimant que le dispositif n'était pas adapté. Un rapport de la police des polices estime qu'il n'y a pas eu défaillance.
  Ingrid Brinsolaro a décidé de porter plainte contre X pour «homicide involontaire»
Il y a un an, Franck Brinsolaro, le policier qui veillait à la protection de Charb était retrouvé mort dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo, la main sur son arme de service. Face aux frères Kouachi armés de kalachnikovs, il n'a même pas eu le temps de tirer. Ingrid Brinsolaro, sa veuve, a décidé de porter plainte contre X pour «homicide involontaire».
  si la menace n'avait pas été sous-estimée, ça ne serait pas arrivé
Elle dénonce des manquements dans le dispositif de sécurité du journal, qui auraient conduit à la tragédie. «Si le dispositif avait été à la hauteur de la menace, si la menace n'avait pas été sous-estimée, ça ne serait pas arrivé. Peut-être que ça ne serait pas arrivé», a-t-elle déclaré sur France 3.
 Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'en était justifié sur RTL
Courant 2014, la voiture de police qui stationnait en bas de l'immeuble avait été retirée, remplacée par des patrouilles mobiles. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'en était justifié sur RTL. Après des menaces perpétrées à l'encontre de militaires ou policiers, «nous avions pris la décision, pour des raisons de sécurité» d'y «substituer des gardes dynamiques», c'est-à-dire plus mouvantes, a précisé Bernard Cazeneuve.
 Un rapport vient laver le Service de la Protection (SDLP) de toute faute
Une enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait été lancée pour éclaircir les circonstances et établir s'il y avait eu défaillance. Un rapport, que nous avons consulté, vient laver le Service de la Protection (SDLP) en charge de veiller sur les personnalités, de toute faute.
  • Une première accusation, concernant l'éventuelle défaillance de Patrick Hacgeman, le deuxième policier en charge de la protection de Charb, a été levée. Sylvain Louvet, un journaliste de Premières lignes, l'agence de presse située sur le même palier que Charlie Hebdo, avait appelé l'autre officier de sécurité de Charb, qui était de repos, lorsqu'a débuté la tuerie. Selon le journaliste, le policier lui aurait répondu qu'il était en congés, mais que la police n'allait pas tarder à intervenir. Mais d'après le rapport de l'IGPN, il s'avère qu'il ne serait pas resté inactif, mais aurait passé plusieurs appels, à Franck Brinsolaro et à sa hiérarchie.
  • Le rapport de la DGPN répond à une deuxième accusation, concernant une voiture suspecte aperçue au mois de septembre 2014 à proximité de Charlie Hebdo. Le même journaliste de Premières lignes avait alerté les policiers du Service de la Protection de la présence d'un individu suspect proférant des menaces contre Charlie Hebdo qui aurait «insulté le prophète». Il avait transmis les coordonnées du véhicule aux policiers, qui avaient fait un rapport à leur hiérarchie. Il s'était avéré que le propriétaire du véhicule n'était connu des services que pour une affaire de droit commun. Pourtant, Sylvain Louvet, lorsqu'il aperçoit la photo des deux terroristes au lendemain des attentats, croit reconnaître dans Chérif Kouachi l'homme vu dans la voiture en septembre, ce qui pourrait faire croire à un éventuel repérage des Kouachi sur les lieux du drame, et surtout à une défaillance des services de protection. Mais devant les enquêteurs de l'IGPN, le journaliste était moins sûr de lui, et semble avoir reconnu le propriétaire de la voiture sur une photographie. Ce dernier serait un déséquilibré, ayant passé plusieurs mois en hôpital psychiatrique. «On est sûr à 99 % que l'homme dans la voiture n'était pas Chérif Kouachi», résume une source proche de l'enquête.
«Ces conclusions de l'IGPN, indique-t-on de source policière, ainsi que les investigations, ne permettent pas de démontrer les éléments constitutifs de l'infraction de non-assistance à personne en danger».
L'action des policiers du service de protection ne semble pas avoir été défaillante
L'action des policiers du service de protection ne semble pas avoir été défaillante. Aujourd'hui, environ 150 personnes sont protégées par des policiers du Service de la Protection (SDLP), la plupart pour des raisons de menace terroriste.
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