mardi 15 décembre 2015

France/2017: vers une nouvelle bipolarité

E151215

19:45 - Les élections régionales montrent
"une dynamique de dépassement de la gauche au profit d'une nouvelle bipolarité entre ceux qui mettent l'accent sur leur libéralisme et les autres qui privilégient la souveraineté nationale en toutes choses" note Jérôme Sainte-Marie cité par Le Figaro.

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PS, LR, FN : quand le vent souffle à droite

Par Jérôme Sainte-Marie pour Le Figaro, le 15 Décembre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 15 Décembre 2015


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FIGAROVOX/ANALYSE - Pour Jérôme Sainte-Marie, les régionales ont démontré la droitisation de l'électorat français. Elle touche selon lui les trois pôles de la politique française.
convergence des partis dits de gouvernement vers le centre, afin de mieux lutter contre le Front national
Sous le choc entre d'un côté la tripartition réelle de la vie politique française et de l'autre des institutions électorales conçues pour un système bipolaire, l'idée s'installe d'une nécessaire convergence des partis dits de gouvernement vers le centre, afin de mieux lutter contre le Front national.
  un déplacement de l'ensemble vers la droite
Cette analyse, souvent liée en fait aux préférences idéologiques de ceux qui l'énoncent, apparaît contestable, en ceci qu'elle ignore la dynamique générale du débat public. Il apparaît en effet que l'on peut avoir simultanément une réorganisation générale du système politique française, et un déplacement de l'ensemble vers la droite. C'est l'hypothèse la plus probable au vu des dernières élections régionales.
la gauche qui conteste est faible au premier tour et inoffensive au second
Ce glissement idéologique commence par la gauche. Même si cela peut apparaître très insuffisant à certains, il est indéniable que le discours gouvernemental actuel s'éloigne sans cesse davantage des références socialistes. Pourtant, le comportement des forces politiques situées à la «gauche de la gauche» ne semble pas s'en ressentir. Le gouvernement peut bien prôner une politique économique libérale, prendre des engagements internationaux atlantistes et instaurer un état d'urgence illimité, le Parti communiste et ses alliés fusionnent sans hésiter leurs listes avec les socialistes le soir du premier tour. L'exemple de l'Ile-de-France, où se concentrent plusieurs leaders nationaux, en a été une sidérante illustration. Le piquant est qu'un tel reniement n'ait même pas été récompensé par la victoire. La conclusion que peuvent en tirer tous ceux qui, autour de Manuel Valls, réfléchissent à une recomposition politique générale, est claire. Il n'y a nul besoin d'envoyer des signaux vers la gauche qui conteste, car celle-ci est faible au premier tour, et inoffensive au second. De plus, la formule de la gauche plurielle, réanimée la semaine dernière en région parisienne, ne garantit pas le succès dans les urnes.
le suivisme des électeurs de gauche
Tandis que les socialistes regardent vers leur droite, Les Républicains n'ont eux guère de raisons de converger au centre. Dans le Nord, et plus encore dans le Sud, les deux duels qui les ont opposés au Front national ont montré le suivisme des électeurs de gauche. Malgré les propos clivants de Nicolas Sarkozy entre les deux tours, les reports de voix paraissent avoir été excellents pour les listes Bertrand ou Estrosi.
 une information qui pousse la droite… vers la droite
Dans la perspective du second tour de l'élection présidentielle, voici une information qui pousse la droite… vers la droite. En effet, 
  • soit, ce qui serait très surprenant, Marine Le Pen en était absente, et en ce cas il faudrait au candidat des Républicains obtenir de bons reports de voix venus de l'électorat frontiste. 
  • Soit la gauche est éliminée, et alors, comme l'a montré le second tour des régionales, le discours du «sursaut» dit républicain produit un effet mécanique de mobilisation parmi les électeurs de gauche.
la droite est bien mieux placée pour l'emporter, avec l'appui de la gauche
Admettons donc qu'il y ait un duel LR-FN au second tour de la présidentielle. En l'état, la droite est bien mieux placée pour l'emporter, avec l'appui de la gauche, y compris celle qui se veut la plus contestatrice. Il serait très probable que l'on observe à un rassemblement des forces réformatrices, peu ou prou libérales, et europhiles.
 un gouvernement d'ouverture, avec peut-être une offre politique originale pour les législatives
Ceci aurait lieu après la présidentielle, dans le cadre d'un gouvernement d'ouverture, avec peut-être une offre politique originale pour les législatives. Le moment clé est le second tour de la présidentielle, mais jusqu'à ce jour, la course à la qualification entre le candidat socialiste et celui des Républicains se poursuivra comme si de rien n'était.
au sein du Front national, un discours s'adressant à la droite la plus résolue
La gauche et la droite dites de gouvernement sont donc poussées vers la droite par le résultat des élections régionales, où d'ailleurs les efforts des centristes n'ont pas été particulièrement récompensés. Il en est peut-être de même pour le Front national. En effet, l'idée d'un grand rassemblement de la «France du Non», en référence au référendum de 2005, sort affaiblie de ce scrutin. Il semblerait que les rituels d'exorcisme contre un très hypothétique fascisme, comme le montre l'invocation surréaliste de la «résistance» en PACA, soient encore d'une grande efficacité parmi les électeurs de gauche, à commencer par les plus à gauche. Les jeux ne sont pas faits, mais cette information dispensée par les régionales risque d'animer la réflexion stratégique au sein du Front national, en renforçant les tenants d'un discours s'adressant à la droite la plus résolue.
une nouvelle bipolarité
Les scrutins intermédiaires passent parfois inaperçus, se contentant d'enregistrer le sentiment à l'égard du pouvoir national, avec de vagues nuances locales. Il en va différemment avec les dernières élections régionales, avec deux régions qui sont aux avant-postes du changement démocratique. La tripartition, état naturellement instable, s'efface déjà, pour montrer une nouvelle bipolarité, entre ceux qui mettent l'accent sur leur libéralisme et les autres qui privilégient la souveraineté nationale en toutes choses.
 une dynamique d'évanouissement de la gauche
Ce nouvel ordre n'est pas une simple réorganisation de l'ancien, mais s'inscrit dans une dynamique d'évanouissement - ou de dépassement, si l'on préfère - de la gauche telle qu'elle était issue du mouvement ouvrier, à la fois dans sa forme partisane, et dans ses références idéologiques.
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