dimanche 27 décembre 2015

France: réforme constitutionnelle, Hollande se coupe de sa gauche et dévisse à droite

E271215
16:10 -
"La réforme constitutionnelle comprenant la déchéance de nationalité sera examinée début février à l’Assemblée. Pour qu’elle soit votée par une majorité des trois cinquièmes du Parlement, M. Hollande va devoir faire les comptes et espérer que la droite collabore. Car le chef de l’Etat risque de perdre le soutien d’une bonne partie de sa majorité et il n’a pas grand-chose à attendre de ses partenaires de gauche" rapporte "Le Monde" indiquant par là que F Hollande vs 2017 se comporte déjà comme le candidat... de droite. Reste à savoir qui va s'occuper de récupérer les orphelins de gauche.

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Déchéance de nationalité : pour Valls, une partie de la gauche « s’égare au nom de grandes valeurs » 

Le Monde, le 27 Décembre 2015 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 27 Décembre 2015 
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La décision de maintenir la déchéance de nationalité dans le projet de loi constitutionnelle voulu par François Hollande risque de laisser des traces durables à gauche.



De nombreux responsables politiques, à commencer par la ministre de la justice Christiane Taubira, ont été surpris de découvrir que cette mesure - l’extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés en France - avait été sauvée à la dernière minute.
la menace de nouveaux attentats qui se manifeste « quotidiennement »
Dans un entretien au Journal du dimanche, le premier ministre Manuel Valls justifie à nouveau cette décision et s’en prend à ceux, dans son propre camp, qui l’ont ouvertement critiquée. « La détermination est totale, nous irons jusqu’au bout », dit-il. « Que ceux qui critiquent cette décision se rendent compte », ajoute-t-il, en référence à la menace de nouveaux attentats qui se manifeste « quotidiennement » :
« Une partie de la gauche s’égare au nom de grandes valeurs en oubliant le contexte, notre état de guerre, et le discours du président devant le Congrès. »
une mesure totalement inefficace, car les terroristes n’en ont rien à faire
Parmi ceux qui ont critiqué cette mesure, Anne Hidalgo, la maire de Paris, Cécile Duflot, pour qui « l’impudicité » de la formule du premier ministre « dit tout de la gravité de ce qui se passe », ou Martine Aubry, la maire de Lille, pour qui elle représente « une rupture d’égalité » et sera « totalement inefficace, car les terroristes n’en ont rien à faire ».
remise en cause du droit du sol
« C’est tout simplement inacceptable comme réforme », confiait au Monde Olivier Faure, député de Seine-et-Marne et porte-parole du PS. « C’est une mesure inefficace contre le terrorisme, ça n’a donc qu’une valeur symbolique et le symbole qui est derrière, c’est la remise en cause du droit du sol », ajoutait François Lamy, député de l’Essonne et conseiller de Martine Aubry, qui votera contre. L’ancien leader écologiste Daniel Cohn-Bendit n’a pas hésité à parler d’« une erreur morale, une faute terrible ».
une « transhumance politique et intellectuelle qui déboussole
Dimanche, deux nouveaux opposants ont fait entendre leurs voix dans le JDD :
L’ex-ministre Benoît Hamon, qui évoque une « transhumance politique et intellectuelle qui déboussole ».
L’ex-député socialiste Julien Dray qui « ne [s]’explique pas la décision du président » tout en estimant que « cette mesure [lui] semble ouvrir une polémique et des divisions inutiles dans le moment actuel ».
« On va avoir tous les indignés habituels… »

Le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis est resté plutôt silencieux lors de ce vigoureux débat interne. C’est Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, qui a été dépêché pour faire le service après-vente sur les plateaux. Il se voulait « confiant » sur le vote de la mesure, balayant les hésitations : « On va avoir tous les indignés habituels… »

Le Lab a diffusé un document, envoyé par le groupe PS à l’Assemblée nationale, présenté comme un argumentaire pour « resituer le contexte et la portée des mesures » contestées. On peut notamment y lire, à propos de l’extension de la déchéance de nationalité :
« La communauté nationale est ouverte à ceux qui adhèrent à ses valeurs. Ceux qui les rejettent violemment s’en excluent d’eux-mêmes »[…] Par ailleurs, dans tous les cas, la déchéance n’est pas dépourvue d’effets concrets en privant l’intéressé des droits qui s’attachent à la qualité de Français : notamment droits politiques et accès à certaines fonctions. »
M. Hollande va devoir faire les comptes et espérer que la droite collabore
La réforme constitutionnelle sera examinée début février à l’Assemblée. Pour qu’elle soit votée par une majorité des trois cinquièmes du Parlement, M. Hollande va devoir faire les comptes et espérer que la droite collabore. Car le chef de l’Etat risque de perdre le soutien d’une bonne partie de sa majorité et il n’a pas grand-chose à attendre de ses partenaires de gauche.
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