jeudi 17 décembre 2015

France: d'une scission des Républicains entre un camp PS-compatible et un camp FN-compatible

E171215

20:20 - Après les régionales,
"les Républicains continuent de se déchirer autour de l’attitude à adopter face au FN avec un camp (PS-compatible, ndlr) plus tourné vers les questions économiques et un autre camp (FN-compatible, ndlr) qui met en avant les problématiques d’immigration et d'identité" rapporte "Le Monde".

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Cinq clés pour comprendre les déchirements stratégiques des Républicains face au FN 

Par Samuel Laurent pour Le Monde, le 17 Décembre 2015 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 17 Décembre 2015 
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La page des élections régionales est à peine tournée que Les Républicains se replongent dans leurs divisions.
  • Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy, président du mouvement, tient ses positions, et ne veut rien changer à la doctrine en place depuis 2010, celle du « ni-ni ». 
Les Républicains continuent donc de se déchirer autour de l’attitude à adopter face au FN
Les Républicains, que M. Sarkozy rêvait en mouvement uni derrière son chef après des années de profondes divisions, continuent donc de se déchirer autour de l’attitude à adopter face au FN. Le parti doit avoir, en janvier, une grande explication de texte sur sa ligne. Mais, évidemment, la primaire prévue pour 2016 est au cœur des enjeux et des postures. Voici quelques clés pour mieux comprendre.
1. Qu’est-ce que le « Front républicain » et qui sont ses partisans ?
 si le FN est présent dans une triangulaire, le moins bien placé entre gauche et droite doit se retirer 
Face au FN, la droite républicaine a adopté plusieurs types de posture : à la fin des années 1980, des personnalités du Rassemblement pour la République (RPR) n’excluaient pas alliances ou accords avec le parti de Jean-Marie Le Pen. Mais lorsque celui-ci enregistre des succès électoraux, après 1995, les choses changent.

Lors des régionales de 1998, le FN se retrouve en position d’arbitre dans plusieurs régions. La droite, Union pour la démocratie française (UDF, centristes) et RPR, doit faire un choix : accepter des alliances et conserver la tête de la région, ou refuser de s’allier avec le FN, quitte à en perdre. C’est la ligne de Jacques Chirac, qui ira jusqu’à exclure du parti ceux qui, comme Charles Millon en Rhône-Alpes, passeront outre.

En 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen accède au second tour de la présidentielle, Jacques Chirac est triomphalement réélu, grâce à un front républicain : les électeurs de gauche votent nombreux pour lui, contre le FN. Cette posture prévaudra dans la plupart des élections entre 2002 et 2007, jusqu’à devenir une règle pour les seconds tours : si le FN est présent dans une triangulaire, le moins bien placé entre gauche et droite doit se retirer et appeler à voter pour le candidat républicain.

Cette posture est celle d’une droite chiraquienne, d’Alain Juppé à Dominique de Villepin, en passant par M. Raffarin. Elle n’est pas celle que choisit d’incarner M. Sarkozy dans sa conquête du pouvoir.
 
2. Quels changements a imposés Nicolas Sarkozy ?
parler à l’électorat du FN pour qu’il se détourne de M. Le Pen
De 2002 à 2007, M. Sarkozy construit son parcours par des ruptures : discours choc sur l’insécurité, l’immigration, l’islam, mais aussi attaques contre le chiraquisme, avec lequel il prend ses distances, jusqu’à rompre les ponts avant la présidentielle. En creux, M. Sarkozy a une stratégie : parler à l’électorat du FN pour qu’il se détourne de M. Le Pen.
stratégie de « droitisation » en grande partie imaginée par Patrick Buisson
En 2007, la stratégie fonctionne : M. Sarkozy recueille 31,18 % des voix au premier tour, Jean-Marie Le Pen 10,44 %. Les voix FN ont bien été « siphonnées » par le candidat de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), et nombreux sont ceux qui vantent les mérites de cette stratégie de « droitisation », en grande partie imaginée par Patrick Buisson, très influent conseiller de M. Sarkozy, venu de l’extrême droite.

Avec M. Sarkozy au pouvoir une nouvelle génération, qui ne vient pas du chiraquisme, et incarne cette « droite décomplexée », qui refuse la « dictature de la bien-pensance » et veut « dire les choses » : Eric Ciotti, M. Estrosi, M. Wauquiez, Brice Hortefeux…

3. Qu’est-ce que le « ni-ni » ?
 En cas de triangulaire avec la gauche et le FN, le candidat de droite se maintient. S’il est éliminé et qu’il y a un duel gauche-FN, il n’appelle pas à voter à gauche.
Avec la crise économique qui éclate en 2008, M. Sarkozy, en difficulté sur plusieurs plans, renforce encore sa ligne droitière, qui culmine lors du fameux discours de Grenoble, où il évoque la déchéance de nationalité pour les assassins de policiers, ou critique violemment les Roms. Avec toujours la même idée : ne pas laisser s’échapper vers le FN l’électorat qu’il avait capté en 2007.

Lors des cantonales de 2011, après un certain flottement, c’est une nouvelle rupture : M. Sarkozy demande à son parti d’adopter le « ni-ni », c’est-à-dire aucune voix au FN ou au Parti socialiste (PS). En cas de triangulaire avec la gauche et le FN, le candidat de droite se maintient, même s’il est le moins bien placé. S’il est éliminé et qu’il y a un duel gauche-FN, il n’appelle pas à voter à gauche.

Cette position plaît alors à l’électorat de droite. L’UMP la justifie en dénonçant les « alliances » entre PS et Front de gauche, décrié par la droite comme un parti extrême au même titre que le FN.

4. Comment la droite a-t-elle évolué après 2012 ? 
un camp plus tourné vers les questions économiques (PS compatible) et un autre qui met en avant les problématiques d’immigration et d’identité (FN compatible) 
La présidentielle de 2012 voit M. Sarkozy continuer sur la même ligne, à droite toute, avec pour but premier d’attirer à lui un électorat FN. Au premier tour, Marine Le Pen réalise ce qui est, jusqu’aux régionales de 2015, le meilleur score en voix de son parti, avec plus de six millions de bulletins au premier tour. M. Sarkozy chute au second tour. Beaucoup y verront un échec de la ligne Buisson, mais l’intéressé dira au contraire qu’il n’a manqué que quelques semaines pour que cette stratégie porte ses fruits.

Toujours est-il que, en son absence, la lutte pour la présidence de l’UMP entre un camp Copé et un camp Fillon recoupe en partie le clivage entre ex-tenants du front républicain (plutôt chez Fillon) et partisans du « ni-ni » (plutôt chez Copé). Et, au-delà, entre un camp plus tourné vers les questions économiques et un autre qui met en avant les problématiques d’immigration et d’identité.

La pertinence du « ni-ni » est aujourd’hui d’autant plus questionnée que le FN a fait émerger un nouveau concept dans le monde politique, celui du tripartisme. Mais M. Sarkozy reste sur sa position. L’éviction de Mme Kosciusko-Morizet de ses fonctions de numéro deux du parti au profit de M. Wauquiez, qui, conseillé par M. Buisson, a remporté la région Auvergne-Rhône-Alpes après une campagne à droite toute, est à cet égard symbolique.

5. La droite pourrait-elle gouverner avec la gauche ?
Une proposition aussitôt saluée par M. Valls mais l’hypothèse reste bien loin de se concrétiser
La droite subit une « triangulation » de la gauche : après les attentats de janvier et de novembre, François Hollande et M. Valls multiplient les lois et les mesures sécuritaires, quitte à reprendre des propositions émises par la droite. Sur le plan économique également, la ligne social-libérale d’Emmanuel Macron, si elle rencontre de fortes oppositions dans son propre camp, est difficile à contrer par Les Républicains.

Emerge désormais une autre question, posée par certaines figures issues du centrisme, comme M. Raffarin : faudrait-il que gauche et droite travaillent ensemble face au FN ? Mercredi 16 décembre, l’ancien premier ministre a invité sa famille politique à travailler avec la gauche à la lutte contre le chômage. Une proposition aussitôt saluée par M. Valls.

L’hypothèse reste bien loin de se concrétiser. Mais elle marque une nouvelle étape dans cette fracture quant à l’attitude à tenir face au FN, qui divise Les Républicains depuis cinq ans. 
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