vendredi 20 novembre 2015

Santé: armes chimiques et bactériologiques, des menaces réelles mais extrêmement limitées

C201115

12:15 -
"Pour l’état-major, aucune alerte n’est à signaler et à part le sulfate d’atropine contre le gaz sarin distribué en grande quantité aux SAMU pour la COP21, aucune mesure particulière prévue contre une attaque au gaz moutarde ou au chlore, ni contre la maladie du charbon, le bacille de la peste, ou le virus de la variole" selon Le Monde.

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Le risque d’attaques chimiques, « réel mais très faible »

Par Angela Bolis, Nathalie Guibert et Nicolas Chapuis pour Le Monde, le 20 Novembre 2015 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 20 Novembre 2015 
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Au risque d’ajouter au climat d’anxiété qui règne depuis les attentats du 13 novembre, le premier ministre Manuel Valls a évoqué, jeudi 19 novembre au détour du discours sur la prolongation de l’état d’urgence à l’Assemblée nationale, le spectre d’une attaque terroriste chimique ou biologique. « Nous sommes en guerre », a-t-il souligné, évoquant de nouveaux « modes opératoires, façons de frapper, de tuer »
  Il ne faut aujourd’hui rien exclure
« Il ne faut aujourd’hui rien exclure et je le dis avec toutes les précautions qui s’imposent, mais nous le savons et nous l’avons à l’esprit, il peut y avoir aussi le risque d’armes chimiques et bactériologiques. »
  aucune nouvelle information sur l’état de la menace
Matignon a assuré au Monde que ces propos ne faisaient suite à aucune « nouvelle information sur l’état de la menace, juste à un constat réaliste ». 
« Les spécialistes du Proche-Orient savent que Daech cherche et utilise des armes chimiques. Ne pas envisager cette hypothèse serait une faute », a précisé Matignon.
Pour l’état-major, aucune alerte n’est à signaler
Pour l’état-major, aucune alerte n’est à signaler et aucune mesure particulière prévue. Mais, note-t-on au ministère de la défense, « certains tabous étant tombés » avec les derniers attentats – premiers kamikazes, dont une femme, en France – « tout est possible ».
un risque « extrêmement limité », sans « indice » particulier
Interrogé au JT de France 2, M. Valls a de nouveau précisé ses propos jeudi soir, évoquant un risque « extrêmement limité », sans « indice » particulier.
approvisionner en grande quantité les SAMU en sulfate d’atropine
Hasard du calendrier, le risque a été rappelé le 15 novembre, lors de la publication d’un arrêté qui permet à la pharmacie centrale des armées d’approvisionner en grande quantité les SAMU en sulfate d’atropine – et ce en vue de la COP21, la grande conférence des Nations unies sur le climat à Paris.
le gaz sarin, utilisé comme arme chimique sur le théâtre syrien
Ce produit jusque-là réservé aux militaires est un remède contre les neurotoxiques de la famille des organophosporés, dont fait partie le gaz sarin, utilisé comme arme chimique sur le théâtre syrien.

Le sarin – un gaz inodore, incolore et très volatil, considéré depuis 1991 par les Nations unies comme une arme de destruction massive – attaque le système nerveux après inhalation ou simple contact. Il cause, notamment, des vomissements, diarrhées, convulsions musculaires, douleurs aux yeux et à la tête, paralysie, et peut provoquer un arrêt respiratoire en quelques minutes si la dose est importante.
  l’Etat islamique (EI) possède, au moins, du gaz moutarde
Parmi les armes prohibées, on sait que l’Etat islamique (EI) possède, au moins, du gaz moutarde. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé son usage le 21 août à Marea, dans le nord de la Syrie. Selon des militants sur place, plus de cinquante obus de mortier avaient été lancés ce jour-là sur la ville par l’EI.

Ce gaz, également nommé Ypérite, provoque de sévères brûlures chimiques et des détresses respiratoires, et tue lorsqu’il est utilisé en très grande quantité. C’est la substance qu’a utilisé le régime de Sadam Hussein en 1988 contre les Kurdes du nord de l’Irak, lors du massacre de Halabja en 1988, qui a fait environ 5 000 morts.

En Irak, les peshmergas kurdes ont aussi accusé l’EI à plusieurs reprises – en décembre 2014, en mars, en août – d’attaques avec des obus chimiques. Depuis 2013, le stock d’armes chimiques du régime syrien « a été détruit à 98 % », notait Ahmet Üzümcü, le directeur général de l’OIAC, en avril. Mais « compte tenu de la propension des terroristes à exploiter les vulnérabilités du système global de sécurité, la menace des armes chimiques doit être une préoccupation pour tous les Etats ».

Au plan international, les armes chimiques ont été interdites aux lendemains de la première guerre mondiale, première « guerre chimique », lors du protocole de Genève de 1925. Une interdiction renforcée en 1993 par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, que l’OIAC est chargé de faire respecter.
  la menace d’utilisation d’armes chimiques est réelle, mais elle reste très faible
Pour Olivier Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), « la menace » d’utilisation d’armes chimiques sur des territoires extérieurs à la Syrie et à l’Irak « est réelle, mais elle reste très faible, compte tenu des barrières techniques et logistiques pour détenir ces produits en grande quantité, et pour les déplacer sur des milliers de kilomètres ».
Toutefois, selon M. Lepick, « ce serait tout à fait dans la ligne de terreur de Daesh [l’EI] de s’intéresser à ce type d’armes qui, même en cas d’attentat raté, a un impact psychologique énorme ».
Une attaque au chlore reste plus aisée à mener
Une attaque au chlore, peu mortelle mais pouvant causer de nombreux blessés, reste en tout cas plus aisée à mener. Les gaz de chlore, des toxiques respiratoires, sont « des produits chimiques industriels très communs », relève Patrice Binder, ancien médecin général inspecteur du service de santé des armées.
Du côté des risques biologiques, « des agents pathogènes, comme celui de la maladie du charbon [responsable de cinq morts après l’envoi d’enveloppes contaminées en septembre 2011 aux Etats-Unis], le bacille de la peste, ou le virus de la variole, sont très surveillés. Mais ils pourraient, avec surtout d’autres agents plus accessibles, être aussi à leur portée », estime-t-il.
La menace a été intégrée au plan Vigipirate
La menace a été intégrée au plan Vigipirate après les attentats au sarin dans le métro de Tokyo en 1995. Le dispositif « Piratox », comprend des volets prévention, urgence et judiciaire face à une attaque chimique, et « Biotox », est dédié au biologique.

Ces plans s’appuient notamment sur « un réseau de laboratoires spécialisés en microbiologie et chimie, qui s’entraîne une fois par an sur ce type de risques, et peut être mobilisé en cas d’alerte », ajoute le médecin général Binder, qui a présidé le comité scientifique du réseau national des laboratoires Biotox-Piratox depuis sa création, en 2004 jusqu’en 2014.

Hasard du calendrier encore, un Comité national consultatif pour la biosécurité (CNCB), qui sera chargé de donner des avis scientifiques sur les risques de certaines recherches en microbiologie, doit être officiellement installé par le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale la semaine prochaine. 
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