mardi 17 novembre 2015

Russie: grande coalition contre l'EI, "Vladimir Poutine jubile"

A171115

06:55 -
"Vladimir Poutine jubile. Sa ligne politique, estime-t-il, est confortée puisque même François Hollande (répétant Obama) a annoncé qu’il souhaitait parvenir à « une grande et unique coalition » contre l’EI en Syrie, jugée « indispensable » par le chef du Kremlin" rapporte Le Monde.
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Poutine revendique « la grande coalition » contre l’EI prônée par Hollande 

Par Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) pour Le Monde, le 16 Novembre 2015 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 16 Novembre 2015 
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Vladimir Poutine jubile. Sa ligne politique, estime-t-il, est confortée.
 « une grande et unique coalition » contre l’EI en Syrie, jugée « indispensable » par le chef du Kremlin.
Devant le Congrès réuni à Versailles, lundi 16 novembre, trois jours après les attentats revendiqués par l’Etat islamique (EI) qui ont ensanglanté Paris, François Hollande a annoncé qu’il souhaitait parvenir à « une grande et unique coalition » contre l’EI en Syrie, jugée « indispensable » par le chef du Kremlin. Au même moment, ou presque, le président russe, qui s’exprimait à l’issue du sommet du G20 à Antalya, en Turquie, revendiquait en effet devant la presse la paternité de l’initiative : 
« J’en ai parlé lors de la session de l’ONU consacrée à ses 70 ans. J’ai parlé exactement de cela et les événements tragiques qui ont suivi [à Paris] ont confirmé que nous avions eu raison. »
Je rencontrerai dans les prochains jours le président Obama et le président Poutine pour unir nos forces
Tandis que la télévision russe Rossia 24 diffusait son intervention, François Hollande est apparu dans une incrustation de l’écran, en direct de Versailles, comme en écho aux propos de M. Poutine. 
« Je rencontrerai dans les prochains jours le président Obama et le président Poutine pour unir nos forces et atteindre un résultat qui pour l’instant est encore renvoyé à trop longtemps », a annoncé le chef de l’Etat français.
« Est-ce que cela a protégé Paris contre l’attentat terroriste ? Non. »
« La France faisait partie des pays qui ont adopté une position très dure envers le sort du président Al-Assad personnellement. Nous avons entendu tout le temps de nos amis français que le règlement de la question du départ du président Assad devait être une condition préalable pour des changements politiques », commentait pour sa part M. Poutine, assénant dans la foulée : 
« Est-ce que cela a protégé Paris contre l’attentat terroriste ? Non. »
 l’inflexion du président français a été soulignée à Moscou
Le principe d’une rencontre bilatérale est acquis, sans précision de date ou de lieu toutefois pour l’instant. Et, bien que les divergences persistent, notamment sur les cibles des raids aériens russes et le sort du dirigeant syrien qui restent un obstacle pour les Etats-Unis, l’Europe et des pays du Golfe, l’inflexion du président français a été soulignée à Moscou.
Considérée comme une « amie » de la Russie par ses dirigeants, Marine Le Pen y a apporté sa contribution en saluant elle-même dans un communiqué « l’évolution de nos rapports diplomatiques ». Dans le même esprit, mais avec plus de réserves, le tête-à-tête entre Vladimir Poutine et Barack Obama a été maintes fois cité.
 le président russe a cherché à pousser plus loin son avantage
A Antalya, le président russe a cherché à pousser plus loin son avantage. Alors qu’il avait été accueilli froidement par les dirigeants du G20, il y a un an encore, lors du précédent sommet en novembre 2014, cette fois les images de ses multiples rencontres bilatérales, notamment avec le roi d’Arabie saoudite, ont été largement diffusées.
 « Il est vraiment difficile de nous critiquer »
« J’ai donné des exemples, basés sur nos renseignements, du financement de l’Etat islamique par des individus, a souligné le président russe. Nous avons établi que ce financement provient de 40 pays, y compris, parmi eux, de certains pays membres du G20. » « J’ai aussi montré à nos partenaires de nombreuses photos satellites qui montrent très clairement l’ampleur du trafic illégal de pétrole [de l’EI], a-t-il poursuivi. Nous voyons des colonnes de véhicules de ravitaillement s’étirant sur des dizaines de kilomètres. »
« Il est vraiment difficile de nous critiquer »
Ils ont peur de nous donner des informations
A contrario, a-t-il fait valoir, ces « informations » ne sont pas partagées par les Occidentaux depuis le début des frappes aériennes russes, le 30 septembre. 
« Ils ont peur de nous donner des informations sur les territoires que nous ne devons pas frapper, par crainte qu’ils ne deviennent l’endroit exact de nos futures frappes et que nous allons les trahir. Il est évident que ce point de vue est basé sur leur propre conception de la décence humaine », a ironisé le chef du Kremlin.
Mais, « il est vraiment difficile de nous critiquer », a-t-il souligné, en assurant que « le contact » avec l’opposition syrienne « sur le terrain » avait été établi.

A Moscou, toutefois, le vice-ministre des affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a rencontré lundi Kadri Djamil, qui représente le Front populaire pour le changement et la libération, l’une des composantes de l’opposition syrienne tolérée par Damas. La « grande coalition » a encore des étapes à franchir.
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