mardi 10 novembre 2015

Irlande: l'hyper compétitivité du néo-libéralisme déchainé dans l'industrie de la pêche

A101115

09:40 -
"L'activité de la pêche en Irlande utilise de façon très large une main d'œuvre étrangère exploitée de telle façon que le situation est proche de l'esclavage" rapporte Le Figaro citant une enquête du Guardian.

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Des chalutiers irlandais exploitent des migrants quasi esclaves

Par Patrick Bèle pour Le Figaro, le 10 Novembre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 10 Novembre 2015


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Une grande enquête du Guardian montre comment l'activité de la pêche en Irlande utilise de façon très large une main d'œuvre étrangère exploitée de telle façon que le situation est proche de l'esclavage.
  Les salariés touchent la moitié du salaire minimum irlandais
Les témoignages recueillis par The Guardian sont à la fois accablants et anonymes. Une longue enquête du journal anglais a remonté les filières de recrutement à travers le monde pour fournir de la main d'œuvre plus que bon marché aux chalutiers irlandais. Et le constat est terrifiant. Les salariés touchent la moitié du salaire minimum irlandais.
  des filières de recrutements totalement illégales dans le monde entier
Les conditions de travail ne respectent aucune des normes en vigueur en Irlande. Et surtout, les employeurs utilisent des filières de recrutements totalement illégales dans le monde entier.
Le journal précise que tous ses témoignages ont été recueillis sous le couvert de l'anonymat tant les salariés concernés craignent des représailles de la part de ce qui apparaît comme de véritables réseaux mafieux.
une faille dans la législation internationale
Ses filières utilisent une faille dans la législation internationale. Celle-ci permet le séjour de 48 heures d'un employé d'un bateau qui doit opérer dans les eaux internationales sans permis de travail du pays de passage mais juste un contrat avec un armateur. Ainsi des propriétaires de chalutiers irlandais ont pu recruter à travers le monde des marins sous contrat non conforme à la législation du travail anglaise.
  la moitié du salaire perçu pour le même travail par les Irlandais
Abraham Okoh, ghanéen, raconte dans les colonnes du Guardian comment il a été recruté à Accra, la capitale du Ghana. On lui a promis un contrat sur un bateau de pêche irlandais. Il devait se rendre à l'aéroport d'Heathrow à Londres puis prendre le bus pour se rendre au port d'attache de son bateau d'affectation. Et là, Abraham se rend compte que les conditions de travail réelles ne sont pas conformes à ce qu'on lui a présenté lors de la signature du contrat. «On nous faisait travailler continuellement. J'ai passé parfois 48 heures à travailler sans dormir». Aux escales, il n'a pas le droit de descendre du navire. Il ne dispose d'aucun jour de repos. Et il se rend compte qu'il ne touche que la moitié du salaire perçu pour le même travail par les Irlandais.

Demi Omol témoigne aussi dans les colonnes du Guardian sur ses conditions de recrutement et de travail. Il est Philippin. «À Manille, je travaillais comme chauffeur de tricycle. Je gagnais 3 euros par jour». Alors il a rapidement accepté de venir travailler sur un chalutier irlandais. Mais arrivé sur place il a vite déchanté et s'est rendu compte de l'illégalité du contrat qui le liait à son employeur, notamment la dette que ce dernier lui réclamait pour son voyage des Philippines à l'Angleterre.

L'International Transport Federation a donné l'alerte en 2008 sur ces pratiques non conformes aux droits internationaux. Elle alertait sur le fait que le gouvernement irlandais préférait «fermer les yeux» sur ces pratiques peu compatibles avec le droit.
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