samedi 21 novembre 2015

France: « Daech, Daech, on t’encule ! », les Français résistent au "bien-penser"

C211115

08:45 -
"A Nice, le stade tout entier, avant le match Nice-Lyon, préfère scander un message plus vigoureux que la Marseillaise du bien-penser : « Daech, Daech, on t’encule ! » La fête n’est déjà plus une réponse à la peur" rapporte Le Monde.

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Hier soir, les hommages aux victimes ont peiné à mobiliser 

Par Annick Cojean et Raphaëlle Bacqué pour Le Monde, le 21 Novembre 2015 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 21 Novembre 2015 
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La fête ne se fait pas sur un mot d’ordre. Aussi généreux et aussi enthousiaste soit-il. Et les artistes et personnalités qui, ce vendredi 20 novembre, avaient appelé les Français à occuper les rues, les places, les cafés, pour faire entendre la musique tant haïe par les islamistes, n’ont pas réussi à mobiliser les foules comme ils l’auraient souhaité. 
la fête, non, on n’a pas le cœur à ça
Trop tôt, disaient les Parisiens qui, pourtant, avaient fait l’effort de se rendre dans les quartiers visés lors des attaques. 
« Trop tôt pour rire, trop tôt pour danser. On est debout, on veut le montrer. Mais la fête, fût-elle comme un message adressé aux barbares, non, on n’a pas le cœur à ça. »
peu de jeunes étaient au rendez-vous
Le Bataclan était bouclé, bien sûr. Cerné de bâches immenses, de barrières métalliques et de cars de police. Mais, de l’autre côté de la rue, des jeunes gens du collectif #maindanslamain expriment leur volonté de « sursaut », leur souci de « résistance ». Ils rêvaient d’un bel élan et de photos d’union, de fêtes, prises dans toute la France à 21 h 20 précises, pour rappeler l’horreur de la semaine passée. Les réseaux sociaux, disaient-ils, vibraient de cette envie de braver la peur, de faire une chaîne de solidarité, et de narguer les terroristes. Les télévisions leur tendaient un micro. Mais peu de jeunes étaient au rendez-vous.
Il a attendu un peu, beaucoup. Ils ne sont pas venus
Jack Lang était à leur côté. « Ils m’ont appelé, bien sûr que j’ai dit oui ! Théâtres, salles de concert, cafés… tous ces lieux doivent revivre ! Le terrorisme n’influencera en aucune façon notre mode de vie. » L’ancien ministre de la culture espérait que des artistes se joignent au petit groupe. Il a attendu un peu, beaucoup. Ils ne sont pas venus. Alors, les télévisions l’ont sollicité à l’excès. Comme le public. « On est une civilisation du partage, de la fête, de la liberté. » Oui, oui, tout ça ! applaudissaient les anonymes. Et le patron de l’Apérock, à côté de la salle de concert, traversait la rue pour apporter sur un plateau une dizaine de bières. « Allez ! Paris est une fête ! »
La fête, non. Impossible. Pas encore.
Sans doute. En tout cas, on faisait comme si. On riait un peu, on trinquait en se forçant. On criait « Ils ne changeront pas la France. » 
  • Et à 21 h 20, on a entonné une Marseillaise. Un peu fausse. Un peu bancale. 
  • Une Tunisienne a clamé son amour pour la France où étudient ses enfants. « C’est la ville des lumières. Ce n’est pas la ville du sang. » 
  • Une Camerounaise a loué un pays où l’on « est bien soigné quelle que soit sa nationalité ». 
  • « Debout ! Paris reste debout ! », a crié un homme à l’accent espagnol. 
Et puis, autour d’un piano un peu désaccordé, quelques personnes se sont regroupées pour chanter. Il y a même eu L’Internationale. Faute d’imagination. Sans conviction. La fête, non. Impossible. Pas encore.
la foule est clairsemée
Devant Le Carillon et Le Petit Cambodge, où une quinzaine de personnes ont été tuées et presque autant ont été blessées le 13 novembre, la masse de fleurs et de bougies est imposante, mais la foule est aussi clairsemée. Sur la porte du Carillon, la famille Amokrane, propriétaire de l’hôtel-restaurant depuis les années 1970, a collé un long message manuscrit à destination des familles et proches des victimes et à tous ceux « chers amis et habitués qui faites depuis quarante ans l’âme de ce lieu ».
  le désert économique. C’est ça qu’il faut changer en priorité si on veut faire bouger les choses
Un jeune homme se recueille debout, immobile, l’air absent. Il habite dans le quartier, mais travaille dans l’Essonne : 
« Là-bas, je vois ces cités complètement isolées, coupées du monde. Aucune entreprise ne va s’y installer, c’est le désert économique. C’est ça qu’il faut changer en priorité si on veut faire bouger les choses. » 
A quelques rues, au Comptoir Voltaire, où une semaine plus tôt Brahim Abdeslam s’est fait exploser en terrasse, blessant une quinzaine de personnes, des voitures s’arrêtent devant les fleurs : « Il y a eu aussi un attentat là ? » Place de la République, des centaines de jeunes gens se tiennent chaud en formant une chaîne humaine.
est-ce le mauvais temps ou la peur qui limitent les hommages ? 
Manuel Valls a publié un message sur son compte Twitter
« Ce soir, fidèle à lui-même, le peuple de Paris est en terrasse et ne cède pas #Parisestunefête. » 
Mais est-ce le mauvais temps ou la peur qui limitent les hommages ? A Notre-Dame, seuls quelques militaires montent la garde. La place de l’Hôtel de Ville est déserte, cernée de barrières pour empêcher tout rassemblement. Alors, on s’arrange comme on peut.
 désaffection de la moitié du public habituel
Au Théâtre de la Ville, la première d’Odipus der Tyrann, d’Hölderlin, mis en scène par Romeo Castellucci, débute par une minute de silence, comme la plupart des spectacles, qui continuent de jouer malgré la désaffection de la moitié du public habituel.

Dans les principales villes de France, on retrouve les mêmes fleurs et les mêmes bougies, place Kléber à Strasbourg, « sur la Comédie » à Montpellier, place Bellecour à Lyon. A Montauban, quelque 300 personnes se tiennent devant la préfecture, au « carrefour des Martyrs », sous des bourrasques de pluie, dans le vent qui éteint les bougies et abîme les fleurs. Le mauvais temps a pourtant raison de la plupart des bonnes volontés.
La fête n’est déjà plus une réponse à la peur
Quand on résiste à la pluie glacée, on chante beaucoup. Du Piaf, du Lennon, La Marseillaise, bien sûr, qui désormais rassemble toutes les générations… sauf en Corse, où les Bastiais ont annoncé qu’ils entonneraient plutôt le Dio vi salvi Regina, l’hymne insulaire. Nathalie Ianetta, la conseillère « sport » du président de la République s’en émeut. « O amis corses, je vous aime, vous le savez, comme j’aime le Dio Vi salvi, tweete-t-elle. Mais pourquoi ne pas chanter La Marseillaise ? Pourquoi ? » A Nice, le stade tout entier, avant le match Nice-Lyon, préfère scander un message plus vigoureux : « Daech, Daech, on t’encule ! » La fête n’est déjà plus une réponse à la peur.
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