samedi 17 octobre 2015

USA: 90% des frappes par les drones US tuent des civils "non ciblés"

C171015

11:40 -
"90% des personnes tuées n'étent pas des personnes visées, les frappes de drones ne seraient pas aussi efficaces que les autorités US l'affirment. Cette manière de désigner toutes les victimes masculines comme des combattants, sauf preuve du contraire, est «folle»" rapporte Le Figaro citant The Intercept.

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Les drones américains provoquent de nombreuses pertes civiles

Le Figaro, le 17 Octobre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 17 Octobre 2015


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Sur une période de cinq mois, ces armes téléguidées auraient même raté 90% de leurs cibles en Afghanistan et au Yémen, selon le site d'investigation américain The Intercept qui a mis la main sur des documents classés.
 Les frappes de drones ne seraient pas aussi efficaces que les autorités l'affirment
Les frappes de drones ne seraient pas aussi efficaces que les autorités l'affirment. Si l'on en croit les révélations du site d'information américain The Intercept, les pertes civiles liées aux frappes de drones américaines, visant des extrémistes sur plusieurs terrains d'opérations, sont sous-estimées par l'administration américaine.
  90% des personnes tuées n'étaient pas des personnes visées
Dans un dossier intitulé «La machine à tuer», le site fondé par le créateur de eBay publie une série de documents secrets, qui lui ont été remis par un professionnel du renseignement américain. Ces documents montrent, entre autres, que lors de l'opération Haymaker, dans le nord-est de l'Afghanistan entre janvier 2012 et février 2013, les frappes de drones des forces spéciales américaines ont tué plus de 200 personnes, dont seulement 35 étaient les cibles visées. Sur une sous-période de cinq mois, pendant cette opération, 90% des personnes tuées n'étaient pas des personnes visées, selon The Intercept.
 Cette manière de désigner toutes les victimes masculines comme des combattants est «folle»

Les documents montrent aussi que les militaires américains ont rangé ces victimes dans leurs statistiques comme des «ennemis tués au combat». Cette manière de désigner toutes les victimes masculines comme des combattants, sauf preuve du contraire, est «folle», selon le professionnel du renseignement cité par The Intercept.
  tous ceux qui aident et soutiennent ces programmes n'ont pas de problème avec ça
«Mais nous nous sommes habitués à cela. Les agences de renseignement, le JSOC (forces spéciales américaines procédant aux frappes), la CIA (qui effectue aussi des frappes de drones), et tous ceux qui aident et soutiennent ces programmes, ils n'ont pas de problème avec ça», ajoute la source. 
Interrogé cette semaine sur l'enquête de The Intercept, le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, a estimé que le président Obama tentait d'être «aussi transparent que possible sur les opérations antiterroristes» dans le monde.
  ces opérations vont très loin pour éviter les victimes civiles
«Et le fait que ces opérations vont très loin pour éviter les victimes civiles», a-t-il ajouté, «c'est un contraste assez saisissant avec des organisations comme les talibans qui, clairement, mènent des opérations contre des civils innocents, dans une stratégie coordonnée pour fomenter la violence et les troubles».
«cartes de base-ball» créées par les professionnels du renseignement
Dans son enquête foisonnante, The Intercept détaille également les rouages du processus de décision de la machine bureaucratique, avant une élimination par drone. Le site présente ainsi les «cartes de base-ball» créées par les professionnels du renseignement, sur le modèle des cartes que s'échangent les passionnés de sport sur leurs joueurs préférés.
  le processus d'autorisation par le président prend en moyenne 58 jours
Un portrait de la cible, la menace qu'elle représente pour les Etats-Unis, ses liens avec d'autres extrémistes, tout est cela combiné à des renseignements opérationnels dans un dossier qui voyagera jusqu'au bureau du président Obama, pour qu'il donne son feu vert à la frappe. Une fois lancé, le processus d'autorisation par le président prend en moyenne 58 jours, selon le document cité par The Intercept. Le feu vert est ensuite valable pour 60 jours.
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