mercredi 21 octobre 2015

UE: crise des réfugiés, "si cela continue, le système s'effondrera"

F211015

15:50 -
"La plupart des demandeurs d’asile évitent les postes-frontières officiels saturés et se débattent dans le froid et la pluie.« Si cela continue, tout ce que nous avons fait n’aura servi à rien et le système s’effondrera »"explique au Monde un responsable de haut rang de l'UE.

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L’Europe sous pression face à un nouvel afflux de réfugiés dans les Balkans

Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et Benoît Vitkine pour Le Monde, le 21 Octobre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 21 Octobre 2015


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L’Europe n’en a pas fini avec la crise des réfugiés. La crainte d’une fermeture de toutes les frontières européennes, un temps calme sur la mer Egée, ainsi que, selon les Nations unies, l’offensive de l’armée syrienne, appuyée par l’Iran et par la Russie, contribuent à un nouvel afflux. D’après l’ONU, environ 35 000 personnes ont fui notamment la région d’Alep ces derniers jours.
  depuis le début de l’année, plus de 500 000 sont arrivés en Grèce
Du 16 au 18 octobre, près de 28 000 personnes sont arrivées sur les côtes grecques, souligne l’Organisation internationale pour les migrations. Sur les 643 000 migrants qui ont rejoint le territoire de l’UE par la mer depuis le début de l’année, plus de 500 000 sont arrivés en Grèce, selon des chiffres publiés mardi 20 octobre par l’ONU. C’est plus que lors du pic de l’été, qui avait forcé les Etats européens à prendre des premières mesures.
 Sur la route des Balkans, la situation s’est encore compliquée
Sur la route des Balkans, empruntée par les réfugiés qui veulent gagner l’Autriche, la Suède et, surtout, l’Allemagne, la situation s’est encore compliquée. La fermeture par la Hongrie de sa frontière avec la Croatie, le 16 octobre, un mois après celle de la frontière avec la Serbie, a provoqué un effet domino similaire à celui observé durant l’été.
 La plupart des demandeurs d’asile évitaient les postes-frontières officiels
La Slovénie est désormais en première ligne. Selon un communiqué du gouvernement, le pays a accueilli 19 500 personnes depuis vendredi – dont 5 % de malades. La plupart des demandeurs d’asile évitaient les postes-frontières officiels saturés et se débattaient dans le froid et la pluie.
  Les pouvoirs d’intervention de l’armée ont été accrus
Les autorités slovènes, qui en appellent au soutien de l’UE, affirmaient, mardi soir, avoir la situation « sous contrôle » et démentaient la fermeture de leur frontière, même si le ministre de l’intérieur l’avait évoquée. Les pouvoirs d’intervention de l’armée, actuellement limités à une assistance logistique, ont été accrus. Le premier ministre centriste, Miro Cerar, a assuré que « cela ne signifie pas un état d’urgence ».
Mais, a-t-il souligné, « il est illusoire d’attendre d’un pays de 2 millions d’habitants qu’il puisse arrêter, gérer et résoudre ce que des pays beaucoup plus grands n’ont pas réussi à faire ».
ouverture d’une route partant de la Grèce vers les côtes dalmates
Au moins 12 100 migrants se trouveraient dans le même temps en Serbie, et 10 000 en Macédoine. Une nouvelle perspective se dessine : l’ouverture d’une route partant de la Grèce vers les côtes dalmates, via l’Albanie et le Monténégro.
 La situation inquiète fortement les responsables européens
La situation inquiète fortement les responsables européens à peine remis de leurs discussions houleuses sur le partage de 160 000 réfugiés et espérant, au moins, le soutien de la Turquie. Des négociations sont en cours pour éviter que cette dernière ne laisse partir vers l’Union « ses » 2 millions de réfugiés syriens en échange d’une aide de 3 milliards d’euros, de la promesse d’une reprise des négociations d’adhésion et d’une libéralisation des visas pour certains citoyens. 
Les autorités de l’Union tentent aussi d’amener Ankara à accepter des accords de réadmission. La clause d’un accord de 2013 conclu avec Bruxelles et visant au renvoi à la Turquie de ressortissants non turcs devrait s’appliquer avant la date prévue (2017) et des accords semblables, conclus entre la Turquie et la Grèce, ainsi qu’entre la Turquie et la Bulgarie, devraient enfin produire leurs effets.
l’espoir de la Commission européenne
C’est du moins l’espoir de la Commission européenne. Qui en a un autre : que les plans de répartition de réfugiés qu’elle a difficilement fait accepter fonctionnent. Or, aujourd’hui, un élément clé du dispositif est remis en question : les « hot spots ».
  Si cela continue, le système s’effondrera
Ces centres d’enregistrement et d’identification sont confrontés aux réticences des réfugiés. « Si cela continue, tout ce que nous avons fait n’aura servi à rien et le système s’effondrera », explique au Monde un responsable de haut rang. 
Destinés à aider les pays dits « de première ligne », les « hot spots » centralisent l’action de diverses agences européennes (Frontex, Eurojust, Europol, Bureau d’asile) et sont censés accélérer les procédures d’asile. L’un d’eux fonctionne à Lampedusa, en Italie, l’autre à Mytilène, en Grèce. Trois autres centres doivent ouvrir en Italie, quatre en Grèce.
  de très nombreux demandeurs refusent de se soumettre aux procédures
Problème : en Grèce, où ont désormais lieu la plupart des arrivées, de très nombreux demandeurs refusent de se soumettre aux procédures conduisant à l’obtention du statut de réfugié. Ils redoutent de devoir rester dans ce pays ou d’être relocalisés dans un Etat où ils ne veulent pas se rendre. Le Luxembourg, par exemple, peine à trouver la… cinquantaine de réfugiés qu’il a accepté d’héberger.
 Ils préfèrent donc tenter leur chance en embarquant pour le Pirée
L’immense majorité des Syriens, Erythréens ou Irakiens veut se rendre en Allemagne ou en Suède. Ils sont conscients que, de toute façon, seulement 70 000 d’entre eux feront l’objet d’une répartition, alors qu’ils sont sept fois plus à avoir accosté sur les côtes helléniques. Ils préfèrent donc tenter leur chance en embarquant pour le Pirée depuis les îles grecques, puis en empruntant la route des Balkans. 
Leur refus de demander la protection internationale empêche l’accord politique conclu entre les Etats d’être appliqué et rend illusoire toute idée d’un mécanisme permanent de relocalisation.
  Il faut leur faire passer le message que...
« Il faut leur faire passer le message que, grâce à la relocalisation, ils pourront recommencer une nouvelle vie et que c’est seulement par le biais d’une demande d’asile qu’ils y parviendront », explique le ministre luxembourgeois Jean Asselborn, actuel président du conseil des affaires étrangères.
 ils préfèrent tenter d’obtenir ces droits dans le pays de leur choix
De nombreux réfugiés savent toutefois qu’ils seront privés des droits liés à leur statut (logement décent, éducation pour leurs enfants, aides sociales…) s’ils refusent le pays qui leur est désigné. Mais ils préfèrent tenter d’obtenir ces droits dans le pays de leur choix. A condition, désormais, d’y arriver.
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« La chambre basse du Congrès des Etats-Unis a adopté le mardi 25 juillet à une quasi-unanimité de nouvelles sanctions contre la Russie...