lundi 14 septembre 2015

UE: crise migratoire, c'est (encore) la faute aux Grecs.

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21:30 -
"Athènes, toujours sous perfusion financière et encore privée de gouvernement, a baissé les bras. C'est le point de départ de la «route des Balkans» et l'origine des soucis désormais communs d'Angela Merkel et de Viktor Orban" rapporte Le Figaro.

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Les migrants font voler en éclats l'espace Schengen

Par Jean-Jacques Mevel pour Le Figaro, le 14 Septembre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 14 Septembre 2015


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Réunis à Bruxelles, les ministres de l'Intérieur de l'UE se sont penchés sur le contrôle effectif des frontières extérieures.
 faire un tri systématique entre migrants et demandeurs d'asile
La fusée de détresse tirée par l'Allemagne est loin d'avoir ressoudé l'équipage européen, mais elle force déjà le navire à changer de cap. L'UE s'est décidée hier à traiter le problème des réfugiés en amont: faire un tri systématique entre migrants et demandeurs d'asile dès qu'ils mettent le pied sur le Vieux Continent - en Grèce surtout -, plutôt que se déchirer sur la répartition future d'un contingent de réfugiés à chaque heure plus déconnecté de la réalité.
Avant de s'intéresser aux destinations finales, il s'agit de filtrer
Six jours après que Jean-Claude Juncker a demandé à 25 des 28 pays de l'UE de se répartir 160.000 réfugiés, les ministres de l'Intérieur ont inversé la priorité. Avant de s'intéresser aux destinations finales, il s'agit de filtrer ceux qui arrivent aujourd'hui et de régler le sort de ceux qui errent déjà à l'intérieur de l'«espace» Schengen. «Un contrôle effectif de la frontière (extérieure de l'UE) est l'impératif de la gestion migratoire», insiste le texte discuté lundi Bruxelles.
L'Allemagne a rétabli des contrôles  sans bloquer ceux qui cherchent l'asile 
Après la monnaie commune, l'UE voit menacé son autre grand chantier d'intégration. L'Allemagne, débordée peut-être mais sûrement résolue, fait monter les enchères. Elle a rétabli des contrôles aux frontières - principalement avec l'Autriche - mais sans bloquer le flot de ceux qui cherchent l'asile en terre germanique.
  sans elle, il n'y a pas de libre circulation en Europe
Puissance centrale, elle fait comprendre que sans elle, il n'y a pas de libre circulation en Europe. Pour preuve, l'Autriche et la Slovaquie ont dû embrayer lundi. La Pologne, les Pays-Bas, la Belgique et même la France y songent, avec plus ou moins de rigueur. La Hongrie a basculé depuis longtemps. Ces mesures «exceptionnelles» et «temporaires» sont permises par le code de Schengen. L'effet domino crève pourtant les yeux.
 Pour Berlin et Paris, la clef se trouve  dans la mise en place des hotspots
Pour Berlin et Paris, la clef du dilemme se trouve désormais dans la mise en place effective de guichets d'entrée obligatoires (hotspots) en Grèce, au sud de l'Italie, ainsi qu'en Hongrie pour ceux qui sont passés à travers. Bernard Cazeneuve et l'Allemand Thomas de Maizière ont enfoncé ce clou lors d'un aparté avec leurs trois homologues grec, italien et hongrois.
 des «camps» dans lesquels viendraient s'entasser les laissés-pour-compte
L'idée n'est pas nouvelle, mais peine à se concrétiser. En Italie, les deux tiers des nouveaux arrivants seraient désormais enregistrés et identifiés, avec prise d'empreintes, d'après des statistiques officieuses. Budapest refuse tout hotspot, parce qu'elle craint plus que d'autres d'avoir sur les bras des «camps» dans lesquels viendraient s'entasser les laissés-pour-compte.
 Le vrai point noir reste la Grèce
Le vrai point noir reste la Grèce. Ses îles, proches de la côte turque, ont vu débarquer plus de 200.000 personnes cette année, le double de ce que recueille désormais l'Italie. La plupart sont des vrais demandeurs d'asile, venus directement de Syrie ou après avoir transité par les camps surpeuplés du Liban, de Turquie et de Jordanie. C'est un trou béant.
 Athènes a baissé les bras
Athènes, toujours sous perfusion financière et encore privée de gouvernement, a baissé les bras. C'est le point de départ de la «route des Balkans» et l'origine des soucis désormais communs d'Angela Merkel et de Viktor Orban. La commission Juncker promet d'y installer un guichet d'entrée «dès que possible», mais sans avancer ni de chiffre, ni de date.

«Les défis posés à la Grèce sont ceux de toute l'Europe» et sur ce front, les ministres de l'Intérieur ont sonné lundi la mobilisation. Il est question d'y «déployer sans délai des équipes d'intervention de Frontex». L'UE veut aider le pays à étoffer ses capacités d'accueil, à renforcer son système d'asile et à muscler la surveillance de l'archipel.
«Les ressources financières adéquates devront être apportées», avertit le texte soumis à l'approbation des ministres. En droit, le dernier mot restera à Athènes. La question d'une vraie garde frontalière européenne n'est pas officiellement soulevée. Mais l'Europe en approche.
La nouvelle urgence des Vingt-Huit a relégué au second plan les «quotas» contraignants et le contingent de 160.000 réfugiés poussé par la Commission Juncker et le Parlement européen, avec un soutien appuyé d'Angela Merkel et de François Hollande, au début du mois en tout cas. La Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque et la Pologne ne veulent toujours pas en entendre parler. Elles y voient une atteinte à leur souveraineté. Le chiffre, mais pas l'obligation, devait apparaître hier soir dans le texte final des Vingt-Huit. Mais comme un engagement «politique», autrement dit un chantier suspendu.

La seule promesse ferme porte sur la relocalisation de 40.000 réfugiés en deux ans, déjà faite en juin, lors d'un sommet européen mouvementé.
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