dimanche 27 septembre 2015

Santé: les produits gras font envie mais ne contenant pas de protéine, la faim revient... comme une drogue

E270915

13:40 -
"Les produits gras font envie mais ne contenant pas de protéine, ils ne rassasient pas et nous condamnent à manger plus donc on mange mal, on prend du poids, la fatigue se ressent et la faim revient... comme une drogue" rapporte Le Figaro citant une étude publiée le 21 septembre sur le site de la revue scientifique Heliyon.

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Pourquoi aimons-nous manger gras ? 
Par Ophélie Ostermann pour Le Figaro, le 27 Septembre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 27 Septembre 2015


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Des chercheurs américains ont voulu comprendre notre attirance pour la nourriture riche en graisses saturées et pourquoi nous avons autant de mal à contrôler notre consommation. Décryptage.
ces fringales se produisent rarement avec les choux de Bruxelles
Attablée à un restaurant à découvrir le menu, voilà que vos yeux échangent le pavé de saumon légumes vapeur pour le cheeseburger supplément frites. Ou bien c'est Jules qui, en fin d'apéritif, termine le paquet de chips ou le fond du pot de rillettes alors qu'il n'a plus faim. Force est de constater que ces fringales se produisent rarement avec les choux de Bruxelles.
  « l’obésité hédoniste », cette façon de surconsommer du gras
Il est temps de se poser les bonnes questions : pourquoi le gras attire tant ? Et pourquoi est-il si difficile d'en réguler la consommation une fois que l'on a le nez dedans ? Des chercheurs américains se sont penchés sur la question de « l’obésité hédoniste », cette façon de surconsommer du gras. Leur étude a été publiée le 21 septembre sur le site de la revue scientifique Heliyon.
 une bonne partie du mécanisme s'explique au niveau du cerveau
Cette expérience nous apprend qu'une bonne partie du mécanisme s'explique au niveau du cerveau. Sur des rats de laboratoire, les chercheurs ont analysé les mécanismes de l’insuline, l’hormone qui régule le glucose et les acides gras de notre organisme.
  se suralimenter avec des aliments riches en graisse plutôt que de la nourriture saine
En retirant les protéines responsables du passage des signaux de l’insuline, le processus de satiété dans le cerveau des rats est perturbé. Ils se sont alors aperçu que l'organisme est poussé à se suralimenter et de préférence avec des aliments riches en graisse plutôt que de la nourriture saine. En clair, un joli cercle vicieux qui touche aussi les humains.
  Les produits gras ne contenant pas de protéine, ils ne rassasient pas et nous condamnent à manger plus
C'est pour cette raison qu'une heure et demie après un dîner copieux au fast-food, nous pourrions aisément en avaler un second. La médecin nutritionniste et psychosomaticienne Nina Cohen-Koubi l'explique : « Les produits gras font envie parce qu'ils sont onctueux pour notre palais. Mais ne contenant pas de protéine, ils ne rassasient pas et nous condamnent à manger plus. » Sans oublier que le sucre des sauces et les desserts qui accompagnent la junk-food stimulent rapidement l'appétit en augmentant notre glycémie.
  les gras et les sucres industrialisés, aisément garnis d'additifs agissent sur le cerveau comme une drogue
Bien sûr, tous les gras ne sont pas à bannir. Ceux que l'on appelle acide gras essentiels portent bien leur nom et sont indispensables à l'organisme. Les omega 3 et 6 (que le corps ne fabrique pas) sont présents dans l'alimentation, et plus particulièrement dans les poissons gras, les oléagineux, et les huiles végétales. « Ils maintiennent notre équilibre nutritionnel et jouent un rôle essentiel au niveau du cerveau et de la peau » ajoute Nina Cohen-Koubi. En clair, on équilibre et on bannit les gras et les sucres industrialisés, aisément garnis d'additifs qui agissent sur le cerveau comme une drogue.
  on évite de déjeuner rapidement devant son ordinateur
Hormis les aliments qui ne rassasient pas, la durée du repas joue également sur le processus de satiété. En moyenne, ce mécanisme intervient seulement au bout de trente minutes. Mais prendre conscience que l'on va se nourrir - via le regard et l'odorat par exemple - est également indispensable. Pour cela, on évite, dans la mesure du possible, de déjeuner rapidement devant son ordinateur ou chez soi devant son écran de télévision, sinon le cerveau n'envoie pas les bons signaux et nous mangeons davantage pour nous sentir rassasié.
 « comfort food », cette cuisine doudou qui fait du bien quand le moral est en berne
Faux amis, on prend pourtant un malin plaisir à grignoter des sucreries et à embrasser la malbouffe. Pas étonnant quand on sait que cette nourriture est appelée « comfort food », cette cuisine doudou qui fait du bien quand le moral est en berne. En avril 2014, des chercheurs du CNRS Paris Diderot soulignaient que cette nourriture riche en triglycérides et lipides, agissait comme une drogue dure dans notre cerveau, en activant les circuits de la récompense et de l’accoutumance.
  l'effet stimulant de la chips sur le système de récompense
Un an auparavant en 2013, lors du 245è Congrès annuel de l’American Chemical Society (ACS), les travaux de l'allemand Tobias Hoch abordaient également l'effet stimulant de la chips sur le système de récompense.
On mange mal, donc on prend du poids. Alors, la fatigue se ressent et la faim revient 
Plaisir ephémère, on mange pour aller bien mais dans notre corps l'effet inverse se produit : « On mange mal, donc on prend du poids et nos cellules grossissent, ce qui fait diminuer le nombre de récepteurs à insuline dans le cerveau. Alors, la fatigue se ressent et la faim revient » conclut la nutritionniste.
 en France, l'obésité est plus que jamais un problème de santé publique
Un vrai cercle vicieux on vous dit. Si après cette étude l'envie d'une tartine de Nutella vous revient, sachez qu'en France, l'obésité est plus que jamais un problème de santé publique. Aujourd'hui, un français sur dix est obèse, contre un sur vingt il y a vingt ans (1).

(1) Chiffres OCDE, juillet 2014.
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