lundi 28 septembre 2015

France: Syrie/Assad, Paris de plus en plus isolée sur la scène diplomatique internationale

D280915

14:40 -
"Alors que la France jugeait « impossible » de mettre autour de la même table « Assad et les opposants et que l’objectif prôné par Paris demeure toujours le départ de Bachar Al-Assad, le président Rohani [acteur majeur en Syrie, ndlr] a clairement fait comprendre que la priorité était ailleurs et qu’aujourd’hui tout le monde a accepté que le président Assad devait rester [au pouvoir] afin de combattre les terroristes »" rapporte Le Monde.

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Paris revendique sa place sur le front de Syrie

Par Yves-Michel Riols et Bastien Bonnefous (New York, envoyés spéciaux) pour Le Monde, le 28 Septembre 2015 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 28 Septembre 2015
 

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C’est une opération qui tombe à point nommé. L’annonce des premières frappes aériennes françaises en Syrie, dimanche 27 septembre, ne doit rien au hasard.
  retour en force de la Russie sur le devant de la scène diplomatique
Elles sont intervenues à la veille de l’ouverture, lundi, à New York, de l’Assemblée générale de l’ONU, qui sera dominée par le retour en force de la Russie sur le devant de la scène diplomatique à la faveur de l’aggravation de la crise syrienne.
 Poutine, monopolise l’attention
Alors que le président russe, Vladimir Poutine, monopolise l’attention depuis le renforcement de la présence militaire de Moscou, la France a voulu signifier qu’elle compte aussi peser et jouer sa partition dans les tractations en cours sur l’avenir de la Syrie.
  montrer la volonté française d’agir en Syrie
Le calendrier des frappes n’est pas « fortuit », souligne un proche du président Hollande. « C’est le moment d’envoyer un message et de montrer la volonté française d’agir en Syrie », poursuit cet interlocuteur.
 l’aviation française avait frappé un camp qui menaçait « la sécurité de notre pays »
Quelques heures après l’annonce de cette opération, François Hollande a précisé, dimanche, au siège de l’ONU, que l’aviation française avait frappé un camp d’entraînement de l’Etat islamique (EI) proche de Deir ez-Zor, dans l’est de la Syrie, qui menaçait « la sécurité de notre pays ».
 Ce raid a « atteint son objectif » en détruisant la « totalité du camp »
Cette intervention, conduite par sept avions dont cinq Rafale, visait à « protéger notre territoire », a indiqué M. Hollande. Ce raid a « atteint son objectif » en détruisant la « totalité du camp » d’entraînement, a-t-il affirmé, en ajoutant que « d’autres frappes pourraient avoir lieu dans les prochaines semaines si nécessaire ».
 la campagne vise également des cibles à Rakka, le fief de l’EI en Syrie
Selon des informations du Monde, l’opération a été lancée en fin de semaine, et la campagne, comme l’a indiqué le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, vise également des cibles à Rakka, le fief de l’EI en Syrie.
  en 2014, la France avait alors refusé d’y participer
François Hollande avait posé les jalons de cette opération, le 7 septembre, en dévoilant que la France comptait mener des frappes en Syrie, alors qu’elle ne participait jusque-là qu’aux raids contre l’EI en Irak, dans le cadre de la coalition internationale mise en place en septembre 2014 sous l’égide des Etats-Unis. Lorsque le président américain, Barack Obama, avait annoncé en 2014, lors de la dernière Assemblée générale de l’ONU, que Washington avait décidé d’étendre les frappes de la coalition à la Syrie, la France avait alors refusé d’y participer, estimant que de telles actions ne conduisent, in fine, qu’à renforcer le pouvoir du dirigeant syrien, Bachar Al-Assad.
prévenir un certain nombre d’actes qui pourraient être commis dans notre pays
Si la France s’y associe désormais, a expliqué dimanche M. Hollande, c’est pour mener « des actions militaires ciblées qui doivent à chaque fois nous permettre de prévenir un certain nombre d’actes qui pourraient être commis dans notre pays ».
  l’objectif prôné par Paris demeure  le même : le départ de Bachar Al-Assad.
C’est donc au nom de la « légitime défense » que la France a consenti à infléchir sa position. « On ne fait pas une révolution copernicienne, on prend acte d’une situation », décrypte un diplomate, en soulignant que l’objectif prôné par Paris demeure toujours le même : le départ de Bachar Al-Assad.
  « impossible » de mettre autour de la même table Assad et les opposants
Dans la foulée de l’annonce des frappes françaises en Syrie, François Hollande s’est entretenu pendant une demi-heure avec son homologue iranien, Hassan Rohani, dont le pays est, avec la Russie, le principal parrain du régime syrien. L’atmosphère était cordiale, mais chacun a campé sur ses positions. Le président Hollande a souligné à son hôte que l’Iran pourrait jouer un rôle de « facilitateur » dans la crise syrienne, tout en rappelant que la France jugeait « impossible » de mettre autour de la même table « Assad et les opposants qui se battent contre lui ».
  Rohani a clairement fait comprendre que la priorité de l’Iran était ailleurs
En fin de journée, le président Rohani a clairement fait comprendre que la priorité de l’Iran était ailleurs. « Je pense qu’aujourd’hui tout le monde a accepté que le président Assad devait rester [au pouvoir] afin de combattre les terroristes », a-t-il déclaré sur CNN.
 notre premier objectif est de combattre les terroristes
« En Syrie, notre premier objectif est de combattre les terroristes et de les défaire, et nous n’avons pas d’autre solution que de renforcer l’autorité centrale et le gouvernement comme les principaux centres de pouvoir », a-t-il insisté.
  Poutine affirme vouloir une action collective contre les terroristes
C’est aussi le message que compte adresser, lundi, le président russe à la tribune de l’ONU. A la veille de son intervention, la chaîne américaine CBS a diffusé, dimanche soir, un entretien réalisé quelques jours plus tôt avec M. Poutine dans lequel il affirme vouloir mettre en place une « plate-forme commune pour une action collective contre les terroristes » de l’EI.
  cellule de coordination du renseignement sur l’EI entre la Russie, l’Iran, la Syrie et l’Irak
Les prémices d’un tel projet ont été dévoilées, dimanche, avec l’annonce par les autorités irakiennes de la création d’une cellule de coordination du renseignement sur l’EI entre la Russie, l’Iran, la Syrie et l’Irak.
 un camouflet pour Obama car Bagdad n’a pas prévenu Washington
C’est un camouflet pour le président Obama, car Bagdad n’a visiblement pas prévenu Washington, qui a aussitôt déploré cette initiative. « Si la Russie veut s’appuyer sur Bachar pour lutter contre l’EI, ce n’est pas notre analyse », a, pour sa part, constaté un diplomate français.
  Poutine  a qualifié le pouvoir de M. Assad de « légitime »
Dans cet entretien à CBS, M. Poutine n’a d’ailleurs pas dit un mot sur un processus politique en Syrie et a qualifié le pouvoir de M. Assad de « légitime ».
 rencontre avec Obama, lundi à New York... pas grand-chose à attendre
S’il s’en tient à cette position lors de sa rencontre avec Barack Obama, lundi à New York, il n’y a pas grand-chose à attendre d’un échange dont serait exclu le principal obstacle mis en avant par les Occidentaux à un règlement du conflit : le sort du président syrien.
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