mercredi 16 septembre 2015

France: les réfugiés dénichent 100 000 logements vacants cachés aux SDF et autres mal-logés français

H160915

10:30 -
"Le Monde a pris connaissance d’une proposition globale incluant 20 000 places de logement vacantes utilisables sous six mois en plus des 77 650 logements HLM vacants... Et si la mobilisation pour les réfugiés permettait enfin de mettre à niveau la politique d’hébergement d’urgence ?" s'interroge Le Monde.

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La France dispose des ressources pour loger les migrants 

Par Maryline Baumard et Isabelle Rey-Lefebvre  pour Le Monde, le 16 Septembre 2015 

Titre et Inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 16 Septembre 2015 
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Elysée, Matignon, Beauvau… La mobilisation s’organise au sommet de l’Etat depuis l’annonce par le président de la République, le 7 septembre, de l’accueil de 30 000 migrants d’ici deux ans – soit 24 000 migrants en plus des engagements antérieurs.
  20 000 places de logement vacantes utilisables sous six mois
Alors que les propositions d’hébergement et de logement arrivent par unité ou par dizaines, Le Monde a pris connaissance d’une proposition globale incluant 20 000 places de logement vacantes utilisables sous six mois. Adoma, ex-Sonacotra, qui gère 12 000 places d’accueil des demandeurs d’asile, a, à la demande de l’Etat, recensé les ressources disponibles et découvert ce gisement dans des immeubles lui appartenant.
  nous pouvons disposer rapidement de cette nouvelle capacité d’accueil
Selon le document, l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) dispose de 7 500 places inoccupées, le ministère de la défense de 8 000 places et Adoma (ou sa maison mère, la Société nationale immobilière, SNI) de 5 000 places. « Moyennant des travaux que nous évaluons entre 20 et 40 millions d’euros, nous pouvons disposer rapidement de cette nouvelle capacité d’accueil », confirme Jean-Paul Clément, le directeur général d’Adoma, qui a mobilisé une équipe de dix personnes sur ce chantier. « Cela coûte moins cher que des nuits d’hôtel, pour lesquelles l’Etat débourse chaque année plus de 400 millions d’euros pour un accueil de piètre qualité ».


77 650 logements HLM vacants

L’AFPA dispose d’un parc de chambres destinées aux apprentis ou stagiaires en formation, notoirement sous-occupées, voire vacantes. C’est le cas à Loudun, dans la Vienne, qui accueille depuis septembre des familles venues entre autres de Syrie. A Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), une centaine de places peuvent être aménagées pour 150 000 euros. Parmi les ressources SNI, un immeuble de Chevilly-Larue (Val-de-Marne) promis à la démolition sera conservé et aménagé. Dans le 12e arrondissement de Paris, un site qui devait fermer restera finalement ouvert jusqu’en 2019.
Ce serait stupide de ne pas utiliser ces logements
Outre ce gisement inespéré, d’autres acteurs se mobilisent. Ainsi, Marie-Arlette Carlotti, présidente du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, propose, elle, les 77 650 logements HLM vacants depuis plus de trois mois. La fédération des offices publics HLM estimait dans une étude publiée en novembre 2014 qu’entre 10 % et 20 % de son parc situé dans des zones « détendues » était inoccupé et méritait d’être démoli ; soit 9 000 à 16 000 logements par an ! C’est le cas dans l’Orne, l’Allier ou le Jura. « Ce serait stupide de ne pas utiliser ces logements », juge Jean-Paul Clément, d’autant que les loyers de ces appartements, autour de 4 euros le mètre carré mensuel, sont très accessibles.
Le défi de loger 30 000 personnes de façon durable est à portée de main
Le défi de loger 30 000 personnes de façon durable est donc à portée de main. Reste à le faire accepter par les maires concernés. A l’heure actuelle, seuls 49 départements disposent d’une structure pour les demandeurs d’asile. Quelques grandes villes ont réussi à s’exonérer encore d’une participation à cette mission. Nommé par Bernard Cazeneuve pour coordonner l’accueil des réfugiés, le préfet Kléber Arhoul aura pour mission de convaincre plus largement, en respectant la décision des élus, comme le ministre de l’intérieur s’y est engagé.

Les hébergements et logements déjà mobilisés par certaines municipalités volontaires constituent une autre source importante. Samedi, quelque 600 maires de tous bords politiques se sont réunis autour de Bernard Cazeneuve pour mieux comprendre leur place dans un dispositif qui reste du ressort de l’Etat et comment se partagent les rôles.
Les propositions des particuliers sont louables mais peu réalistes 
A ces offres de maires s’ajoute une mobilisation de la société civile. De nombreux élus ont ainsi fait état d’offres d’hébergement par des particuliers. Reste que cet élan de générosité, qui peut arriver en complément d’une offre de l’Etat ou des collectivités, n’est pas toujours facile à gérer au sein d’un dispositif global de grande ampleur : « Les propositions des particuliers d’ouvrir leur maison aux migrants sont louables mais peu réalistes, juge Florent Gueguen, directeur de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars). Il faut un accompagnement social dans la durée. »
  ce qu’on espère faire pour les migrants, on espère le faire aussi pour nos compatriotes
Si le gouvernement a comme urgence première de tenir sa promesse, il doit aussi répondre à la concurrence des précarités en train de naître. Le 12 septembre, le maire (SE) d’Ermenonville (Oise), Alain Petrement, a rappelé, en écho à d’autres maires, que « ce qu’on espère faire pour les migrants, on espère le faire aussi pour nos compatriotes ».
  il ne faut pas délaisser les sans-abri et les personnes précaires au profit des réfugiés
« Attention à la concurrence des publics, alerte Florent Gueguen, il ne faut pas délaisser les sans-abri et les personnes précaires au profit des réfugiés, surtout à l’approche de l’hiver pour lequel un nouveau plan doit être préparé dès maintenant. »
Et si la mobilisation pour les réfugiés permettait de mettre à niveau la politique d’hébergement d’urgence ?
Le premier ministre, Manuel Valls, lui a répondu que les nouvelles aides aux réfugiés annoncées par le gouvernement ne se feront pas au détriment des sans-abri. « C’est un engagement que je prends : l’Etat doit être au rendez-vous, la France doit être au rendez-vous, a-t-il martelé, et c’est l’occasion pour nous d’aller plus vite sur les conditions d’hébergement et d’existence pour ceux qui ont le droit à ces conditions d’hébergement et d’existence. » Et si, en effet, la mobilisation pour les réfugiés permettait enfin de mettre à niveau la politique d’hébergement d’urgence ?

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