samedi 5 septembre 2015

France: accueil des migrants, "Lyon n'est pas une ville humaniste".

M050915

21:00 -
"Lorsqu’un parapluie s’ouvre au milieu de la grande place Bellecour, c’est effectivement le signal pour ceux qui ne croyaient plus à la manifestation, faute de participants. « Je pensais que Lyon était une ville humaniste et qu’elle se serait mieux mobilisée », estime Virginie, 36 ans, venue de Villeurbanne avec son bébé et citée par Le Monde.

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« Pas envie de voir d’un côté des riches, de l’autre ceux qui crèvent » 

Par Par Richard Schittly (Lyon, correspondant) pour Le Monde, le 5 Septembre 2015 
Inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 5 Septembre 2015 
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Moins d’une centaine de personnes se sont rassemblées, en fin d’après-midi à Lyon, samedi 5 septembre, pour signifier leur soutien aux migrants.
 La faible participation déçoit profondément les militants dans des associations humanitaires
La faible participation déçoit profondément les présents, dont beaucoup sont militants dans des associations humanitaires. L’appel est passé par des réseaux sociaux, sans être
déclaré officiellement à la préfecture.
« un petit coin de parapluie pour un coin de paradis. »
Isabelle Moulin, 50 ans, a eu l’idée de réactiver « le concept des parapluies » pour fédérer les volontaires. Au début des années 2000, une campagne de sensibilisation pour Forum réfugiés, principal organisme d’accueil de migrants à Lyon, avait utilisé des parapluies blancs avec ce slogan adressé aux populations en détresse : « un petit coin de parapluie pour un coin de paradis. »
  Je pensais que Lyon était une ville humaniste
Lorsqu’un parapluie s’ouvre au milieu de la grande place Bellecour, c’est effectivement le signal pour ceux qui ne croyaient plus à la manifestation, faute de participants. « Je pensais que Lyon était une ville humaniste et qu’elle se serait mieux mobilisée », estime Virginie, 36 ans, venue de Villeurbanne avec son bébé. « Je ne comprends pas qu’on ne puisse rien faire, on a les moyens d’organiser de l’accueil dans les communes, les villages. »
 Il faut pousser les responsables politiques
La seule prise de parole publique est celle d’Olivier Brachet, 67 ans, ancien directeur de Forum réfugiés, élu démissionnaire de la municipalité de Gérard Collomb, qui appelle à un rendez-vous le 14 septembre prochain, date d’une réunion européenne sur la question des migrations.
« Il faut pousser les responsables politiques, les inciter à une répartition des populations entre les pays européens, en France, il faut que l’effort d’accueil soit partagé, tous les départements devraient être concernés. »
  Je serais prêt à accueillir chez moi s’il le faut
« On peut accueillir pleins de personnes dans différents endroits », est persuadée Maud Dreano, 39 ans, une bretonne arrivée à Lyon depuis trois ans, qui porte un parapluie avec des # suivis de mots-clés : dignité, réfugiés. « Je serais prêt à accueillir chez moi s’il le faut, les Français sont frileux sur la politique de l’immigration, c’est la première fois qu’un tel mouvement se produit en Europe, il est indispensable de réagir », dit Marc Dinguirard, 67 ans, habitant de Lyon 3, écharpe blanche autour du cou.
 ouvrir les frontières c’est la boîte de Pandore
« Hollande a raison de pousser au niveau européen mais ouvrir les frontières c’est la boîte de Pandore, on va accorder des droits d’asile mais les autres ? Les Français sont contre en majorité et la peur de l’islam qui s’ajoute et se mélange à tout ça, c’est compliqué », analyse Jean Costil, 73 ans, ancien président de la Cimade à Lyon.
  choqué par les images de murs et de grillages qui fleurissent sur le sol européen
Dans l’assistance à la moyenne d’âge élevée, Georges, 67 ans, se dit choqué par les images de murs et de grillages qui fleurissent sur le sol européen. « Avant c’était les régimes communistes qui faisaient ça », dit cet ingénieur à la retraite, retiré à Caluire.
Les gens ont peur de perdre quelque chose en aidant des migrants
A ses côtés, Marion, 35 ans, est venue par des messages sur Facebook. « Il faut que l’on montre que des gens sont prêts à se bouger. J’ai pas envie de voir d’un côté des riches, de l’autre ceux qui crèvent. Les gens ont peur de perdre quelque chose en aidant des migrants », estime la jeune femme. « Ce qu’on risque, c’est perdre notre âme », glisse un voisin, en référence à la formule de l’ancien maire de Lyon Michel Noir, contre le Front national.

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