mercredi 23 septembre 2015

Corse: crise des déchets, de nombreuses communes interdisent les ramassages d'ordures.

M230915

21:45 -
"Face à l'arrêt de l'ensemble des centres d'enfouissement de l'île, de nombreuses communes ont annulé les ramassages d'ordures. Le maire d'Ajaccio, comme d'autres communes, a pris un arrêté interdisant leur dépôt dans la rue" rapporte Le Figaro.

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En Corse, le ramassage des ordures stoppé sur fond de crise des déchets

Par Blandine Le Cain pour Le Figaro, le 23 Septembre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 23 Septembre 2015


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Les centres d'enfouissement des déchets ont été bloqués un à un ces dernières semaines, pour protester contre l'absence de solution dans la gestion des déchets depuis la fermeture d'un des plus gros sites de l'île. À Ajaccio, les habitants et commerçants sont appelés à conserver leurs ordures ménagères.
  les quatre centres d'enfouissement de l'île sont à l'arrêt depuis mercredi après-midi
La situation pourrait vite devenir difficile en Corse: les quatre centres d'enfouissement de l'île sont à l'arrêt depuis mercredi après-midi. Le problème dure depuis juin mais a pris une tournure particulière depuis que l'extension d'un des sites actuellement fermé a finalement été écartée et que les communes ayant reçu le surplus de déchets ont décidé de bloquer leurs centres, trop sollicités.
 Il devait initialement accueillir une usine d'incinération
L'origine de la situation remonte à la fin du mois de juin. Le centre d'enfouissement de Tallone, qui accueillait 80.000 tonnes de déchets annuels, soit près de la moitié des ordures produites en Corse, a fermé. Le site était arrivé à saturation. Il devait initialement accueillir une usine d'incinération permettant de faire face à une plus grande quantité de déchets, mais le permis de construire accordé au porteur du projet a été annulé par le tribunal administratif de Bastia, saisi par une association au titre de la loi sur le littoral.
Ségolène Royal s'engage à proposer  un amendement qui permettrait l'extension du site...
Dans l'attente d'une solution, le préfet de Haute-Corse et l'organisme public chargé de la gestion des déchets en Corse, le Syvadec, ont décidé de répartir les quantités normalement traitées à Tallone vers les trois autres centres: Prunelli-di-Fiumorbu pour la Haute-Corse; Vico et Viggianello pour la Corse-du-Sud. La situation semble pouvoir se régler: la ministre de l'Écologie Ségolène Royal s'engage en juillet, avant de confirmer cette position en août, à proposer dans le cadre d'un texte législatif sur l'environnement un amendement qui permettrait l'extension du site.
... Mais aucun amendement n'est déposé
Mais aucun amendement n'est déposé, bien que le projet de loi auquel il devait être associé ait poursuivi son chemin législatif.
 notre centre recevait 100 tonnes par jour. Aujourd'hui, on est à 400 tonnes
En parallèle, les déchets affluent vers les trois centres d'enfouissement au rendement augmenté. «Avant, notre centre recevait 100 tonnes par jour. Aujourd'hui, on est à 400 tonnes par jour», détaille auprès du Figaro Pierre Siméon de Buochberg, maire de Prunelli-di-Fiumorbu. «À ce rythme, on le ferme dans trois ans», affirme le maire. Les sites d'enfouissement ont en effet une durée de vie qui n'est pas liée au temps mais à la masse de déchets traités. Celui de Prunelli-di-Fiumorbu, ouvert il y a un an et demi, est prévu pour accueillir 430.000 tonnes sur dix ans, dépassant déjà largement les seules déchets du bassin communal. 
Un autre désagrément renforce l'agacement: les mauvaises odeurs. «En temps normal, nous avons 23 jours de pollution olfactive. Aujourd'hui, on est à un jour sur deux.»  
Une situation jugée inacceptable par les habitants 
Une situation jugée inacceptable par les habitants et élus de Vico, autre lieu recevant des déchets. Le 16 septembre, réunis au sein d'un collectif, ils décident de bloquer l'accès au centre d'enfouissement. Le groupe demande notamment l'arrêt des pollutions olfactives, le respect d'un engagement de 2009 sur une utilisation «limitée aux communes de la micro région», pointant l'usage de ces structures rurales par les grandes villes et la modification d'un projet d'extension.
La solidarité temporaire, oui, mais de façon permanente, non
Avec deux centres sur quatre bloqués, la commune de Prunelli-di-Fiumorbu a décidé de revoir sa position. «On ne peut pas accepter qu'on reçoive la moitié des déchets de la Corse», martèle Pierre Siméon de Buochberg. «Nous avons accepté les déchets dans l'attente d'une solution et pour ne pas bloquer la Corse pendant l'été. La solidarité temporaire, oui, mais de façon permanente, non.» Depuis lundi, la municipalité, épaulée par des habitants, empêche donc l'accès au site.
  la ministre de l'Écologie a fait savoir qu'aucun amendement ne serait voté
Mercredi, la solution d'une extension du site de Tallone a définitivement disparu. Revenant sur sa position, la ministre de l'Écologie a fait savoir qu'aucun amendement ne permettant cet agrandissement ne serait voté. Une mission a été diligentée pour examiner la situation. Dans l'impasse, le dernier centre encore exploité, celui de Viggianello, a lui aussi été fermé dans la matinée.
 de nombreuses communes ont annulé les ramassages d'ordures
Face à l'arrêt de l'ensemble des centres d'enfouissement de l'île, de nombreuses communes ont annulé les ramassages d'ordures. Le maire d'Ajaccio, comme d'autres communes, a pris un arrêté interdisant leur dépôt dans la rue. Mercredi soir, aucun déblocage n'était envisageable avant une réunion prévue le lendemain et rassemblant les différents acteurs de la question.


Fin juin: le centre de Tallone, saturé, ferme. Les trois autres centres de l'île acceptent de recevoir temporairement les ordures qui y étaient chargées dans l'attente d'une solution.

21 août:
la ministre de l'Écologie s'engage à présenter des amendements pour déroger à la loi littoral et permettre d'agrandir le site de Tallone en lui adjoignant une usine d'incinération. Les communes acceptent de continuer à recevoir les déchets en surplus, une solution ayant été trouvée.

22 août: Ségolène Royal renouvelle son engagement, face à la grogne des communes.

16 septembre:
un collectif de riverains bloque le portail du site de Vico et demande à la préfecture d'agir.

21 septembre: un deuxième centre de traitement est fermé, celui de Prunelli-di-Fiumorbu. La municipalité accuse l'État de ne pas avoir tenu ses engagements et de vouloir faire du village «la poubelle de la Corse».

22 septembre:
le site d'enfouissement de Viggianello, arrivé à saturation, annonce qu'il fermera ses portes le lendemain, mercredi. Le ramassage des déchets est annulé à Ajaccio et de nombreuses autres communes corses; les habitants et commerçants sont appelés à conserver leurs ordures ménagères.
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