17:45 - Voter n'est plus un gage de démocratie puisque lorsque le vote majoritaire des électeurs est contraire à la volonté de la nouvelle oligarchie financière, ce vote est annulé ou refusé comme ce fut le cas pour le référendum français sur le Traité européen dont nous avons vu ce que Sarko en a fait !
Aujourd'hui, on nous propose de choisir entre plusieurs candidats pour l'élection présidentielle française de 2012 et pourtant, une majorité des Français ne sait pas encore pour qui elle va voter. D'ailleurs, ceux qui déclarent le savoir, que savent-ils réellement ? Quelles sont leurs motivations ? Que comprennent-ils à cette élection ?
Je serais curieux d'avoir une idée de ce que la majorité des Français pense de la crise financière dans la mesure où cette crise fait l'objet d'analyses contradictoires y compris parmi les experts. Comment le citoyen lambda peut-il s'y retrouver dans ce domaine hyper complexe que même les plus doués ne maîtrisent pas ?
Par exemple, on nous a affirmé pendant des mois que la perte de notre triple A allait plonger la France dans la catastrophe. Or, que constate-t-on depuis la dégradation de la note de la France par S&P ? Que les taux baissent, que le CAC reprend des couleurs et que l'euro se relève face au dollar. En sommes, tout le contraire de ce qui nous était annoncé.
Certes, certains experts nous expliquent qu'il ne faut pas se fier aux apparences et que la crise est loin d'être terminée pour telle et telle raison. Sans doute, nous verrons bien. Par contre, ce qui semble être en train de changer chez nos responsables politiques, c'est une certaine remise en cause du bien fondé de leurs politiques d'austérité pour satisfaire les marchés.
Aujourd'hui, ces mêmes responsables politiques qui se faisaient hier concurrence pour savoir lequel pourrait faire passer le plan d'austérité le plus conforme à la volonté des marchés changent à vitesse grand V leurs fusils d'épaule pour prôner dorénavant une relance à tout prix de la croissance sans laquelle aucune réduction de la dette n'est possible.
Notons en passant que S&P n'est pas étranger à ce retournement de veste. Notons également que personne, ou presque, n'a jamais cru que c'était par des plans d'austérité que nous nous en sortirions. Sauf que prôner la croissance est beaucoup plus risqué pour nos politiques que de prôner l'austérité.
Nous attendons donc ce que nos candidats vont nous proposer pour retrouver cette fameuse croissance alors que personne n'a la moindre idée de la manière dont il faudrait procéder sans aller récupérer les sous sur lesquels les marchés ont fait main basse avec leur complicité que l'on peut qualifier de criminelle.
C'est dans ce contexte qu'il faut replacer la campagne électorale française. Les marchés ne laisseront jamais passer un candidat qui s'aventurerait à s'engager vis à vis des électeurs à trainer devant les tribunaux ceux qui, depuis des décennies, ont détourné des sommes colossales à leur profit.
Pourtant, juger et faire payer ces gens-là est la seule solution pour se donner les moyens de retrouver une quelconque croissance dans l'intérêt du plus grand nombre et, du même coup, rendre à notre démocratie un minimum de légitimité.Pour l'instant, nous n'en sommes pas encore là et aucun candidat n'a encore osé s'avancer dans ce sens.
La vie étant ce qu'elle est, que se passerait-il dans le cas d'une catastrophe financière majeure (la Grèce ? (1)) dans la zone ? Or, rien ne permet de croire, pour l'instant, que nous sommes totalement à l'abri d'une telle catastrophe. Certes, jusqu'à présent, nos responsables politiques ont réussi à éviter le pire mais pour combien de temps encore ?
Notes.
(1) " Dette grecque : la BCE pourrait perdre au moins 15 milliards d'euros"... Sous la contrainte ou volontairement, la BCE pourrait subir des pertes sur les titres grecs qu'elle a achetés en 2010 mais l'institution peut faire face....
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