En fait il n’y a pas 99% d’indignés, mais 98% de résignés et 1% d’indignés. « We are the other 1% ».
samedi, décembre 24, 2011
2011, la fin du délire.
C'est un miracle que nous soyons encore là en cette fin de l'année 2011 à pouvoir envisager des fêtes presque normales grâce au cadeau de centaines de milliards d'euros de la BCE aux banques européennes sans lequel les banques auraient fermé leurs guichets pendant ces fêtes.
Un autre cadeau de la BCE pour les banques est déjà prévu pour le mois de février. Cela nous permettra peut-être de survivre dans le déni des réalités quelques semaines supplémentaires. Ceci étant dit, ces cadeaux ne sont pas une solution pour sortir durablement de la crise, mais seulement une manipulation pour gagner un peu de temps.
Sortir durablement de la crise ? Cette question est à double sens. Pour les uns, cela revient à rétablir la situation; pour les autres, dont je fais partie, cela signifie changer de monde. Ne croyant pas à la théorie de l'évolution mais étant un adepte de la théorie de la sélection, changer de monde se fera pas élimination.
Dans le cadre de la théorie PointZéro sur la révolution postmoderne, j'affirme que cette élimination s'appliquera à 90 à 95% de l'humanité. Reste à savoir quels seront les 5 à 10% des rescapés ? Ma réponse est la suivante : les survivants de la révolution postmoderne seront ceux qui sauront se préserver de l'arme postindustrielle de communication.
De mon point de vue, l'avenir ne peut être autre chose que la poursuite du progrès. Je ne crois ni en la décroissance, ni en l'écologie. Pour que cette poursuite du progrès soit viable et compte tenu des destructions que cette poursuite du progrès implique au niveau des ressources non renouvelables, il faut forcément réduire drastiquement le nombre de ses bénéficiaires.
Cette solution est la plus inhumaine qu'il soit possible de penser mais elle est la seule à nous garantir un avenir séduisant sur cette planète. Ceux qui n'assument pas cette perspective sont condamnés à disparaître via ce j'appelle, dans le cadre de la théorie PointZéro sur la révolution postmoderne, les armes climatistes.
Une arme climatiste est une arme qui permet de provoquer le suicide collectif de milliards d'êtres humains pour une "bonne cause". La lutte contre le changement climatique est la principale de ces armes d'où le terme retenu de "climatisme" pour qualifier une multitude d'armes en vue de réduire l'humanité de 90 à 95% par auto-destruction volontaire.
La crise financière que nous traversons n'est rien d'autre que la prise de conscience de la part des marchés financiers de la fin du monde que nous avons connu. Ce monde-là est terminé tandis que le monde d'après n'existe pas encore. Entre les deux, il y a la révolution postmoderne en vue du règlement de la question humaine.
mercredi, décembre 21, 2011
489 milliards d'euros pour les banques...
Je résume : la BCE prête presque 500 milliards d'euros aux banques européennes à un taux de 1%. Avec cet argent, ces mêmes banques vont racheter de la dette à un taux compris entre 3 et 7% voire davantage. C'est ainsi que les banques vont se refaire une santé. Certes, mais sur le dos de qui ?
L'argent que prête la BCE aux banques vient bien de quelque part. La question à se poser est de savoir où la BCE trouve cet argent qu'elle n'a pas ? La BCE emprunte cet argent à quelqu'un, forcément, puisqu'elle n'a pas le droit de faire tourner la planche à billets.
Je n'ai pas la réponse à cette question et aucun économiste ne nous la donnera. C'est donc que cet argent vient de nos poches et que ces 500 milliards sont à rajouter aux dettes existantes que nous sommes déjà incapables de rembourser.
Cela peut-il durer ainsi ? Assurément non. Combien de temps ce cinéma peut-il durer ? Je n'en sais rien. Si ce cadeau fait par la BCE aux banques servait à financer un projet en faveur de la croissance, pourquoi pas. Mais il n'en est rien.
Ce cadeau fait par la BCE aux banques servira aux banques à se refaire une santé par la différence entre le taux auquel elles empruntent à la BCE et le taux auquel elles vont acheter de la dette souveraine pour permettre aux Etats de survivre.
Cela n'incitera pas nos politiques à mettre en oeuvre de vraies politiques en faveur de la croissance (seule condition de vraie sortie de crise) parce que nos politiques n'ont aucune idée sur ce qu'il faudrait faire pour relancer une quelconque croissance.
La BCE a donc repoussé l'effondrement de notre système bancaire de quelques mois. Nous pouvons donc espérer passer des fêtes de fin d'année sans risque de fermeture inopinée des guichets bancaires. Peut-être même que nous pourrons tenir jusqu'aux prochaines élections de mai 2012.
Mais dans le fond, le problème n'est en rien réglé. Les déficits vont continuer de s'aggraver puisque les banques ne pensent qu'à sauver leur peau, les plans d'austérité vont encore nous tomber dessus puisque nos politiques sont incapables de nous inventer une quelconque croissance ce qui fait que de plus en plus de gens vont se retrouver à la rue et que notre société va évoluer vers de plus en plus de dictature policière.
Il est de bon ton de se moquer du régime nord-coréen, mais nous devrions pourtant prendre conscience que notre régime nous réserve un sort bien pire que celui que subissent les Nord-coréens dans la mesure où nous ne sommes pas préparés à vivre comme eux.
Le jour où, effectivement, les guichets bancaires fermeront, il ne nous faudra pas plus de trois jours pour sombrer dans une barbarie à côté de laquelle celle de la Corée du Nord n'est qu'un amuse gueule...
Notes.
(1) " La BCE veut éviter un "credit crunch"... Ouvrant en grand ses guichets au profit des banques menacées d'un assèchement du crédit, elle a lancé mercredi la première de ses deux opérations inédites de refinancement à trois ans annoncées le 8 décembre, dont le succès ne s'est pas démenti. Forte du credo qui la guide depuis le début de la crise : assurer la liquidités des banques, responsables de 75 % du financement de l'économie de la zone euro, est la priorité des priorités...
mardi, décembre 20, 2011
DSK est de retour (13)
DSK est donc de retour. Et quel retour ! La zone euro est en train de couler. Difficile de prétendre le contraire puisque la zone euro en est à implorer l'aide du G20. Lamentable. Grotesque. Enorme !
La zone euro est tellement cuite que même les agences de notation n'osent pas donner le coup de grâce en dégradant, comme annoncé, la note des meilleurs pays de la zone. Sans doute se disent-elles que cela ne sert plus à rien. On ne tire pas sur une ambulance.
L'Union européenne en est à prêter 150 milliards d'euros au FMI pour que celui-ci aide les pays de la zone en faillite. 150 milliards, alors qu'il en faudrait dix fois plus... Peut-être même cent fois plus ! De toute façon, la zone euro n'a plus un centime.
Tout ce cinéma ne peut pas durer. Plus personne n'y comprend rien. Combien de temps va prendre le naufrage de la zone euro ? Je l'ignore mais ce qui est certain, c'est que DSK ne peut pas se tromper.
La zone euro s'effondre sous nos yeux. Nous n'arriverons même pas aux élections de mai 2012. Sarko va être balayé avant, comme en Grèce, comme en Italie, comme en Espagne. La crise n'a pas de frontière, pas plus que le nuage de Tchernobyl.
Qui dit effondrement de la zone euro dit retour au monnaies nationales. Et alors ? Chaque pays ajustera sa monnaie en fonction de ses capacités. Où est le problème ? En tout cas, il n'est pas pour moi. Et les autres, rien à fiche...
Ceux qui sont habitués à gagner leur vie par leur travail n'ont rien à craindre. Il y aura toujours du travail pour les vrais travailleurs. Les autres, ceux qui profitent du système, ont du soucis à se faire, c'est certain.
Ils feront comme tout le monde. Ils apprendront à travailler. Ceux qui n'apprendront pas seront exclus. Soupes populaires et charité. A la guerre comme à la guerre...
Naturellement que je suis pour un retour au Franc parce que je suis pour que la France se mette à la hauteur de sa puissance réelle. La France n'est plus une puissance mondiale. Seuls les intellectuels s'imaginent encore le contraire.
La France a renoncé à ses colonies qui étaient la base de sa puissance. Aujourd'hui, la France ne doit compter que sur elle-même, c'est à dire sur pas grand chose mais ce pas grand chose n'est pas tout à fait rien.
C'est avec ce pas tout à fait rien que nous devons nous débrouiller. L'Europe, c'est à dire l'Union européenne, n'est qu'un leurre. L'UE ne sera jamais l'équivalent des USA. Cessons de rêver à des Etats Unis d'Europe.
L'Européan dream of life n'est qu'une vulgaire copie de l'American dream of life. Ca ne peut pas et ne doit pas marcher. Je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas une copie européenne d'un Américain. Jamais.
dimanche, décembre 18, 2011
Qu'est-ce que la compéti...ti.......tivité ?
Pour assurer leur coup, elles indiquent même aux politiques le chemin à suivre et qui consiste à améliorer la "compétitivité" par une réforme structurelle du marché du travail. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela ne signifie rien d'autre qu'une réduction drastique des salaires.
L'objectif des agences de notation, faut-il le rappeler, est de virer toute forme de démocratie en Europe, comme c'est déjà le cas sur l'ensemble de la planète, y compris aux USA. Ces agences sont le bras armé d'une dictature financière qui a pris le contrôle total du monde et veut le pouvoir absolu.
Réduire la dette via des plans d'austérité a permis de dégommer quelques dirigeants politiques européens (démocratiquement élus) parmi les plus vulnérables mais les plus solides résistent encore. Il fallait donc trouver un angle d'attaque plus efficace pour terminer le travail.
L'idée est donc de faire croire aux peuples européens que cette fois-ci, leur sacrifice sera pour la bonne cause. Autrement dit, qu'en acceptant aujourd'hui la réduction de leurs salaires (amélioration de la compétitivité), les populations favoriseront pour demain le retour de la croissance qui sauvera tout le monde et pas seulement les financiers.
Il n'est donc pas difficile d'imaginer la suite et en particulier le contenu du prochain sommet européen prévu fin janvier/début février. Cette suite consistera à mettre au point des mesures pour restructurer le marché du travail en transformant l'Union européenne en camp de travail obligatoire.
Bon week-end tous.
samedi, décembre 17, 2011
Note : la bonne est celle de la croissance.
Surprises, peut-être même affolées, de voir avec quelle facilité nos responsables politiques sont capables d'exterminer leurs populations à coup de plans suicidaires d'austérité, les agences de notation prennent conscience de leur responsabilité et change leur fusil d'épaule.
Depuis quelques temps, en effet, ces agences relativisent de plus en plus la nécessaire réduction de la dette qui, observent-elles enfin, brise toute reprise de croissance comme l'illustre la situation de la Grèce qui n'en fini pas d'agoniser.
Aujourd'hui, ces agences sont intouchables (3). Mais qui sait si demain elles ne pourraient pas se retrouver aux côtés des politiques qui les ont suivies sur le bancs des accusés pour crime contre l'humanité ?
Le retour de la croissance deviendrait donc le critère n°1 pour conserver la meilleure note possible (2). Dont acte. Voilà un joli défi pour nos responsables politiques qui n'ont, assurément, aucune idée pour l'atteindre rapidement et concrètement.
C'est un bien mauvais coup que sont en train de jouer les agences de notation à nos responsables politiques qui, jusqu'à présent, se faisaient une joie d'imaginer les pires plans d'austérité possibles pour se faire passer pour les meilleurs. *
Le monde change, les modes aussi... (4)
Notes.
(1) " La zone euro cernée par les agences de notation "... L'annonce de S&P ne tombera toutefois pas samedi, puisque l'agence annonce sur son site qu'en raison d'une "maintenance de routine, il n'y aura pas de mise à jour des notations de vendredi 17H00 (22H00 GMT) à dimanche midi (17H00 GMT)"...
(2) " Les leaders de la zone euro doivent se préoccuper de la croissance (S&P)"... "Une stratégie de retour à la croissance, qui doit forcement contrebalancer le redressement des finances publiques, c'est vraiment les deux jambes sur lesquelles l'Europe doit arriver à marcher"...
(3) " L'étau des agences de notation se resserre sur l'Europe"... Les dirigeants européens ne parviennent toujours pas à convaincre d'une issue rapide de la crise de la dette dans la zone euro, dont plusieurs pays se sont à nouveau retrouvés vendredi 16 décembre dans le collimateur des agences de notation...
(4) " Laurent Wauquiez pour un "protectionnisme moderne"...
Etes-vous d'accord avec Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ?
Pas du tout. Leur approche est nationale. Leur protectionnisme enferme, celui que je prône protège. La question du protectionnisme sera au coeur de la campagne...
vendredi, décembre 16, 2011
Le triple A est mort, vive le triple A !
7:00 - Tandis que tous les observateurs s'attendent à la dégradation de tous les triples A européens, peut-être ce vendredi en fin de journée (1), juste avant le week-end, c'est peut-être du côté du dollar qu'ils devraient orienter leurs regards. Il y a tout de même un fait qui semble ne pas être pris suffisamment en considération et qui est la bonne tenue de l'euro face au dollar.
En effet, comment expliquer que la monnaie unique résiste si bien à la crise financière et économique de la zone euro ? Qui peut encore vouloir acheter des euros ? Par ailleurs, comment se fait-il que nos banques manquent de dollars ? (2)
C'est comme s'il se préparait le scénario suivant : des spéculateur avisés échangent temporairement leurs dollars contre des euros en vue d'une dévaluation soudaine et brutale du dollar pour racheter aussitôt celui-ci avec des euros surévalués et réaliser ainsi d'immenses profits.
C'est seulement une fois que tous ces spéculateurs initiés seront prêts que les agences de notation dégraderont les notes européennes pour brouiller les cartes et détourner l'attention des marchés et des politiques.
Une fois le dollar dévalué, ces spéculateurs avisés vendront leurs euros en masse pour racheter des dollars à très bon prix et provoqueront ainsi la chute de l'euro, une chute qui sera mise sur le compte de la dégradation des notes souveraines. Et le tour sera joué.
L'intérêt de cette opération n'est pas que pour les bons spéculateurs mais aussi, et surtout, pour les USA qui pourraient ainsi relancer leur économie en dopant leur compétitivité sans avoir perdu un centime... grâce à l'euro.
Les dindons de la farce seront, encore une fois, les Européens.
Notes.
(1) " Les Bourses suspendues au verdict de S&P "... Certains anticipent une possible perte par la France de son « AAA » dans la soirée...
(2) " Thank you B-2 !"... La Fed de New York confirme que les Américains ont bien prêté 50,685 milliards de dollars à la BCE le 7 décembre,...
(3) " Fitch place le triple A de la France sous perspective négative"... L'agence de notation financière Fitch Ratings a abaissé à "négative" contre "stable" auparavant la note de la dette à long terme de la France...
mercredi, décembre 14, 2011
Note : la meilleure possible est-elle la bonne ?
Existe-t-il un rapport entre le suspens maintenu par les agences de notation et la chute de l'euro (5) ? Est-ce ce suspens qui fait tomber l'euro ? Est-ce qu'une dégradation des notes souveraines européennes feraient remonter l'euro ? Finalement, "la meilleure (note) possible" est-elle la bonne ?
La bonne note serait-elle celle qui maintiendrait la valeur de l'euro ? Le problème, avec les agences de notation, est que depuis quelques mois, leurs évaluations ne sont plus seulement de nature technique mais qu'elles intègrent de plus en plus des paramètres politiques.
C'est ce qui est véritablement nouveau depuis les accords de Bruxelles. A la limite, peu importe le montant des dettes, des déficits ou l'ampleur des plans d'austérité. Ce qui compte maintenant, c'est la volonté des Européens de créer une véritable Europe politique.
Or, cette Europe politique ne peut se développer que sur la base de l'euro. Du point de vue des agences de notation, la valeur de l'euro serait donc le thermomètre de la volonté de puissance des Européens (3), indépendamment de la notation des pays de la zone euro (2) (4).
Notes.
(1) " L'euro tombe sous 1,30 dollar pour la première fois depuis janvier "... L'euro est tombé mercredi sous le seuil de 1,30 dollar pour la première fois depuis janvier, plombé par un regain d'inquiétude sur la crise de la dette en zone euro, exacerbé par des craintes d'abaissement de notes souveraines par les agences de notation financière. ..
(2) " INTERVIEW Alain Juppé : « La perte du triple A ne serait pas un cataclysme »... Faut-il revoir le rôle et le fonctionnement des agences de notation ?
Ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on fait retomber la fièvre. Mais il peut être utile de s'assurer que le thermomètre n'est pas déréglé. Introduire davantage de transparence dans les critères qu'elles utilisent serait un progrès. Elles sont parfois dans l'appréciation subjective et politique. Sans doute faut-il aussi leur accorder moins d'importance dans le débat politique...
(3) " "L'euro va continuer à chuter au début 2012" ... Pourquoi l'euro chute-t-il ?
Parce que les conditions économiques de la zone euro ne sont pas propices à la confiance des investisseurs. Les doutes sur le manque de solutions durables affaiblissent le taux de change. Et les craintes des investisseurs se multiplient avec des sommets européens qui se suivent et qui n'accouchent décidément d'aucune solution durable...
(4) " Le gouvernement prépare la France à la perte de sa note AAA "... Le gouvernement français semble désormais préparer les esprits à la perte de la note "triple A" de la dette souveraine du pays en multipliant les annonces visant à minimiser l'importance d'une hypothèse naguère présentée comme catastrophique...
(5) " La crise de l'euro alarme de nouveau les Bourses "... Le CAC 40 a décroché sous 3.000 points, sur des rumeurs de perte du AAA français. Les craintes persistantes sur la crise de la dette européenne ont entraîné l'euro au plus bas depuis janvier et fait grimper le rendement des obligations de l'Italie...
mardi, décembre 13, 2011
Les agences de notation ont réfléchi...
10:35 - Les agences de notation se sont prononcées et ça donne ça (1) :
1 - Moody’s qui va revoir les notes souveraines de la zone euro au cours du premier trimestre 2012, le sommet de la semaine passée n’ayant pas produit à son sens de résultat décisif et laissant la zone euro exposée à de nouveaux chocs...
2 - “Le sommet européen ne propose pas de solution globale à la crise de la zone euro”, a renchéri de son côté Fitch en fin de soirée...
3 - Le chief economist de S&P souhaite un choc qui fasse prendre conscience à l’Allemagne de la gravité de la situation , le choc pouvant être selon lui la déconfiture d’une grande banque Allemande...
Les agences de notation n'ont donc pas encore tranché mais elles ont pris position en rappelant la règle du jeu qui consiste à augmenter la pression sur les marchés et les taux (5) pour obliger les politiques à sortir de leur trou et à affronter la situation en surmontant leur contradiction. Cette contradiction est simple : réduire la dette via des plans d'austérité et sans croissance (4) ne pourra qu'aggraver la crise financière. Donc, de deux choses l'une :
1 - Soit la BCE fait tourner la planche à billet pour soutenir artificiellement le secteur bancaire (6) (7) le temps de voir venir une hypothétique croissance.
2 - Soit les politiques mettent le paquet sur la croissance qui finira par permettre de résoudre la question de la dette.
Or, pour l'instant, les politiques ne tranchent pas et cela pour des raisons politiciennes d'agenda électoral (sans parler du fait qu'ils ignorent complètement ce qu'il faudrait faire pour retrouver la croissance) ce que les marchés ne peuvent accepter.
Dois-je ajouter qu'aucune de ces deux solutions ne résoudra la crise financière en soi, puisque cette crise est le résultat d'un Système de concentration des richesses et que c'est ce Système qu'il faut remplacer par un autre. Ce remplacement ne se fera jamais volontairement, ni de la part des marchés, ni de la part des politiques et nous devons noter que c'est exactement ce que disent les agences de notation qui, toutes, mettent en garde contre de "nouveaux chocs" pour obliger les politiques à "prendre conscience" de la gravité de la situation (2).
Notes.
(1) " A Chaud!!! Le Lundi 12 Décembre : Agences tous risques , forfaits compris !!!! par Bruno Bertez... Nous nous permettons d’attirer l’attention sur le fait du jour qui est l’assassinat pur et simple du sommet du 9 Decembre par l’Agence Moody’s...
(2) " Bourses : la méfiance des investisseurs perdure "... La volatilité reste forte sur les marchés d'actions en Europe. Les investisseurs se préparent à une probable série de dégradations envisagées par les agences de notation dans la zone euro....
(3) " La Bourse de Paris hésite sur la direction à suivre à la mi-journée "... "Les investisseurs se préparent à une possible série de dégradations de notes souveraines au sein de la zone euro dès cette semaine, après un sommet européen jugé décevant vendredi dernier à Bruxelles", résume Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse...
(4) " La BCE, cet énorme hedge fund en devenir "... Les mesures concernant la croissance sont totalement absentes du dernier sommet écrit Lary Hatheway d’UBS,dans sa dernière note de stratégie à ses clients institutionnels. On a dépensé beaucoup d’énergie pour contourner le problème du changement de traité en utilisant à la place des accords intergouvernementaux. Dans un monde globalisé, aucune mesure n’a été envisagée pour redonner de la compétitivité aux pays qui l’ont perdu...
(5) " Lehman m’a tuer !"... aujourd’hui 13 décembre, un peu avant 16 heures, l’écart relatif des rendements du Bund (2,071 %) par rapport à ceux des bons à 10 ans du Trésor helvète (0,720 %, nouveau record historique ?) a atteint un nouveau record à 187,6 % ce qui signifie que les capitaux continuent à fuir l’€URSS.
(6) " BCE : 50 milliards de dollars empruntés pour ses banques "... La BCE vient de publier son dernier bilan hebdomadaire qui montre qu’elle a prêté une cinquantaine de milliards de dollars à des banques de la zone euro en augmentant ses créances sur elles de 37 milliards d’euros,..
(7) " Comment la BCE veut sauver l'euro "... La Banque centrale européenne va voir ses prérogatives multipliées dans le scénario de sortie de crise élaboré au sommet de Bruxelles. Ce rôle sera-t-il suffisant pour autant?...
lundi, décembre 12, 2011
Les agences de notations réfléchissent...
14:00 - S&P s'aligne sur Moody's et n'annonce pas, dans l'immédiat, une dégradation de la note française (1) qui reste seulement sous surveillance. L'accord de Bruxelles aurait-il refroidi les agences de notation ? Peut-être mais notons tout de même que Sarko ne fait plus du maintien du triple A français une priorité majeure de sa politique (2).
Ce nouveau et inattendu relativisme sarkoziste concernant la sauvegarde à tout prix de notre triple A est probablement l'un des effets du sommet européen du 8 décembre 2011 qui semble avoir été, finalement, un sommet différent des précédents. Il s'est bien passé quelque chose cette fois-ci.
Alors que les Britanniques se sont éloignés de l'UE, les agences de notation semblent hésiter à faire tomber leur couperet tandis que les marchés, eux, sont nettement orientés à la baisse (3). Les agences ayant l'obligation d'informer 12 heures à l'avance les autorités du pays avant de publier leurs décisions, il est probable que Sarko connaît déjà la décision de S&P sinon pourquoi avoir déjà fait son deuil de son si précieux triple A ? (2)
Notes.
(1) " Standard & Poor's maintient la pression sur l'Europe, Sarkozy défend le projet d'accord "... Le chef économiste de S&P estime qu'il faudra d'autres sommets de l'UE pour résoudre la crise de la dette et que le temps presse, tout en soulignant l'importance de l'étape franchie en fin de semaine...
(2) " Sarkozy: perdre le triple A n'est pas "insurmontable"... Le président relativise la menace de rétrogradation de la France brandie par les agences de notation en expliquant que c'est un problème qui concerne toute la zone euro et pas spécifiquement la France....
(3) " Le CAC 40 accentue ses pertes, doutes sur l'efficacité du sommet de Bruxelles"... La Bourse de Paris accentuait ses pertes lundi après-midi, doutant de l'efficacité des mesures annoncées lors du dernier sommet européen de Bruxelles, dans un marché suspendu aux annonces des agences de notation qui maintiennent leur pression sur la zone euro....
(4) " Les doutes sur la zone euro font rechuter les Bourses "... Les marchés se préparent au verdict des agences de notation :
Les derniers commentaires des agences de notation incitent les opérateurs à la méfiance. Moody's a prévenu qu'elle réexaminera les notes souveraines des pays de l'Union européenne « au cours du premier trimestre 2012 ». Elle a jugé insuffisantes les mesures prises par les dirigeants européens. « L'absence de mesures pour stabiliser les marchés du crédit sur le court terme signifie que la zone euro, et l'Union européenne plus largement, restent sujettes à de nouveaux chocs », indique l'agencedans un communiqué.
Standard and Poor's, qui a placé la semaine dernière avant le sommet 15 pays de la zone euro sous surveillance négative, analyse également la portée du pacte budgétaire européen. « Il faudra sans doute un autre choc avant que tout le monde en Europe fasse la même analyse de la situation, par exemple une grande banque allemande ayant des difficultés sur le marché, ce qui est possible à court terme », estime le chef économiste de S&P pour l'Europe Jean-Michel Six....
(5) " Sommet de l'UE - Un accord en trompe-l'oeil "... J'ai un petit peu la crainte que nous donnions le tournis à ceux qui nous écoutent. Il peut toujours y avoir une fuite en avant dans l'affirmation de règles très dures mais qu'on n'applique pas."..
dimanche, décembre 11, 2011
C'est au tour des agences d'abattre leurs cartes.
L'accord de Bruxelles de cette semaine se résumant à des intentions mais ne changeant concrètement rien à la situation, je ne vois pas pourquoi la France garderait son triple A étant donné que les agences de notation ont déjà annoncé la couleur : tout dépendra des décisions du sommet européen de Bruxelles.
En l'absence de décision, à l'exception de celle de Cameron qui n'est peut-être, elle aussi, que du bluff, pourquoi les agences de notation ne dégraderaient-elles pas la note française ? Quels intérêts auraient-elles à attendre encore quoi pour trancher ? Ces agences ont dicté la règle du jeu (4) avant le sommet. Le sommet étant passé, c'est à leur tour de jouer. (3)
Remarque : les agences de notation sont l'un des bras armés de Wall Street. L'intérêt de Wall Street (donc de la City de Londres) est de maintenir la suprématie du dollar (condition sine qua non de sa survie) donc de dégommer l'euro. Pour dégommer l'euro, il faut neutraliser l'UE. Pour neutraliser durablement l'UE, il faut la condamner à une croissance nulle voire négative pour des décennies. Cet objectif peut être atteint en appliquant à l'ensemble des membres de l'UE le traitement équivalent à celui de la Grèce, du Portugal, etc. c'est à dire des plans d'austérité imposés aux populations au nom du remboursement de la dette. Si ces plans d'austérité relèvent le défi du remboursement et parviennent à maintenir l'euro, il est alors possible de dégrader d'un ou deux crans supplémentaires les notes pour rehausser automatiquement la dette et renforcer ainsi les plans d'austérité jusqu'à l'extrême limite de la révolte sociale ou de la guerre civile.
Notes.
(1) " Le gouvernement s'évertue à miniser la menace sur le "triple A" de la France "... A l'offensive sur le terrain médiatique tout le week-end, le gouvernement s'est efforcé de dédramatiser la menace d'un abaissement de la note de la France, vantant la portée "historique" de l'accord de Bruxelles sur une discipline budgétaire renforcée en Europe...
(2) "L'État ne financera pas les banques"... La ministre du Budget, Valérie Pécresse, a assuré dimanche que "l'État ne mettra pas d'argent dans les banques françaises" estimant qu'elles pourraient faire face seules à leurs besoins de financement... (ndlr : l'actualité montre pourtant exactement le contraire : Dexia, Groupama, etc...)
(3) " Moody's maintient la zone euro sous surveillance "... "L'absence de mesures pour stabiliser les marchés du crédit à court terme implique que la zone euro, et l'UE dans son ensemble, reste exposée à de futurs chocs et que la cohésion de la zone euro est menacée de manière permanente", explique l'agence de notation dans un communiqué...
(4) " Les triples A européens toujours menacés "... Quand doit tomber le couperet ? «Aussitôt que possible après le sommet», dixit l’agence de notation américaine. Si S&P ne juge pas l’Europe crédible, ce sera la perte du triple A pour les six meilleurs élèves de la zone euro. A commencer, bien sûr, par la France, menacée d’un abaissement de deux crans...
samedi, décembre 10, 2011
Au mieux, l’éclatement de l’euro système sera lent...
Pour résumer la situation : certes, depuis 40 ans, nous dépensons plus que ce que nous gagnons via nos budgets déficitaires dont nous sommes collectivement responsables. Mais, le vrai problème du jour, ce n'est pas la réduction de la dette, c'est l'absence de croissance, une croissance qui est partie ailleurs grâce à la mondialisation qui a favorisé les délocalisations.
Que produisons-nous aujourd'hui qui crée de la richesse ? RIEN ou si peu que cela ne compte pas par rapport à l'ampleur de la dette à rembourser (3). Réduire la dette sans croissance, c'est se suicider. La crise financière ne signifie rien d'autre : les marchés ne peuvent plus nous faire confiance car c'est objectivement impossible.
La crise financière n'est rien d'autre qu'un symptôme de l'agonie de notre civilisation. Nous avons consommé nos crédits à perte sans investir sérieusement dans l'avenir. Merci mai 68 et son "tout tout de suite"... Merci à nos acteurs culturels qui nous ont fait prendre leurs vessies pour des lanternes (2).
Oui, j'ai la haine pour cette culture (généralement de gauche) qui depuis des décennies nous prend pour des andouilles. Qu'est-ce qu'elle a à nous dire, aujourd'hui, cette culture maintenant que nous sommes tous dans le mur ? De quoi vit-elle cette culture sinon des crédits publics ? Une culture à crédit public, ce n'est pas une culture, c'est de la propagande. Une propagande au service du pouvoir lui-même au service du fric facile, du fric à crédit.
Maintenant, il nous faut payer et nous n'avons pas les moyens de payer. Alors, qu'est-ce qu'elle nous dit cette culture subventionnée ? Qu'elle est la solution ? Comment fait-on pour payer quand il n'y a plus un sous en caisse et que plus personne ne veut nous prêter ? Elle nous dit d'améliorer notre compétitivité; elle nous dit d'aligner nos salaires sur celui des Chinois qui gagnent moins de 100 euros par mois. Sauf qu'en Chine, on peut vivre avec 100 euros par mois, pas chez nous. Alors, on fait quoi ?
Notes.
(1) " € sommet et les Américains"... Le dernier sommet de l’€URSS aura eu au moins l’avantage de faire enfin comprendre aux investisseurs américains que l’Allemagne est lourdement et irrémédiablement plombée par ces cochons de pays du Club Med…
(2) " L’UE, risque stratégique “extraordinaire” pour le Pentagone "... Nous avons, nous aussi, nos “Pères Fondateurs” (Schumann, de Gasperi, Monnet, etc.), et nous avons, nous aussi, nos fantasmes des “Etats-Unis d’Europe” comme un double de la fascination que les Etats-Unis d’Amérique exercent sur tous ces esprits enfiévrés...
(3) " La France sous la menace d'une dégradation de sa note d'un jour à l'autre "... "On a même pas assez de croissance pour payer les intérêts de la dette publique", déplore Marc Touati (Assya Compagnie Financière). "Ca ne sert à rien de mourir guéri", ironise-t-il, déplorant que le sommet n'ait pas décidé de réelles mesures de soutien à la croissance européenne...
vendredi, décembre 09, 2011
Les accords de Bruxelles transforment la zone en camp de travail obligatoire.
Parce que la seule décision qu'il importe de retenir de ces accords est que le secteur privé ne sera plus mis à contribution pour aider les pays défaillants comme ce fut le cas avec la Grèce (1). C'est donc le secteur public qui devra rembourser l'intégralité de la dette.
Quand on mesure le montant de cette dette et qu'on le compare à la richesse que nous sommes capables de produire (la croissance) et qui est proche de zéro, cela ne signifie rien d'autre qu'un régime de camp de travail obligatoire (compétitivité oblige)... dans un premier temps.
Reste à savoir quelles armes seront employées, dans un second temps, pour la phase finale.
Notes.
(1) " Sommet européen: avancées et zones d'ombre"... Les banques privées sont épargnées : C'est l'une des décisions qui ont rassuré les marchés, les dirigeants européens ont promis que le secteur bancaire ne serait plus mis à contribution en cas de restructuration de la dette d'un Etat, ce qui est notamment arrivé lors du sauvetage de la Grèce. "C'est un élément positif pour les actionnaires privés de dire qu'ils ne seront pas mis à contribution", estime Catherine Mathieu, économiste à l'OFCE...
Merkozy dégage Cameron et explose l'Europe.
11:15 - L'issue du sommet européen qui vient de se terminer ce matin est, bizarrement, complètement fermée (7). Ni les marchés, ni les médias (6), ni les politiques ne savent à quoi s'en tenir. Les marchés hésitent (3), les médias ne commentent pas et les politiques font la grasse matinée. Que s'est-il donc passé cette nuit ? Rien. Ou plutôt, ce qui s'est passé est une telle catastrophe que personne n'ose encore y croire.
Ce que personne n'ose encore croire est résumé dans la position de Cameron qui a rejeté le plan Merkozy (1). Une Europe sans la Grande Bretagne (4) est-elle encore l'Europe ? C'est la question à laquelle personne n'ose répondre (5)... parce que la réponse est NON (2).
Notes.
(1) " Londres s'éloigne de l'Union européenne "... En choisissant la fermeté face à ses alliés européens, David Cameron a pris le parti d'un isolement de la Grande-Bretagne en Europe. Pour la première fois, les Britanniques ont utilisé leur veto pour s'opposer à leurs alliés traditionnels français et allemands...
(2) " VIDEOS. Le "clash" avec Londres impose l’Europe à plusieurs vitesses"... Le sommet européen de crise a tourné vendredi 9 décembre à l'affrontement avec la Grande-Bretagne et échoué à accoucher d'une révision du traité de l'UE à 27 pays pour renforcer la discipline budgétaire de la zone euro...
(3) " En direct: les marchés hésitants après l'accord de la zone euro "...
(4) " La zone euro court-circuite le Royaume-Uni "... le premier ministre Tory a pu exposer au tandem franco-allemand ses exigences lors d'une entrevue qui fut des plus tendues : en un mot, pas de réformes des traités à Vingt-Sept sans un traitement spécifique de la place de Londres, et un droit de regard sur les projets de régulation financières initiés par Paris et Berlin. Du petit-lait pour Nicolas Sarkozy, qui n'attendait qu'une réserve du Britannique pour convaincre les pays de l'euro, et les candidats à la monnaie unique de contourner son opposition, en joignant leurs forces...
(5) " La Grande-Bretagne plus insulaire que jamais "... Le sommet de Bruxelles a tracé les grandes lignes d'une meilleure gouvernance budgétaire de la zone euro. C'est bien. Ce n'est pas suffisant. Il doit y avoir une contrepartie : directement ou indirectement, la Banque centrale européenne doit être plus active dans la solution de la crise. L'accord devait être finalisé vendredi. Attendons pour juger. Car, comme nous l'ont appris les Britanniques, le diable se loge dans les détails.
(6) " La presse perplexe après le refus de Cameron "... Pour les journaux outre-Manche, le non de David Cameron ouvre une période d'incertitude sur l'influence de la Grande-Bretagne en Europe et risque de renforcer le poids des eurosceptiques britanniques....
(7) " Accord de Bruxelles : indispensable, mais insuffisant"... L’accord du Sommet européen du 9 décembre est-il de nature à calmer durablement la crise ? Probablement pas. Il était indispensable. Sans lui, l’incendie se serait vite propagé aux fondations même de l’Europe. Mais il est loin d’être suffisant. Même s’il achète un peu de temps, il risque, d’ici quelques semaines, de faire figure de nouveau cautère sur la "jambe de bois" qu’est devenue la zone euro, épicentre d’une crise économique et financière mondiale durable. L’accord, en effet, ne remplit véritablement aucun de ses objectifs....
(8) " Les Banques centrales européennes se préparent à l'après euro... les Banques centrales européennes se préparent à un éventuel après euro, qu'il soit la conséquence de la disparition pure et simple de la monnaie unique européenne ou de la sortie de certains pays de l'union monétaire. Des scénarios auxquels elles disent ne pas croire, mais qu'elles ne peuvent pas ignorer...
(9) " Si la fin de l'euro arrivait... L'abandon de la monnaie unique serait à la fois un défi technique et un casse-tête économique sans précédent...
mercredi, décembre 07, 2011
Couler avec la Zone ou survivre hors de la Zone ?
Patatrac ! Voilà que les agences mettent soudainement tous les pays de la Zone, y compris les plus vertueux comme l'Allemagne (5), dans le même sac !!! C'est toute la stratégie communicante de Merkozy qui se trouve ainsi balayée. Fini le temps où l'Allemagne était le modèle à suivre. Fini le temps où la France devait coller à l'Allemagne pour sauver sa note. A partir du moment où c'est toute la Zone qui est dégradée, l'intégration économique de cette Zone a-t-elle encore du sens ?
Le principe de l'intégration économique de la Zone se fondait sur le raisonnement que si les mauvais pays s'appliquaient à eux-mêmes les règles vertueuses des bons pays, l'ensemble de la Zone pourrait s'en sortir. D'où l'idée de modifier le Traité pour encadrer et garantir cette intégration. Mais à partir du moment où les agences de notation - les radars des marchés - considèrent qu'il n'y a plus de pays vertueux dans le Zone, tout ce raisonnement tombe à l'eau.
De mon point de vue, l'avertissement de S&P devrait plutôt inciter nos responsables politiques à renoncer à cette intégration économique qui nous condamne d'avance à tous couler car c'est le Système de l'euro qui nous plonge dans cette situation (4). Chaque pays de la zone devrait, au contraire, se sortir du carcan de la Zone (6) (7) (8) pour chercher sa propre issue (3) de sortie de crise.
Notes.
(1) " Zone euro : sonnée, mais pas (encore) K-O "... "Il y aura très certainement une dégradation de la note de tous les pays qui ont été mis sous surveillance négative", estime Norbert Gaillard. Il rappelle que "depuis 20 ans que les mises sous surveillance négative existent, elles se sont terminées dans 70 % des cas par une dégradation de la note concernée". Une probabilité renforcée par le calendrier serré de l'agence ("le plus tôt possible après le sommet européen des 8 et 9 décembre"), qui prend d'habitude plus de temps lorsqu'elle décide de maintenir finalement la note concernée...
(2) " Triple A de la France : découvrez les pronostics de 13 économistes de renom"... Sur les 13 économistes interrogés, 11 estiment que la France verra sa note dégradée dans les trois prochains mois par une des trois principales agences de notation. La seule question est de savoir si la note sera abaissée d'un cran ou de deux...
(3) " € zone : retour aux monnaies nationales"... Le Spiegel a publié un graphique très intéressant qui montre clairement que les rendements des bons des Trésors de la zone € (qui jouent le rôle d’ersatz de monnaies nationales) reviennent à des niveaux comparables à ceux de la période précédant l’adoption de l’euro … ce qui signifie que les décrochages de ces rendements par rapport à ceux du Bund ne sont qu’un retour à la normale, l’anormal étant cette période 1999-2010 au cours de laquelle aura subsisté cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro.
En effet, les pays de la zone euro sont des nations souveraines et indépendantes dont les niveaux et les gains de productivité sont différents les uns des autres. Dans un tel cas, l’optimum économique est atteint lorsque les marchés sont libres dans le cadre d’un système de changes libres, ce qui correspondait exactement au marché commun avant l’adoption de l’euro... La seule solution serait de mettre fin au plus tôt (dès ce prochain sommet de l’UE !) à cette ineptie qu’est cette monnaie unique et de revenir aux monnaies nationales...
(4) " Conséquences en cascade de la fin du AAA français "... Mais l'inquiétude reste de mise : "Si le FESF devait être dégradé, si plusieurs grands pays de la zone euro étaient dégradés, le système de gestion de la crise ne sera plus vaillant du tout", prévient-elle.
(5) " Berlin n'est plus immunisé contre la crise de la dette "... Elle frappe ses voisins les uns après les autres depuis plusieurs mois. Mais l'Allemagne, élève modèle de l'Union européenne, s'est longtemps crue à l'abri de la crise de la dette. La voici dans l'œil du cyclone, cueillie à froid par la menace de dégradation de sa note AAA par Standard & Poor's (S & P)...
(6) " Combien vaudraient nos monnaies si nous sortions de l'euro ? "... Si nous sortions de l'euro pour revenir à nos monnaies nationales, le franc vaudrait à peu près 1,21 euro,... (ndlr : franchement, ça ne vaut pas le coup de s'accrocher à l'euro)
(7) " Prédire la fin de l'euro n'est plus inconcevable "... Personne n'ose y croire, mais tous s'y préparent. L'éclatement de la zone euro "façon puzzle", sa scission en deux parties, l'une au Nord, l'autre au Sud ou l'exclusion d'une poignée de ses membres font partie des scénarios d'économie-fiction que les experts n'hésitent plus à modéliser. Un exercice particulièrement délicat sans toutefois être inconcevable...
(8) " Retour au Franc : réponses aux objections fréquentes "... les faits indiquent que la dette n’augmentera pas si la France sort de l’Euro. Par contre la dette augmentera de manière certaine si la France reste dans l’Euro parce que cette monnaie détruit l’activité industrielle du pays, qu’elle réduit fortement ses exportations, et qu’elle le contraint à contracter toujours plus d’emprunts pour compenser le manque à gagner...
mardi, décembre 06, 2011
Vers la fermeture des guichets bancaires... (suite 3)
Notes.
(1) " BinckBank, ING, $ et €ffondrement"... La filiale de BinckBank en France, l’un des courtiers préférés des gogos de la finance, vient d’annoncer à ses chers clients qu’elle allait clôturer ses comptes en dollars (US$) le 19 décembre parce que les dollars se font rares chez ING, banque dépositaire de ce courtier,...
lundi, décembre 05, 2011
Vers la fermeture des guichets bancaires... (suite 2)
Notes.
(1) "Dexia obtient une garantie de 45 milliards d'euros "... Dexia a annoncé lundi qu'il avait obtenu un projet de convention de garantie temporaire de la part de la France, de la Belgique et du Luxembourg pour couvrir ses financements, qui s'étaient taris avant l'accord sur son second renflouement public annoncé en octobre...
(2) " La Caisse des dépôts sauve Groupama "... La Caisse des dépôts (CDC) va en effet lui apporter assez de fonds propres pour qu'il puisse satisfaire aux exigences de l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP)...
(3) " Berlin serait prêt à "nationaliser" Commerzbank "... Le spectre de la crise bancaire post Lehman Brothers serait-il en train de refaire surface outre-Rhin ? Selon des sources gouvernementales citées ce dimanche par le magazine allemand Der Spiegel, Berlin serait en effet prête à réactiver son plan de sauvetage des banques, le Soffin...
(4) " Pourquoi la crise va continuer "... Gavé de discours nous vantant la réussite allemande, le citoyen découvre, effaré, que l'Allemagne, aussi, est endettée et qu'elle n'arrive plus à trouver de l'argent...
(5) " ECLAIRAGE-La liquidité des banques pèse sur le triple A de la France "... Selon S&P, les grandes banques françaises dépendent à 60% de financements à court terme, ce qui constitue aux yeux des analystes et des investisseurs une source de vulnérabilité du secteur bancaire français régulièrement mise en exergue...
samedi, décembre 03, 2011
Vers la fermeture des guichets bancaires... (suite 1)
1 - Pourquoi le système bancaire s'effondrerait-il (4) et, question subsidiaire, pourquoi s'effondrerait-il soudainement ? (3)
2 - Que faire pour survivre sans guichets bancaires ?
Les réponses.
1a - Le système bancaire va s'effondrer parce qu'il est impossible de résoudre le problème de la dette. Ce problème est insoluble parce que ce n'est pas un problème de liquidité mais de solvabilité. Or, ce n'est pas en faisant tourner la planche à billet (qui est une réponse à un problème de liquidité) que l'on rendra nos sociétés (notre civilisation) solvables. Ce problème d'insolvabilité est le résultat d'une croissance qui tend vers zéro.
1b - Le système bancaire va s'effondrer soudainement parce qu'il est artificiellement maintenu en survie depuis la crise financière de 2008.
2 - Cet effondrement se traduira par la fermeture des guichets bancaires. Or, nous sommes dans des sociétés où nous ne pouvons pas survivre sans ces guichets puisque tous nos échanges passent par des transactions bancaires : nos salaires, nos retraites, notre santé, notre éducation, notre sécurité et tous nos achats. 90% de nos échanges se font par une monnaie virtuelle qui dépend elle-même d'un système hyper complexe d'ordinateurs, de réseaux planétaires, de logiciels, et autres nouvelles technologies qui peuvent, d'un jour à l'autre, cesser de fonctionner. Le jour ou ce système complexe cesse de fonctionner, nous cessons quasiment instantanément de vivre. Pour que ce système cesse de fonctionner, il suffit qu'une banque systémique fasse faillite. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ces grosses banques - trop grosses pour tomber - sont appelées des banques systémiques : la survie du Système (avec un grand S) dépend de la survie de chacune de ces banques dites systémiques, le première qui tombe entrainant toutes les autres avec elle donc le Système lui-même. Comme nous ne pouvons pas survivre en dehors de ce Système, nous mourrons avec.
La semaine dernière, ce n'est pas sans raison que toutes les banques centrales de la planète sont intervenues pour sauver UNE banque européenne (2). C'est pourquoi l'Allemagne se retrouve isolée (1) en s'opposant à ce que la BCE fasse son travail normal de banque centrale européenne. Si la BCE s'obstine à ne pas intervenir, ce sont les autres banques centrales qui le feront comme elles l'ont fait la semaine dernière, comme elles l'ont fait en 2008.
Notes.
(1) " Angela Merkel de plus en plus critiquée en Allemagne "... "Avec sa politique, Merkel a isolé l'Allemagne en Europe", a estimé M. Schmidt, âgé de 92 ans, européen convaincu et figure très respectée dans son pays. "Ca ne se termine jamais bien quand l'Allemagne est isolée en Europe", a-t-il insisté, faisant référence à la situation du pays avant la Première guerre mondiale...
(2) " Crise de l'euro : "allô les plombiers, il y a le feu chez moi !"... Six des plus grandes banques centrales mondiales ont agi mercredi pour soulager le système bancaire, principalement européen. La preuve que la situation est grave,..
(3) " L’Edito du Samedi 3 Décembre 2011 : La soif, la très grande soif de liquidités par Bruno Bertez"... ... L’hyperinflation, ce n’est pas l’accélération de la hausse des prix, non, c’est son changement de nature provoqué par la prise de conscience que la monnaie est pourrie. Et ces phénomènes sont non-linéaires, non progressifs, on ne les voit pas venir. Ce ne sont pas des phénomènes économiques, ce sont des phénomènes de foule, incontrôlables lorsqu’ils se mettent en branle. Et on ne sait jamais quand ils peuvent se mettre en branle, c’est le cygne noir, l’effet papillon...
(4) " BPCE 3° trimestre 2011 "... Le patron de BPCE ne cherche pas à respecter les règles prudentielles d’endettement : il applique la politique de celui qui l’a fait patron, à savoir notre histrion ignare dont la seule préoccupation est sa réélection et pour cela, il a besoin que les banques prêtent de l’argent à ses clients, quelles que soient les règles, pour que la croissance reparte, et avec elle les emplois et les votes en sa faveur. Il faudrait augmenter les capitaux propres de BPCE de 57 milliards d’euros pour que cette banque respecte les règles prudentielles d’endettement, ce qui ne sera jamais fait. Comme les autres Gos banques françaises, BPCE ne pourra pas passer sereinement les turbulences financières qui se rapprochent…
Que faire de l'Allemagne... et de Sarko ?
Plus que ses propos, c'est le sentiment que Sarko n'ayant pas tenu ses engagements du premier discours de Toulon, il ne respectera pas davantage les engagements de son second discours de Toulon (8). Autrement dit, Sarko n'est pas fiable et les Français considèrent que sa position envers l'Allemagne n'est pas le résultat d'une analyse objective de la situation mais celui d'un aveuglément : Sarko est aveuglé par son triple AAA (1) dont il a fait l'un des piliers de sa crédibilité (5).
C'est pour conserver jusqu'en mai 1012 cette note qu'il cherche par tous les moyens à coller à l'Allemagne (9), la référence absolue en matière de notation. Or, cette note n'est qu'un leurre puisque les marchés ont déjà anticipé la dégradation de la note française. Toute la stratégie électorale de Sarko ne s'appuie donc que sur un mirage qu'aucun de ses conseillers les plus proches n'a le courage de lui révéler parce que cela projetterait automatiquement Le Pen au second tour. Pourquoi ?
Parce que si la France perd officiellement son triple AAA, le pays bascule dans le groupe périphérique de la zone euro et c'est alors l'Allemagne qui quittera l'euro et c'est Le Pen qui ramassera la mise car elle est la seule parmi l'ensemble des candidats à envisager, dans son programme, cette configuration d'une sortie forcée pour la France de l'euro (3).
C'est peut-être la raison pour laquelle Hollande reste en retrait depuis qu'il a été désigné comme candidat de l'opposition car il sait - ou table ? - qu'il lui suffit d'attendre pour voir son adversaire-sortant sombrer (11) avec la perte de sa note et que se retrouvant face Le Pen, il a toute les chances de vaincre.
C'est donc bien l'aveuglement de Sarko obsédé par sa note qui met le destin de la France entre les mains des agences de notation. C'est ce que transpire le second discours de Toulon avec lequel Sarko court deux lièvres à la fois. D'un côté, convaincre les marchés qu'il fera tout pour coller à l'Allemagne, quasiment se fondre avec elle, dans le but de sauver sa note. De l'autre, rassurer les Français (et en particulier le FN) sur la préservation de notre souveraineté nationale.
Ce double objectifs brouille le message (10) (13) (14) et décrédibilise Sarko d'autant que Merkel ne fait rien pour simplifier les choses (12) en imposant ses conditions (2) qui, du point de vue Français, signifient la perte de notre souveraineté budgétaire, donc notre souveraineté tout court.
Finalement, pour sauver son ticket de première classe (le triple AAA), Sarko donne l'impression de vouloir une sorte de (ré)unification franco-allemande, pas dans le sens des fondateurs de l'Europe mais dans celui d'une France (ré)occupée par l'Allemagne. Les jeux ne sont peut-être pas encore faits mais je ne vois pas Sarko sortir volontairement de son déni de réalité.
En sommes, faut-il sortir Sarko de l'Elysée ou l'Allemagne de la Zone (occupée) ?
Notes.
(1) " Triple A : comment la note des Etats est-elle attribuée ?"... Une fois l’instruction du pays achevé, les deux analystes France participent à un comité de 5 à 7 personnes (toujours un chiffre impair), présidé la plupart du temps par John Chambers de New York. Le comité attribue la note et rédige un projet de communiqué expliquant les raisons de sa décision (dégradation de la note, mise sous surveillance, ou perspective négative). L’Etat concerné a douze heures pour contester la note ou corriger d’éventuelles erreurs...
(2) " "Merkozy" existe-il vraiment ? "... Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont promis de présenter lundi une proposition commune pour une réforme de l’union monétaire européenne. Pourtant, à lire les deux discours que les leaders ont tenu, l’un à Toulouse et l’autre au Bundestag, il est difficile de trouver une ligne commune...
(3) " Vite! Une union politique "... si la classe politique craint pour ses prérogatives, le pays lui-même est sur les freins. Après l'Europe-directives, voici l'Europe-purge. L'austérité nous est imposée par la crise, de Bruxelles, c'est-à-dire de Berlin. Et quelle austérité ? La réputation libérale de Bruxelles et celle, orthodoxe, de Francfort sont telles qu'il sera difficile de lutter contre ceux qui refuseront l'effort au prétexte que cette austérité est injuste et qu'il y a «une autre politique» que l'euro. Le populisme dans ce contexte a grand avenir.
(4) " Le retour du discours anti-allemand "... Un discours anti-allemand est de retour, nourri de raccourcis historiques et d'arrière-pensées politiques....
(5) " Le triple A français"... Défendre le triple A français ! Tel est le mot d'ordre du gouvernement et du Président de la République depuis plusieurs mois. Cette précieuse notation délivrée par les trois grandes agences S&P, Moody's et Fitch est devenue une obsession pour les dirigeants hexagonaux. Il est vrai que l'enjeu n'est pas mince : sans elle, les coûts de refinancement de l'Etat ne manqueraient pas d'exploser et une partie des investisseurs se détourneraient des titres français. Les conséquences de la perte de la meilleure note pour la France mettraient également à mal la notation et le bilan des banques françaises. C'est la peur de ce scénario catastrophe qui a conduit le gouvernement à présenter un nouveau plan de rigueur afin de sauver le AAA du pays. En vain ? Compte tenu de la hausse des taux français ces dernières semaines, certains estiment déjà que s'accrocher à ce "trésor national" est inutile et nuisible....
(6) " Les socialistes sont contraints de se défendre de toute "germanophobie""... François Hollande s'est abstenu de prendre position lui-même. Mercredi, à Bruxelles, il n'avait pas désavoué Arnaud Montebourg. Vendredi, il a chargé son équipe de campagne de contenir les ardeurs belliqueuses de ses camarades...
(7) " Germanophobie : les proches d'Hollande calment le jeu "... Après les propos d'Arnaud Montebourg comparant la politique d'Angela Merkel à celle «de Bismarck», les socialistes tentent d'éteindre la polémique...
(8) " Sarkose toujours"... Le gars a découvert la mer depuis le ponton du yacht de M. Bolloré. Sur les plans politique, économique, financier, sociétal, budgétaire, en bon inconstant pathologique, il a réussi, depuis cinq ans, à changer de cap à peu près tous les deux mois. On voudrait maintenant nous faire croire qu'il est le seul à savoir lire une boussole ?...
(9) " Ce qu'il faut savoir avant de « copier l'Allemagne »... Pour aider la zone euro, les Allemands ne devraient pas tant accepter de prêter davantage d'argent aux Grecs ou aux Italiens que se remettre enfin à lutter contre la pauvreté et les inégalités chez eux.
(10) " Les Français très partagés sur une intégration européenne accrue (sondage)"... Les Français sont très partagés sur la pertinence d'une intégration européenne renforcée pour résoudre la crise de la dette en zone euro, 48% y étant favorables contre 49% qui y sont opposés, selon un sondage Ifop pour Sud-Ouest Dimanche...
(11) " Ce que Sarkozy dit de Hollande, et réciproquement "... le candidat socialiste a choisi une autre stratégie. "Je n'ai pas besoin de dire ce qu'est Nicolas Sarkozy, ironise-t-il. Les Français le savent… Et son bilan sera un boulet pour lui." Cela ressemble diablement à ce que François Mitterrand lançait, en 1981, au soir de l'annonce de la candidature de Valéry Giscard d'Estaing : "Il nous a présenté sa candidature ? avait lâché le candidat socialiste de l'époque. Il aurait pu nous présenter ses excuses…"
(12) " Merkel intraitable, Sarkozy insaisissable"... A peine 24 heures se sont écoulées entre les interventions de Nicolas Sarkozy à Toulon et d'Angela Merkel devant le Bundestag. D'un discours à l'autre, les divergences de fond ressurgissent entre la France et l'Allemagne...
(13) " En attendant Merkel... "... Bref, ce discours, annoncé comme "fondateur", esquive un certain nombre de points clés sur la réforme des traités, sur le futur équilibre des pouvoirs au sein de la zone euro, sur la question tellement symbolique de l’automaticité des sanctions pour les pays non disciplinés, sur la puissance de feu des outils dont il faudra faire usage s’il est nécessaire de prendre des mesures d’aides d’urgence en faveur de certains pays si les taux d’intérêt sur les dettes souveraines s’envolent à nouveau dans les jours qui viennent. Entre lundi prochain, où se tiendra un sommet franco-allemand et les 8 et 9 décembre, date du prochain sommet européen, il reste peu de temps pour traduire concrètement et de façon opérationnelle les grands principes exprimés à Toulon. Le diable est dans les détails, comme on dit (aussi) en Allemagne…
(14) " Crise UE : Morin voudrait la convocation d'une "convention de la zone euro"... "A 24 heures d'intervalle, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel viennent en effet d'exprimer deux visions radicalement différentes de l'avenir de l'Europe", poursuit-il, craignant l'affichage d'un "accord de façade" entre les deux pays leaders de la zone euro...
vendredi, décembre 02, 2011
Vers la fermeture des guichets bancaires...
Un "Run on the Bank est un "Mécanisme de retrait massif des liquidités auprès des institutions financières qui se traduit par une dégradation importante des ratios de liquidités et par l’accélération de la faillite des institutions financières " nous explique Driss Lamrani (1). Le 9 décembre 2011 sera le "jour de la refondation européenne" nous a annoncé Sarko. Ce sera peut-être aussi la veille ou l'avant-veille du prochain "Run on the Bank" comme nous le suggère Bruno Bertez (2) si ce sommet déçoit encore une fois les marchés.
D'ailleurs, ce matin, Merkel a modéré les envolées incantatoires (10) de Sarko en nous mettant en garde contre trop d'espérance dans ce prochain sommet (3) qui risque donc fort d'être comme les précédents, c'est à dire un bide du point de vue des marchés qui n'ont visiblement pas la patience d'attendre des années pour commencer de voir le bout du tunnel et ne supportent plus les promesses politiques des uns et des autres qui ne sont de toute façon jamais d'accords (4) entre eux sur le diagnostic de la crise.
Et pour cause : les uns et les autres ne pensent qu'aux prochaines élections donc cisèlent leurs discours en fonction d'objectifs électoralistes nationaux (ça se discute peut-être ...(7)) alors que nous traversons une crise systémique mondiale. Comment s'étonner que les marchés mondiaux ne supportent plus ce jeu périmé et, pour tout dire, criminel, de nos politiques ?
Il y a deux jours, c'était mercredi dernier, cinq banques centrales (FED, Banque du Japon, Banque d'Angleterre, etc) sont intervenues pour sauver une banque européenne de la faillite (probablement une banque grecque, voire française... ou plus ou moins les deux compte tenu de l'exposition des banques françaises en Grèce). Ce n'est pas par charité que la FED sauve une banque européenne (6) (11). C'est parce que l'ensemble du système bancaire mondial était menacé. Le système a été sauvé, pour cette fois-ci. Mais ce n'est que partie remise (8) (9).
Nous en sommes là : nos banques européennes ne parviennent plus à se procurer les dollars dont elles ont besoin pour faire leur business. Cela veut tout de même dire quelque chose, non ? Comment se fait-il que nous ne puissions plus obtenir des dollars ? N'est-ce pas une forme de prélude d'un "Run on the Bank", non pas au niveau du public mais au niveau des banques elles-mêmes ?
Autrement dit et clairement dit, le robinet dollar est fermé pour les banques européennes. Déjà, à plusieurs reprises, Jean Pierre Chevalier a signalé ces derniers jours le recours de banques européennes à la BCE pour obtenir des dollars (5) que ces banques ne peuvent plus trouver sur le marché qui ne font plus confiance à ces banques.
Eh bien, que se serait-il passé si les banques centrales n'étaient par intervenu mercredi dernier ? Les guichets dollars des banques européennes auraient été fermés. L'hypothèse d'une fermeture soudaine des guichets bancaires n'est donc pas une affaire de Cassandre, malheureusement d'ailleurs car les Cassandre ont toujours faux.
Pour l'instant, cela concerne uniquement le dollar mais si une banque est mise en faillite parce qu'elle n'a plus de dollars pour se financer, c'est toute la banque qui ferme et pas seulement les guichets dollars. C'est donc nous tous qui serions pénalisés parce qu'à cause du dollar, nous ne pourrions plus retirer nos euros pour cause de fermeture soudaine des guichets des banques mises en faillite par... le dollar.
Notes.
(1) " Zone euro : apocalypse now ?"... La solvabilité des institutions financières pourrait être mise à mal par la sortie de certains États, puisqu'il est fort à parier que ceux-ci dévalueront [4] automatiquement leur « nouvelle monnaie », afin de combattre la spirale déflationniste dans laquelle ils se trouvent. Les États ne pourront pas venir en aide à leur système financier (à l’inverse de ce qui a été réalisé en 2008). Ils pousseront le système à devenir « zombie » (à l’image de certaines institutions financières japonaises), ou à faire défaut d’une façon plus ou moins organisée. L’épargne des ménages risquerait de subir une réduction, au même titre que les dettes vis-à-vis des institutions externes. La crainte des épargnants pourrait elle-même accélérer la dégradation des institutions financières, puisqu’il suffirait d’un mouvement de panique pour que se mette en œuvre un « Run on the Bank »...
(2) " A Chaud!!!!! Le Jeudi 1er Décembre : Au Pays de “l’Euro Soviet” c’est Coke en stock pour Mister Market par Bruno Bertez"... Nous l’avons répété à plusieurs reprises, les dirigeants européens et singulièrement au premier rang Merkel et Sarkozy, puis au second rang l’Italien Monti, ont fait du 9 décembre le grand jour de la refondation européenne...
... Ce sont les chefs de gouvernements eux-mêmes qui ont choisi pour stratégie de faire de la réunion du 9 un grand sommet. Ce sont eux qui ont créé les attentes. Ce sera leur responsabilité, non seulement face aux marchés, mais aussi face aux citoyens, s’ils échouent.
Nous attirons votre attention sur les risques que comporte cette démarche des responsables gouvernementaux. Un enchainement fatal, hors de tout contrôle, pourrait se mettre en branle en cas de déception.
(3) "L'Europe est sur le point de réaliser une union budgétaire", annonce Merkel"... Tous les espoirs sont dorénavant tournés vers la réunion des dirigeants européens les 8 et 9 décembre dans la capitale européenne, prochaine étape dans la succession de sommets présentés comme "décisifs" mais impuissants pour le moment à contenir l'embrasement de la crise de la dette.
D'ailleurs analystes et économistes se font peu d'illusions. "Cette fois-ci non plus il n'y aura pas le grand pas vers la délivrance espérée", commentaient vendredi ceux de Commerzbank.
Angela Merkel elle-même l'a redit: "le grand coup, le coup de massue" apportant une solution à tous les problèmes n'existe pas. Remédier aux causes du mal -les dérapages des finances publiques, la faible compétitivité de certains pays- "est un processus, et ce processus va prendre des années"....
(4) " Avenir de l'Europe : la réponse de Merkel à Sarkozy "... Oui, les traités ont besoin d'être révisés, comme l'a affirmé Nicolas Sarkozy, mais essentiellement pour "renforcer le respect des règles budgétaires". Car, pour Berlin, c'est bien le laxisme des États, incarné par le viol répété des règles du pacte de stabilité, qui est la cause principale de la tempête actuelle. Et non pas, comme l'a affirmé le président français, la "mondialisation sans règle autre que celles qui garantissaient la liberté du commerce"....
(5) " BCE : 2 banques curieusement en défaut de paiement en $…"... 2 banques de l’€URSS avaient déjà réemprunté pour une semaine un total de 552 millions de dollars à la BCE afin de ne pas être en défaut de paiement dans cette devise. L’une de ces banques a pu rembourser 200 millions de dollars seulement à l’échéance, l’autre rien du tout a priori,...(6) " La peur morbide des Américains de voir l’Europe s’effondrer "... Les Etats-Unis sont convaincus que l’aggravement de la crise de la zone euro aurait des effets dévastateurs sur les banques américaines et le système financier, avant de toucher la confiance des consommateurs américains et l’économie réelle... (ndlr : qu'elle est la courroie de transmission entre le système financier et l'économie réelle ? Réponse : les guichets bancaires).
(7) " Sarkozy mise sur l'Europe, un pari risqué pour 2012? "... Certes, les crises de l'euro et des dettes souveraines sont des sujets capitaux. Pourtant, bâtir sa campagne sur ce thème paraît être un pari risqué. Quel que soit le sondage sur les préoccupations des Français, le sujet végète en queue de classement, comme c'est le cas dans une étude du CSA pour BFMTV/RMC et 20 Minutes, où l'avenir de l'euro n'arrive qu'en huitième position. Et c'est sans compter sur la défiance qu'ont les Français envers une institution, dont ils ne voient pas l'utilité et dont ils ne comprennent pas le fonctionnement. Le non au référendum de 2005 en témoigne. ... (ndlr : selon cette analyse, le choix européen de Sarko serait donc politiquement contre-productif et électoralement suicidaire ? )
(8) " Les valeurs bancaires recherchées sur les marchés européens "... Revenant sur l'action coordonnée des banques centrales mercredi pour assurer la liquidité dans le secteur bancaire, Fitch se montre néanmoins prudente et relève que l'accès au dollar des banques de la zone euro s'est récemment contracté. "Les fonds monétaires américains ont réduit leur exposition aux banques européennes de 42% depuis mai 2011", souligne l'agence de notation. "Les banques françaises ont été particulièrement affectées par le retrait des fonds de la zone euro, avec un investissement en baisse de 69%." Fitch estime dans ce contexte que la situation des établissements bancaires français restera "difficile". (ndlr : ce qui veut bien dire que la partie n'est que remise...)
(9) " La morphine des banques centrales calme (provisoirement) la fièvre des marchés "... Les grandes banques centrales de la planète ont établi une série de mesure face à la crise financière. Si les marchés financiers semblent apaisés pour le moment, cela suffira-t-il à sauver la zone euro ?... En sachant que l’armistice des marchés n’est que provisoire et que leur pression reprendra de plus belle à la moindre défaillance pour obliger les Européens à agir ensemble ou à disparaître. (ndlr : une disparition qui serait radicale et quasi immédiate si les guichets bancaires venaient à être soudainement fermés)
(10) " Sarkozy tente le pari des efforts pour conjurer la peur qui étrangle l'Europe "... De grandes envolées incantatoires face à 5000 personnes mobilisées à Toulon pour l'occasion: refondation de l'Europe, sommet social en janvier et discipline budgétaire......
(11) " Faut-il que la Fed sauve l'euro? (Interview avec Dean Baker)".... Puisque la Banque centrale européenne ne se décide toujours pas à garantir les dettes de la zone euro, la Réserve fédérale américaine peut aussi bien s’en charger, plaide Dean Baker, co-directeur du Center for Economic and Policy Research à Washington. Ses explications...
(12) " Explosion de l'euro : les entreprises ont déjà commencé à préparer le cataclysme "... Que se passera-t-il en cas d’éclatement de la zone euro ? Les grandes entreprises tentent de prévoir le scénario, afin de se préparer. Au pire ?...
(13) " La dernière chance de l'euro "... « La triste vérité est que le système euro semble de plus en plus voué à l’échec. Et une vérité plus triste encore est que, vu comme le système se comporte, l’Europe se porterait sans doute mieux s’il s’écroulait aujourd’hui plutôt que demain », estimait le Prix Nobel d’économie Paul Krugman dans le New York Times du 24 octobre...