mardi, mai 31, 2011

L'indignation n'est pas une réponse, seulement un réflexe.

Bien sûr, il y a de quoi être indigné et je comprends, ô combien, les indignés. Ceci étant dit, ce mouvement d'indignation ne débouchera sur rien (1). Le déchainement de la matière est plus fort que tout (2). Ce à quoi il faut se préparer n'est pas dans un espoir de réforme du Système, mais dans son effondrement. Ce à quoi nous devons nous préparer réside dans un espoir désespéré de survivre à l'effondrement de ce Système afin de faire parti de ceux qui rebâtiront le nouveau nouveau monde, une fois que notre Système se sera effondré. Il n'y a aucune règle du jeu connue pour survivre à l'effondrement de ce Système. C'est seulement après l'effondrement de ce Système que nous nous reconnaitrons entre rescapés pour repartir à l'aventure. Une aventure magnifique, une aventure extraordinaire comme jamais l'humanité n'en a connue dans son Histoire. Une raison suffisante pour les uns et les autres d'y croire et d'espérer...

Notes.

(1) "
Lettre d'une “Indignée” du Capitole au moment de la retraite", ... Trop peu de monde» mobilisé pour entraîner le «déclic» vers un grand mouvement. Le jeu de la «spontanéité» qui, du coup, a vite atteint ses «limites»: Une “Indignée” de la place du Capitole tire un bilan après expulsion de leur quinze jours passés à rêver d'un autre monde possible...

(2) "
La cyberguerre, un casus belli de plus ", ... L’attaque est considérée avec tant de sérieux, à cause des dégâts causés, que le président Obama soi-même, malgré ses nombreuses occupations si importantes, est personnellement tenu au courant. C’en est donc au point où le Pentagone envisage de considérer une cyberattaque comme un acte de guerre formel, conduisant à une possible riposte militaire qui ne prendrait pas nécessairement une forme de cyber riposte, mais une riposte vraie de vraie, avec bombes, discours publics et tout le reste.... (NDLR : de toutes les nouvelles de ces derniers jours, celle-ci est la plus importante. En effet, il s'agit, pour les USA, de légitimer à priori toute nouvelle guerre conventionnelle n'importe où sur la planète au simple - et surtout invérifiable - prétexte d'un acte de défense contre une cyberattaque. Même plus besoin d'un Ben Laden pour aller bombarder n'importe quelle région puisqu'il est quasiment impossible de déterminer territorialement la provenance d'une cyberattaque qui peut tout aussi bien provenir du territoire US lui-même. Cette nouvelle marque une sorte d'apothéose de la barbarie de notre monde et illustre magistralement ce fameux "déchainement de la matière" contre lequel nous ne pouvons absolument rien comme le montre, par ailleurs, la catastrophe nucléaire de Fukushima. Faudrait-il donc sortir du numérique comme certains pays sortent déjà du nucléaire ? Cela ne reviendrait à rien d'autre que de sortir du Système, ce que réclament en sommes les indignés qui sont, pour cela, chassés des places qu'ils occupent par les forces de l'ordre du Système. Que font-ils de si dangereux ? Rien, ou plutôt, ils font exactement ce que le Système ne veut pas qu'on fasse : parler, dire les choses, dénoncer la folie de ce Système, c'est à dire s'attaquer frontalement à l'arme postindustrielle de communication du Système, ce que ce dernier ne peut évidemment pas accepter puisque cela revient à le mettre à nu. J'ai parlé de cyberattaque et je pose la question : l'usage des réseaux sociaux par les indignés ne pourrait-il pas, finalement, être considéré par le Système, comme une forme de cyberattaque ? N'est-ce pas exactement cela que visait Nicolas Sarkozy en réclamant un internet plus "civilisé", c'est à dire absolument conforme au Système ? En poussant à peine le raisonnement, les rassemblements d'indignés sont considérés par le Système comme illégaux parce qu'ils ont pour origine l'usage des réseaux sociaux que le Système assimile, à partir de maintenant, à des cyberattaques. Les indignés feraient bien d'y réfléchir car tout le pacifisme qu'ils affichent ne peut pas masquer la source même de leur existence en tant que mouvement de masse : les réseaux sociaux considérés par le Système comme une forme de cyberattaque qu'il est légitime, aux yeux du Système, de bombarder sinon avec des vraies bombes au moins pour commencer, par des charges armées des forces de l'ordre.).