Du point de vue de la théorie PointZéro, l’affaire dans laquelle se débat De Villepin est l’effet de ce que j’appelle l’arme postindustrielle de communication qui consiste, en substance, à médiatiquement criminaliser l’adversaire. La justice est un instrument aux mains du pouvoir. Cela a toujours été et le sera toujours sinon le pouvoir n’aurait aucune réalité. Si l’argent est le nerf de la guerre, encore faut-il que la guerre, quelle qu’elle soit, soit perçue comme légitime par l’opinion publique pour que cela se traduise, le moment venu et au nom de la démocratie, en termes de suffrages électoraux.
Il n’y avait pas lieu de s’opposer à la décision du procureur.
Il est possible que le procureur de la République ait pris sa décision en conscience, de façon indépendante et conformément à la logique judiciaire sans prendre en considération la dimension politique de cette décision. Après réflexion, le pouvoir a naturellement estimé qu’il n’y avait pas lieu de s’opposer à la décision du procureur (1). Peut-on accuser, comme le fait De Villepin, le pouvoir d’avoir interféré sur le procureur ? (5)
Une rupture radicalement gaullienne.
A partir de là, connaître la vraie source du dossier me semble peu important puisque de toutes les façons, les jeux sont faits. Du point de vue du politiquement correct, De Villepin est durablement hors course à moins qu’il opte pour une rupture radicalement gaullienne et s’adresse directement aux Français pour leur dire qu’il ne reconnaît pas le gouvernement actuel (2) qui se prétend être celui de la France alors qu’il n’est que le bras armé de la mondialisation.
Une forme postmoderniste de fascisme.
Lorsque le général fit son appel du 18 juin, il était sous le coup d’une condamnation à mort. Pour s’en sortir, il n’avait pas d’autre choix que de délégitimer Vichy en tant que bras armé du nazisme en créant à partir de rien – il ne disposait, à ce moment-là, que d’une secrétaire - le gouvernement de la France libre. J’ignore (même si je ne me fais pas trop d’illusions (4)) si De Villepin est de la trempe de De Gaulle mais il est possible de comparer les deux contextes historiques dans la mesure où ce qu’on appelle la mondialisation n’est rien d’autre qu’une forme postmoderniste de fascisme (3) c'est-à-dire la collusion du pouvoir politique et d’intérêts privés internationaux comme l’a magistralement démontré l’affaire de la pandémie grippale à laquelle plus de 90% des Français n’ont jamais cru.
Le crédit a remplacé les chars.
Il se trouve que concernant la pandémie, des experts indépendants ont pu se faire entendre en particulier via l’Internet ce qui n’est pas le cas concernant la crise financière, la véritable arme de destruction massive des fascistes de la mondialisation mon analyse étant que si l’invasion territoriale était le moyen militaire d’occuper un pays, aujourd’hui, comme le montre le cas de l’Islande, de la Grèce et bientôt de la France (7), le moyen de soumettre un pays est de nature financière (6). Le crédit a remplacé les chars. La dette a remplacé les camps de prisonnier. Voilà ce que devrait dénoncer De Villepin. Voilà ce que devraient s’entendre dire les Français.
La France est morte, vive la France!
Notes et références.
(1) " Clearstream : Alliot-Marie dément à son tour toute instruction de l'Elysée ", lemonde.fr, 31 jan 2010... M. Marin est un homme que tout le monde respecte, qui a montré dans sa longue carrière son indépendance", a affirmé la ministre. "Remettre en cause son indépendance, c'est attaquer l'ensemble de la magistrature", a-t-elle mis en garde. "Il est dangereux de faire porter la suspicion sur le procureur," a-t-elle insisté, précisant qu'elle ne saurait "l'accepter" car "il faut respecter la justice". "La conviction [de M. Marin] l'a amené à prendre des réquisitions, à porter des accusations qui n'ont pas été suivies" par le tribunal, a relevé Mme Alliot-Marie. "Il est logique et dans la tradition qu'il réagisse en demandant à ce qu'elles soient réexaminées par un second tribunal", a-t-elle justifié. Selon elle, "l'attitude de M. Marin est cohérente".... (ndlr : c'est pourquoi le pouvoir n'a pas eu à intervenir).
(2) " Clearstream: le parquet n'a eu «ni instruction, ni incitation» pour faire appel", liberation.fr, 31 jan 2010 ... «Le gaullisme, cela correspond à certaines idées, convictions, comportements», dont «la reconnaissance d’un Etat qui a un rôle à jouer», selon MAM.
Elle a rappelé voir envisagé de se présenter à la présidentielle de 2007. Mais cela «risquait de faire perdre ma famille politique, je me suis retirée». «Quand on se réclame du gaullisme, il y a un moment où l’intérêt général doit prévaloir sur ses ambitions personnelles», a assuré la ministre de la Justice pour qui le président de la République «incarne l’intérêt général de la France».... (ndlr : comprendre naturellement le contraire...)
(3) " « Le terrorisme international n'existe pas », alterinfo.net, 31 jan 2010... L'analyse de la nature même du processus de mondialisation et des doctrines militaire et politique, des Etats-Unis et des autres pays, montre que le terrorisme contribue à la domination mondiale et à la soumission des Etats à l'oligarchie globale. Cela signifie que le terrorisme n'est pas quelque chose d'indépendant de la politique mondiale mais seulement un instrument, un moyen d'installer un monde unipolaire avec un seul quartier général mondial. C'est un prétexte pour effacer les frontières nationales et pour établir la loi d'une nouvelle élite mondiale. C'est précisément cette élite qui constitue l'élément clé du terrorisme mondial - ses idéologues et ses "parrains". Les réalités historique, culturelle, traditionnelle et naturelle sont les cibles principales de cette élite mondiale. Elle vise le système existant de relations entre les Etats ; les ordres nationaux et étatiques de la civilisation humaine partout dans le monde, ainsi que les identités nationales... (ndlr : ma position est plus postmoderne dans le sens ou aujourd'hui, il s'agit d'un terrorisme financier ou monétaire pour les puristes, beaucoup plus efficace que le terrorisme d'Al Qaïda en attendant le terrorisme climatique qui dépassera tous les autres).
(4) " Le « rôle positif » de Régis Debray en Bolivie et en Haïti (dixième et dernière partie)", claude-ribbe.com, 31 jan 2010. (signalé par dazibaoueb.fr)... Villepin les reçut entre deux portes et leur fit comprendre que le sort du président Aristide était scellé. Il avoua en avoir eu confirmation de son homologue Colin Powell en personne. « Il vaudrait mieux qu’il démissionne. C’est toujours mieux que d’être obligé de monter dans un hélicoptère, la nuit, au fond d’un jardin. » Telle fut la formule de celui qui, depuis, s’est retrouvé devant la justice pour son implication présumée dans une sordide affaire de listings trafiqués. Villepin était donc parfaitement informé, au moins dès le 27 février, de l’enlèvement, en fait activement préparé par la France et les USA depuis plusieurs mois... (ndlr : pour montrer que De Villepin est un homme du système)
(5) " Affaire Clearstream : le gouvernement face au soupçon ", lemonde.fr, 31 jan 2010... Rarement une décision de justice aura été autant commentée par la classe politique... (ndlr : cet article rapporte de nombreuses réactions...)
(6) " L'Espagne adopte un plan d'austérité et la retraite à 67 ans ", lemonde.fr, 31 jan 2010... L'Espagne est entrée en récession à la fin de l'année 2008 et a vu ses finances publiques se dégrader à grande vitesse à cause de la chute des recettes fiscales et du coût des mesures de relance économique adoptées par le gouvernement. (ndlr : la chutte des recettes fiscales est le résultat d'une politique injuste de niches et d'exonérations fiscales et les mesures de relances économiques n'ont été que des mesures de relance financière sans impact sur l'économie. Et maintenant, on nous demande de rembourser ce qui n'est en réalité qu'un racket. Les socialistes sont pires que les autres.)
(7) " Grèce/eurozone : attaques spéculatives et ingouvernabilité ", solidariteetprogres.org, 30 jan 2010... Les clous de Maastricht ne se retournent pas seulement contre la péninsule hellénique, puisque François Fillon doit rendre sa copie à Bruxelles en début de semaine. Objectif : réduire le déficit budgétaire de 8,5% à 3% du PIB d’ici 2013. Au programme : geler les budgets des ministères, inciter les collectivités locales à faire de même, juguler les dépenses de l’assurance maladie et poursuivre le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Si ces mesures sont compatibles avec le pacte d’austérité de Maastricht, le sont-elles avec les promesses faites par Nicolas Sarkozy sur TF1 à 11 français frappés par la crise ?...
