Photo 1 : Saisie d’écran d’une image transmise par un ROV travaillant sur la tête du puits.
Photo 2 : Les coordonnées affichées sur les images transmises par le ROV correspondent au système appelé LAMBER X-Y, un système de repérage local. Juste en dessous, nous voyons les coordonnées universelles avec les lettres N et W :
Photo 3 : c’est la surprise, nous n’avons pas un puits mais DEUX puits :

D’après le document, (voir la video ICI), le premier puits A devait être terminé le 15 avril 2010 (l’explosion date du 20 avril 2010) tandis que le second puits B devait commencer d’être creusé à cette même date. Un retard sur le premier puits entrainait donc automatiquement un retard sur le second puits. Les deux puits se situent à quelques centaines de mètre l’un de l’autre. Les coordonnées système Lamber X-Y affichées sur les images correspondent au puits A ce qui pourrait signifier que le puits B serait tout simplement celui que BP nous présente comme un puits de secours. Les délais annoncés depuis le début de la catastrophe pour la réalisation de ce puits présenté comme un puits de secours correspondent (100 jours) aux délais déclarés sur l’autorisation. Cela signifie que la décision de réaliser un puits de secours revient à utiliser un puits qu’il était de toute façon prévu de réaliser même sans la catastrophe et ne nécessitait donc ni autorisation supplémentaire, ni budget supplémentaire. D’où le choix annoncé immédiatement après l’explosion de la plate forme d’opter pour la solution d’un puits de secours devant aboutir dans le courant du mois d’août. Cette option n’a donc pas été fixée par rapport aux contraintes imprévues d’une intervention d’urgence mais n’est que le prolongement (avec quelques modifications sans doute ?) d’un projet établi avant même la catastrophe ce qui ne peut que susciter quelques doutes sur la validité scientifique de cette opération dite « static kill + bottom kill » pour tuer définitivement le puits A à partir du puits B. Je veux suggérer par là que BP utilise les moyens du bord pour faire du bricolage à moindre coût et que nous, nous croisons les doigts…
Il est à noter que les explications fournies aujourd’hui par le Washington post sur la manière de tuer le puits A ne collent pas avec la version publique fournie par BP. Le Washington post explique que la première phase consiste à boucher le haut du puits pour pouvoir ensuite boucher la base du puits. BP explique de son côté qu’il s’agit de boucher uniquement la base du puits en commençant par remplir de ciment l’intérieur du puits puis de compléter en injectant du ciment à l’extérieur du puits ce qui permet non seulement de colmater le puits à la base mais aussi les fuites qui se situent dans le sol tout autour de la base du puits (voir ICI, paragraphe à 17 :00 FR) et qui fragilisent l’ensemble du forage pouvant provoquer, à terme, un effondrement du puits disparaissant dans le sol sous son propre poids et laissant à la place un immense cratère par où pourrait s’échapper des quantités considérables de pétrole et de gaz qu’il serait alors tout à fait impossible de récupérer. C’est pour éviter une telle catastrophe que des scientifiques indépendants qui ont encore accès aux médias préconisent d’ouvrir le bouchon qui ferme actuellement le puits et de récupérer le pétrole et le gaz sur des navires de surface jusqu’à ce que la pression à l’intérieur du puits diminue. BP refuse cette solution de prudence pour ne pas payer les pénalités… et éviter qu’une seconde plate forme n’explose comme la première, aucun système de sécurité ne fonctionnant dans ce maudit puits.
21 :00 FR / 15 :00 US – De plus en plus d’images vidéos....

... montrent clairement des fuites de gaz et de pétrole depuis le sol environnant le puits de BP. La question est donc de comprendre pourquoi BP continue de diffuser ses images ? Après tout, si BP coupait ses vidéos, personne ne saurait ce qu’il se passe dans les profondeurs du golfe du Mexique. Mais BP estime sans doute que pour l’instant, ses images inquiétantes lui sont profitables car il a testé le public et a constaté qu’il marche depuis le début dans son affaire. En effet, comment pouvons-nous expliquer qu’après avoir provoqué une telle marée noire, personne ne s’est révolté pour demander de jeter les responsables de cette catastrophe en prison ? Nous ne pouvons que constater qu’il n’en est rien. Même le directeur général de BP va partir après avoir vendu ses actions (pour payer sa maison) et en empochant beaucoup d’argent. Et alors ? Personne ne lève le petit doigt. BP a donc tiré les conclusions de cette situation : à partir du moment où les images ne montrent plus de fuites évidentes depuis la tête du puits, les gens ne veulent plus savoir ce qu’il se passe réellement. Pour eux, l’affaire est terminée. L’histoire du « static kill » et du « bottom kill » ne sont qu’affaires de spécialistes. Quand aux dangers du Corexit, ce ne sont que des rumeurs paranoïaques sur le Net, comme d’habitude. Souvenons-nous, nous avons connu la même situation de déni du net lors de la pandémie HIN1 et pourtant, aujourd’hui, nous savons ce qu’il en était : une énorme magouille financière entre les labos et les autorités de l’OMS. Aujourd’hui, de nombreux sites dénoncent ce même genre de magouille entre BP, l’administration US et les médias aux ordres mais les gens font un nouveau déni de réalité. Comment les gens peuvent-ils croire que ceux qui sont responsables de cette catastrophe (et nous n’avons encore rien vu) peuvent trouver les bonnes solutions pour régler le problème ? BP a compris tout cela. C’est pourquoi il nous promet une opération de magicien avec son histoire de « static kill » et de « bottom kill ». Pour comprendre pourquoi cette double opération ne peut pas réussir, il faut fouiller sur le net par ce qu’il est inutile de compter sur les médias aux ordres… de BP et des intérêts financiers qui sont derrière. Naturellement, je ne sais pas d’avance ce qu’il va se passer. J’espère, bien sûr, que cette opération va réussir mais, honnêtement, je n’y crois pas parce que ceux qui prétendent résoudre le problème sont les mêmes que ceux qui l’ont provoqué. Non seulement ce sont les mêmes, mais leurs intérêts n’ont pas changé : limiter la casse et profiter de cette opportunité pour faire encore plus d’argent au détriment du bien public. Ce qu’ils tentent de faire en ce moment, c’est de vendre un maximum de biens au meilleur prix tout en réduisant au maximum les dépenses pour la lutte contre la marée noire. C’est la raison pour laquelle BP continue de diffuser des images depuis ses ROV. Ces images ont pour but de rassurer les marchés, les clients potentiels et le public. BP sait que les rumeurs qui circulent sur le net concernant les dangers de son opération visant à « tuer le puits » ne sont pas considérées par le public justement parce que ces rumeurs viennent du net. Le public ne peut pas croire qu’il est victime d’une conspiration entre BP, l’administration US et l’ensemble des médias. Le public pense que s’il s’agissait d’une manipulation de masse, il y aurait bien au moins une personne de la conspiration qui finirait par dénoncer cette situation. Mais comment une telle personne pourrait-elle le faire ? C’est impossible sinon via le net et cela ne servirait à rien pour les raisons développées plus haut : tout les avis divergents issus du net ne sont pas crédibles aux yeux du grand public. Ce grand public, en particulier celui qui est directement victime de la marée noire, a déjà tout perdu mais cela n’y fait rien : il ne se révolte pas. Par ailleurs, aucune image ne pourra nous montrer les résultats précis de l’opération « static kill + bottom kill ». Nous serons obligés de croire BP sur parole. Une fois cette opération magique réalisée, BP coupera ses images et pour tout le monde, l’affaire sera réglée. Or, l’affaire sera peut-être réglée pour BP car son puits ne crachera probablement plus de pétrole et BP ne pourra donc plus être désigné comme responsable. La marée noire sera-t-elle pour autant terminée ? Le puits de BP a provoqué des fissures dans le sol par lesquelles le pétrole et le gaz vont s’échapper de plus en plus mais ce sera la faute à personne… seulement la faute à pas de chance !!! Le jour ou la région du golfe du Mexique ressemblera à Haïti après le tremblement de terre, ce sera encore la faute à pas de chance ? Les millions de familles américaines qui se retrouvent à la rue à cause de la crise financière, c’est la faute à pas de chance ? Notre civilisation qui est en train de s’effondrer, c’est la faute à pas de chance ? Si c’est ce que croit la majorité des gens, je n’y peux rien mais ce n’est pas ce que je crois c’est pourquoi je me bats avec ce blog pour résister à ce suicide collectif. Cela ne changera rien mais j’ai au moins l’impression d’être debout… jusqu’à quand ?
23 :00 FR / 17 :00 US – Les dangers du Corexit opposent les médias aux ordres avec la partie résistante du Net. Cette bataille est probablement perdue d’avance par le Net parce que l’ensemble de la région du golfe du Mexique est déjà passée sous le régime de l’état d’urgence et de la loi Martiale. Il pourrait bien y avoir des dizaines de milliers de personnes hospitalisées à cause du Corexit que cette situation serait niée par les autorités US aux ordres des intérêts privés de BP. Le golfe du Mexique est dans la même situation que l’Irak : le pouvoir est entre les mains des intérêts privés du pétrole et des intérêts financiers qui sont derrière. Ces intérêts ne veulent rien entendre des problèmes des populations locales. Le monde, et en particulier le monde US, a besoin de pétrole et ce ne sont pas les quelques millions de « petites gens » (sic l'ex DG de BP) habitant la région qui vont empêcher les pétroliers de poursuivre leur « business as usual ». Non seulement mais ces quelques millions de gens doivent disparaître grâce aux maladies à moyen et long terme provoquées par le Corexit dont il est maintenant bien documenté que l’Administration US (Thad Allen) n’a pas limité les quantités exigées par BP. Toutes les demandes de BP ont été accordées par Thad Allen qui nie farouchement la toxicité de ce dispersant dont la composition chimique est pourtant un secret commercial. Comment peut-on prétendre, comme le fait Thad Allen, le représentant de Barack Hussein Obama, que le Corexit n’est pas un poison si l’on ignore sa composition chimique ? Ce que l’on n’ignore pas, c’est son efficacité à faire disparaître le pétrole de la surface de l’eau puisque les journalistes des médias aux ordres s’interrogent pour savoir où est passée la marée noire ? On, c'est-à-dire les relais médiatiques payés par BP, on s’interroge sur ce miracle et on explique au brave public que c’est un effet de Dame nature, c'est-à-dire que le pétrole, grâce à Corexit, a été mangé par des bactéries. Vive la culture du miracle scientifique qui fait que les populations sous instruites du golfe du Mexique (ce n’est pas une insulte mais un fait reconnu publiquement) croient au miracle scientifique et ceux qui n’y croient pas n’ont pas le droit de le dire sous peine de se retrouver en prison avec 40 000 dollars US d’amende... de quoi refroidir sur le champ n'importe quel pêcheur de crevettes...
23 :00 FR / 17 :00 US – Les dangers du Corexit opposent les médias aux ordres avec la partie résistante du Net. Cette bataille est probablement perdue d’avance par le Net parce que l’ensemble de la région du golfe du Mexique est déjà passée sous le régime de l’état d’urgence et de la loi Martiale. Il pourrait bien y avoir des dizaines de milliers de personnes hospitalisées à cause du Corexit que cette situation serait niée par les autorités US aux ordres des intérêts privés de BP. Le golfe du Mexique est dans la même situation que l’Irak : le pouvoir est entre les mains des intérêts privés du pétrole et des intérêts financiers qui sont derrière. Ces intérêts ne veulent rien entendre des problèmes des populations locales. Le monde, et en particulier le monde US, a besoin de pétrole et ce ne sont pas les quelques millions de « petites gens » (sic l'ex DG de BP) habitant la région qui vont empêcher les pétroliers de poursuivre leur « business as usual ». Non seulement mais ces quelques millions de gens doivent disparaître grâce aux maladies à moyen et long terme provoquées par le Corexit dont il est maintenant bien documenté que l’Administration US (Thad Allen) n’a pas limité les quantités exigées par BP. Toutes les demandes de BP ont été accordées par Thad Allen qui nie farouchement la toxicité de ce dispersant dont la composition chimique est pourtant un secret commercial. Comment peut-on prétendre, comme le fait Thad Allen, le représentant de Barack Hussein Obama, que le Corexit n’est pas un poison si l’on ignore sa composition chimique ? Ce que l’on n’ignore pas, c’est son efficacité à faire disparaître le pétrole de la surface de l’eau puisque les journalistes des médias aux ordres s’interrogent pour savoir où est passée la marée noire ? On, c'est-à-dire les relais médiatiques payés par BP, on s’interroge sur ce miracle et on explique au brave public que c’est un effet de Dame nature, c'est-à-dire que le pétrole, grâce à Corexit, a été mangé par des bactéries. Vive la culture du miracle scientifique qui fait que les populations sous instruites du golfe du Mexique (ce n’est pas une insulte mais un fait reconnu publiquement) croient au miracle scientifique et ceux qui n’y croient pas n’ont pas le droit de le dire sous peine de se retrouver en prison avec 40 000 dollars US d’amende... de quoi refroidir sur le champ n'importe quel pêcheur de crevettes...
1 commentaires:
Bravo pour les travaux de recherche, vous avez une meilleure maitrise de l'outil internet que moi .
Une ou deux réflexions. Il est vrai que les bactéries sont friandes de pétrole, mais cela ne peut pas se voir sur une période de 3 mois, donc là il y a manifestement enfumage de la part du service communication de BP.
Le naufrage de l'Amoco Cadiz avait tout dévasté autour de l'Aber Wrac'h, mais plusieurs années après les pécheurs constataient un meilleur rendements en crevettes et crustacés qui sont plus haut dans la chaine alimentaire.
Je serai moins dur que vous quant au "détournement" d'utilisation du second forage. Le contre forage est une technique couramment utilisée, pour autant que je sache, pour obturer des puits qui génèrent des problèmes.
L'inconvénient de la méthode c'est qu'elle est longue, mais sous la mer elle reste pratiquement la seule applicable.
Quoi d'étonnant à utiliser un puits proche pour gagner quelques semaines quel que soit l'habillage médiatique qu'on lui donne ?
Les conséquences sociales ? Elles sont à venir et elles viendront quelle que soit la puissance du système américain et sa force d'inertie sociale. Après tout, les gens n'ont les pieds dans le coaltar que depuis quelques semaines et toutes les conséquences ne sont pas encore visibles, la marée noire c'est insidieux.
Encore bravo pour l'analyse.
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