vendredi, juillet 09, 2010

9 juillet 2010 – Marée noire : l’insoutenable impuissance US.

Ce n’est pas un scoop : de nombreux commentateurs ont déjà comparé l’explosion de la plate-forme de Deepwater/BP dans le golfe du Mexique le 20 avril 2010 à celle de Tchernobyl en Ukraine qui contribua, d’une manière ou d’une autre, à l’effondrement de l’URSS. L’explosion de cette plate-forme et ses conséquences peuvent-elles accélérer l’effondrement déjà en cours des USA ?

Si je compare l’évènement à celui du 11 septembre 2001, pour reprendre la référence faite par Barack Hussein Obama en personne, les tours sont en flammes mais ne sont pas encore effondrées. Les pompiers tentent de sauver les occupants des tours dont certains commencent à se jeter dans le vide pour échapper à la fournaise. L’effondrement des tours pourraient alors correspondre à une explosion à venir du puits au fond du golfe du Mexique à moins que, comme dans le cas de la centrale de Tchernobyl, les techniciens ne parviennent à contrôler la fuite de pétrole et de gaz.

Selon les rares informations qui nous parviennent du golfe du Mexique, il semble que la fuite ne soit pas réparable et tous les espoirs reposent sur les deux puits de secours qui doivent atteindre le premier forage défaillant d’ici quelques semaines. Sans être expert en la matière, cet espoir me semble illusoire car comment toucher au cm près une cible pas plus grande qu’une assiette (le diamètre du tube défaillant) à plusieurs km de profondeur dans le plancher océanique ? Il s’agirait d’un exploit encore supérieur à celui qui permis de lancer les avions sur les tours de New-York alors qu’ils étaient pilotés à vue (selon la version officielle) par des kamikazes qui sortaient à peine d’un stage de pilotage ?

La version officielle de BP comme quoi ces deux puits de secours ont pour objectif de dériver le flux de pétrole et de gaz ne tient pas la route. La seule raison techniquement objective de ces deux puits de secours est l’usage d’explosifs pour tenter de vitrifier la base du forage avec les risques probables de provoquer un énorme trou dans le plancher qu’il sera alors définitivement impossible de contrôler. Nous serions alors dans la configuration d’un 11/9 écologique conformément aux déclarations de Barack Hussein Obama, le pétrole et les gazs recouvrant l’ensemble de la région du golfe du Mexique comme les cendres et les poussières recouvrirent la ville de New-York.

J’insiste : il me semble impossible de toucher au cm près une cible large comme une assiette à l’issue d’un forage perçant plusieurs km de plancher océanique. Au mieux, ces nouveaux forages s’approcheront à quelques dizaines de mètres, pas moins. Et alors ? Les ingénieurs de BP n’ignorent pas cette réalité et s’ils réalisent quand même ces deux puits, c’est seulement pour préparer une intervention de l’US Navy dont l’unique compétence est l’usage des bombes y compris de bombes nucléaires suffisamment petites pour pouvoir être glissées à travers un tube large comme une assiette jusqu’au fond des puits de secours.

En supposant que l’opération réussisse dans un premier temps et que nous constations que la fuite actuelle cesse de cracher son pétrole et son gaz, dans quel état sera le plancher océanique après l’explosion sachant qu’il est déjà fissuré de partout et soumis à d’extrêmes pressions en provenance de la poche magmatique qu’il recouvre ? Les autorités US doivent choisir entre laisser le puits actuel cracher son pétrole et prendre le risque de faire craquer le plancher océanique qui transformerait l’ensemble de la région du golfe du Mexique en zone morte.

Si le plancher ne craque pas au moment de l’explosion, le risque qu’il craque plus tard, sans que nous puissions savoir quand, ne revient-il pas au même dans le sens où nous ne pouvons envisager de laisser cette région habitée alors qu’une catastrophe prévisible peut tout détruire en quelques heures. Finalement, n’est-il pas préférable d’essayer de limiter la fuite actuelle (toutes les solutions n’ont pas encore été testées) jusqu’à ce que la pression finisse par diminuer suffisamment pour obstruer le puits ?

Malheureusement, il est à craindre que le choix des autorités US soit principalement influencé non pas par des considérations techniques dans le sens de la prudence et du moindre mal mais par un sentiment d’impuissance conduisant à un acte de folie. Nous sommes alors exactement dans le même cas de figure qu’avec l’affaire du nucléaire iranien que d’aucuns souhaitent régler d’une manière radicale par une attaque nucléaire. Nous pouvons également comparer la situation à celle de l’OTAN en Afghanistan, l’OTAN qui, face à un ennemi impossible à discerner et à contrôler, voudrait là aussi employer la manière forte.

Dans tous les cas, il s’agit de se jeter dans le vide pour échapper à la fournaise d’un sentiment d’impuissance qui accable (et rend fou) un pouvoir US hégémonique incapable de lâcher prise.