mercredi, juillet 28, 2010

28 juillet 2010 – Marée noire : Plus jamais ça ?

09 :00 FR / 03 :00 US – « … vous avez deux façons de réagir : l'une est de prendre ses jambes à son cou et de se cacher. La seconde est de faire face et de changer réellement la culture de la compagnie et de s'assurer que tous les contrôles sont en place, pour faire en sorte que cela ne se reproduise plus » (1) a déclaré M. Dudley. Naturellement, nous ne demandons qu’à y croire sauf qu’il y a un hic car M. Dudley semble mettre cette catastrophe sur le compte de la sécurité alors qu’il faudrait peut-être la mettre sur le compte de la guerre, une guerre de quatrième génération où l’ennemi serait à l’intérieur du système avec pour objectif plus ou moins conscient l’autodestruction de ce système.

Dans ce cas-là, toutes les mesures de sécurité ne serviront à rien puis qu’elles devront être appliquées par ceux-là même qui veulent détruire le système (pour de bonnes ou mauvaises raisons, peu importe). A force de nous culpabiliser avec les dangers du changement climatique provoqués par notre style de vie, serait-il inconcevable d’imaginer que des agents du système, des gens comme vous et moi, agissent à leur niveau et avec leurs moyens pour détruire ce système ?

Débrancher volontairement des alarmes de sécurité, ne pas réparer des défaillances constatées et documentées, ne relèveraient-ils pas d’une espèce d’acte manqué, quelque chose que l’on sait ne pas devoir faire mais que l’on fait quand même ? Si M. Dudley veut vraiment agir pour ne plus jamais connaitre de telle catastrophe, ne devrait-il pas s’efforcer de convaincre ses collaborateurs et ses employés que leur travail n’est pas seulement bon pour l’entreprise (gagner de l’argent) mais aussi pour le monde : ne pas aggraver le changement climatique qui menace la survie de l’espèce humaine ?

M. Dudley ne peut évidemment pas relever ce défi à lui seul. Il lui faudrait au minimum le soutien de l’ensemble des médias pour que ceux-ci cessent leur propagande sur le changement climatique de manière à réconcilier les gens avec notre monde. Sinon, plus le système cherchera à contrôler les gens, au nom de la/leur sécurité, plus ceux-ci se rébelleront, d'une manière ou d'une autre.




14 :00 FR / 08 :00 US – Greenpeace dénonce l’irresponsabilité des autorités chinoises (2) dans leur lutte contre la marée noire de Dalian alors que cette ONG n’a rien fait pour dénoncer les mêmes irresponsabilités des autorités US complices avec BP en lutte contre la marée noire dans le golfe du Mexique. Pourquoi ? Par ce que Greenpeace est financé par… BP. Pourtant, le silence des autorités chinoises n’est pas pire que le silence des autorités US. Ni les unes, ni les autres, n(ont préconisé le port d’un masque à gaz à ceux qui luttent sur place contre le pétrole pour ne pas affoler les populations. L’activisme de Greenpeace a ses limites que Le Monde se garde bien de dénoncer.

15 :00 FR / 09 :00 US – « Changement de culture », nous dit-on chez BP ! Voilà une belle et noble ambition qui se traduit, lorsqu’on rentre dans les détails, par une augmentation du contrôle des gens. Pour le nouveau ex futur ancien (on ne sait plus) directeur général de BP, changer de culture signifie agir pour ne plus connaître de telle catastrophe donc renforcer les procédures de sécurité puisqu’il parait que cette marée noire est le résultat d’un certain laissé-allé sur le respect de ces procédures. Sauf qu’on apprend, par ailleurs, qu’une nouvelle équipe d’enquêteur dite « équipe BP » (3) est envoyée sur place pour voir s’il ne s’agit pas plutôt de ce qu’on appelle vulgairement de la corruption entre les multiples entreprises en cause et l’Administration US. C’est aux enquêteurs de mettre au clair ce qu’il s’est passé avant la catastrophe mais il est clair que le public dispose de suffisamment d’informations pour éclaircir ce qui s’est passé après la catastrophe, une catastrophe, ne l’oublions pas, qui n’a peut-être pas dit son dernier mot car ce funeste puits est encore loin d’être définitivement colmaté s’il ne l’est jamais. Après la catastrophe, nous avons pu constater une censure totale de l’information, y compris vis-à-vis de la sous-commission spéciale du Congrès US, un usage criminel de produits chimiques pour disperser le pétrole dans le but d’échapper aux pénalités en sacrifiant la santé des populations. S’il doit y avoir un « changement de culture », ce n’est donc pas seulement chez BP mais et peut-être surtout dans l’Administration US qui ne pourra pas, cette fois-ci, échapper aux accusations dans la mesure où toutes les opérations de lutte contre la marée noire ont été supervisées par l’amiral en retraite Thad Allen, spécialement nommé par Barack Hussein Obama.

21 :30 FR / 15 :30 US – Tout est pour le mieux dans le meilleurs des mondes. D’après les autorités, les médias et les experts appointés par BP, la marée noire du golfe du Mexique est terminée. Il n’y a plus une goutte de pétrole à ramasser à la surface de l’océan, les plages sont nickels, l’air est normalement respirable, l’eau est potable. C’est la NOAA qui l’affirme (4). Après avoir fait de nombreux tests, elle constate que la situation est comparable à celle de n’importe quelle grande ville américaine et qu’il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter. En lisant cette conclusion, je me suis tout de suite interrogé : si la pollution des villes américaines n’est pas inquiétante, pourquoi nous bassine-t-on avec le changement climatique lié aux activités humaines, dont à la pollution des grandes villes (l’automobile et industries dites polluantes) ? Il est tout de même curieux que lorsqu’il s’agit du changement climatique, la pollution observée dans les grandes villes américaines sert de preuve pour nous convaincre d’abandonner le pétrole et d’accepter la taxe carbone mais lorsqu’il s’agit d’évaluer l’impact de la marée noire du golfe du Mexique, on nous explique que les taux de pollutions étant équivalents à ceux des grandes villes américaines, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Oui, je voudrais qu’on m’explique cette pirouette. En réalité, je n’ai pas besoin d’explication par ce que toute cette histoire de changement climatique à toujours été très claire pour moi : il ne s’agit de rien d’autre que d’une arnaque planétaire via la taxe carbone pour financer un gouvernement mondial. En déclarant que la pollution de la marée noire est comparable à celle observée dans les grandes villes américaines et qu’il ne fallait donc pas s’inquiéter, la NOAA trahi lâchement les adeptes du changement climatique. On ne peut pas gagner sur tous les tableaux à la fois, travailler pour BP (défendre ses intérêts financiers) et promouvoir le changement climatique. Nos experts n’en sont pas à une contradiction prêt…

22 :00 FR / 16 :00 US – Où l’on apprend que si BP a interdit à quiconque de pénétrer dans la zone atteinte par la marée noire, c’est entre autre pour empêcher tout prélèvement (eau, sable, etc) qui aurait pu servir à prouver dans le cadre de procédures judiciaires contre BP l’origine du pétrole responsable des sinistres dont ont été victimes les populations de la côte du golfe du Mexique. Ces populations n’ont plus que leurs yeux pour pleurer…

Notes et références.

(1) « BP va de voir "changer de culture", lemonde.fr,
28 juillet 2010

(2) « Marée noire : le silence des autorités chinoises », lemonde.fr, 28 juillet 2010

(3) « Marée noire: l'"équipe BP" à la recherche d'éventuels mensonges », lci.tf1.fr, 28 juillet 2010…

(4) « NOAA Finds PM and Black Carbon in Air near Gulf Spill”, eponline.com, 22 juillet 2010… NOAA scientists measured the air pollutants in four areas, including in the immediate vicinity of the spill, downwind from the spill, and along the Mississippi, Alabama and Florida coastlines. They also measured “background” air in an area far from the spill to serve as a control sample. In analyzing the levels of the pollutants, scientists compared them to typical concentrations of a polluted U.S. urban area...