samedi, juillet 24, 2010

24 juillet 2010 – Marée noire : et maintenant ?






04 :00 FR - Nous pouvons considérer, sans trop de risques de nous tromper, que la semaine qui vient de s’écouler marque un changement de phase dans l’évolution de cette catastrophe. Il y a une semaine, BP nous parlait encore de « Static kill », une nouvelle tentative pour boucher le puits suite à l’échec des tests d’intégrité du puits dont nous ne connaitrons jamais les résultats. Il était aussi encore question des puits de secours… Et puis, soudainement, les autorités US nous annoncent qu’il n’y a plus de pétrole à ramasser à la surface et qu’une partie de la zone de pêche est donc à nouveau autorisée. L’approche d’une tempête précipite le mouvement : la flottille est évacuée et BP se prépare à abandonner son puits qu’il laissera fermé et « sans surveillance » pendant la durée du mauvais temps (1).

Comme je n’imagine pas BP remettre en place ses lourdes installations (bateaux, ROV, etc.) entre deux tempêtes, je suppose que BP envisage de laisser la situation en l’état pendant toute la saison des ouragans, c'est-à-dire bien au-delà des dix à quinze jours annoncés :

- Quid du colmatage du puits ?

- Quid du creusement des puits de secours ?

- Quid de la surveillance du puits exigée, en vain, par Thad Allen ?

- Quid du calcul des pénalités impossible à faire tant que le puits reste fermé ?

- Quid du fonds d’indemnités pour les victimes ?

Ce puits est-il en état de résister à la pression ? Existe-t-il ou pas des fuites collatérales ? Bref, ce puits est-il une menace permanente avec laquelle les populations du golfe vont devoir apprendre à vivre ou tout cela n’a-t-il été que du bluff ?

Depuis des mois, BP n’a-t-elle pas tenté de colmater ce puits ? Etait-ce juste pour nous faire peur ? Parmi toutes les thèses possibles, celle qui me parait la plus plausible est que cette catastrophe est réellement « un 11 septembre écologique », c'est-à-dire une opération de l’intérieure pour faire passer la loi sur le Climat qui instaure la taxe carbone car ce que je n’ai pas encore mentionné ici, c’est le rejet de cette loi par le Sénat justement cette semaine qui se termine.

Simple coïncidence ? Peut-être sauf que nous devons aussi nous rappeler le contexte politique du début de cette catastrophe alors que Barack Hussein Obama a tout fait pour tenter d’acheter des votes républicains en autorisant les forages en eaux profondes dans le golfe du Mexique, une décision qui a été aussitôt suspendue par le moratoire de six mois interdisant les nouvelles explorations suite à la catastrophe.

De tels changements de cap indiquent bien où se situent les enjeux. Ces enjeux tournent tous autour de l’instauration de la taxe carbone (3), le projet politique phare des démocrates soutenu par Wall Street et la City, le cœur stratégique de l’Empire britannique dont BP aurait été le bras armé.

La taxe carbone n’est pas favorable aux industries pétrolières mais ce ne sont pas elles qui commandent : ce sont les marchés, c'est-à-dire les mega-banques qui contrôlent le système financier et qui se sont pour la plupart pré-positionnées pour encaisser les bénéfices colossaux qui seront générés par la taxe carbone que le climategate a déjà fait capoté fin 2009 en provoquant l’échec de la conférence de Copenhague.

La thèse que je développe ici sera confirmée ou infirmée par la suite de l’épopée de la marée noire. Soit la situation du puits est sous contrôle parce qu’elle l’a toujours été et puisque la loi sur le Climat n’est plus d’actualité, nous allons rapidement oublier cette marée noire ; soit un nouvel évènement (explosion du puits, nouvelles fuites, etc.) montre que BP est réellement confrontée à une catastrophe.

A tout prendre, je préfère la première option car dans ce cas-là, nous savons au moins d’où vient le problème et nous savons donc comment agir pour y faire face et même prévoir le prochain « 11 septembre XXX » en observant le timing politique du gouvernement US qui n’a pas d’alternative à la taxe carbone pour sortir de la crise financière (2) car c’est le seul moyen pour aller chercher l’argent là où il est, partout dans le monde et surtout là où notre économie fou le camp.

20:00 FR / 14:00 US - Des fuites en formes de bulles de champagnes sont visibles sur une pièce constitutive de la tête du puits.






















22:30 FR / 16:30 US - Après avoir consulté cette vidéo, j'ai vérifié par moi-même avec google earth à quoi correspondaient les coordonnées géographiques inscrites sur les images du puits transmises en live par BP. N'importe qui peut s'amuser à le faire, ce n'est pas difficile : il suffit d'ouvrir google earth, de se ballader sur la planète et d'observer les chiffres qui s'inscrivent au bas de la page. Voici ce que je trouve :



















Notes et références.

(1) "Marée noire: BP suspend ses opérations devant la menace de la tempête Bonnie", linternaute.com, 24 juillet 2010... Thad Allen, qui supervise la lutte contre la marée noire pour l'administration américaine, a expliqué que les bateaux mouillant à la verticale de la fuite et des puits de secours ne resteraient pas éloignés plus de "48 heures" de la zone, "s'ils devaient être évacués". Pour le moment, un bateau relié à la fuite et deux plateformes sur lesquelles les ingénieurs travaillent au forage des puits de secours ont commencé à se déconnecter de leur puits respectif. Mais "ils n'ont pas encore quitté la zone", a observé l'amiral Allen lors d'une conférence de presse. De plus, certains navires, ceux depuis lesquels sont maniés les robots sous-marins et les appareils de mesures acoustiques et sismologiques, pourraient rester sur zone "si les conditions le permettent". En revanche, en cas d'évacuation, les ingénieurs n'auront aucune possibilité de suivre l'état de la fuite juste au-dessous de l'entonnoir...

(2) " Le Sénat inflige un revers à Barack Obama sur le climat", lemonde.fr, 24 juillet 2010... M. Obama avait fait du développement des énergies nouvelles la base d'une "nouvelle croissance durable". Grâce aux centaines de milliards de dollars attendus, la vente des permis d'émission devait lui permettre de financer le développement des énergies alternatives, mais aussi de réduire le déficit budgétaire...

(3) "Loi sur le climat : Obama doit ravaler ses ambitions", lefigaro.fr, 24 juillet 2010... En juin dernier, Barack Obama avait exhorté le Sénat à tirer les leçons de la marée noire dans le golfe du Mexique pour «adopter des énergies propres». «Le temps est venu», avait-il lancé. Il n'a pas été entendu. Malgré cette «opportunité», le chef de la majorité démocrate, Harry Reid, a renoncé pour le moment, faute de disposer des 60 voix nécessaires...