Loin des yeux, loin du coeur : contrairement aux informations diffusées par les médias (1) (2) (3), la fermeture du puits de BP n’est pas une victoire contre la marée noire. Cette opération à pour but de vérifier la possibilité de déconnecter provisoirement le forage avec les bateaux de surface en cas d’ouragan.
Les autorités savent que le puits (et probablement le plancher océanique environnant) est percé de toute part et qu’il est donc inutile de tenter de le fermer définitivement. S’il en était autrement, BP aurait assurément montré des images des manomètres indiquant une pression entre 8 000 et 9 000 PSI, ce qui n’est pas le cas. D’après les dernières déclarations de Thad Allen relayées par CNN ce 16 juillet 2010, « l’ultime » solution réside dans l’injection de boues dans le puits défaillant à partir des puits de secours qui devraient être terminés dans le courant du mois d’août.
Cela signifie que d’ici 24 ou 48 heures, nous allons retrouver sur nos écrans notre cher panache de pétrole et/ou de gaz car une fois les tests actuels terminés, BP va placer un nouvel entonnoir, sans doute plus efficace que le précédent mais qui ne servira qu’à contenir partiellement la fuite (et encore, seulement lorsqu’il n’y a pas d’ouragans en surface) et non pas à la colmater définitivement.
Le colmatage à 100% du puits est impossible. Non seulement, mais la version officielle de Thad Allen – utiliser les puits de secours pour boucher le puits défaillant avec de la boue injectée par la base – ne tient pas la route. Cette boue sera évacuée du puits défaillants par les nombreuses fuites détectées lors de l’opération « Top Kill » qui fut suspendue à cause justement de ces fuites.
Tenter de boucher ce puits revient à créer d’autres fuites qui seront impossibles à contenir.
C’est pourquoi, il reste deux options :
1 – Contenir au mieux la fuite actuelle par le puits pendant des années (certains experts annoncent 30 ans) avec le risque d'une nouvelle explosion de gaz puisque ce puits n'est pas équipé de nouveaux systèmes de sécurité.
2 – Tenter de vitrifier la base du puits par une explosion nucléaire puisque seule une bombe nucléaire peut être assez petite pour être glissée par les puits de secours jusqu’à proximité de la base du puits défaillant.
De mon point de vue, la solution préférable est la n°1 mais elle présente un inconvénient politique pour Barack Hussein Obama qui apparaitrait comme incapable (une fois de plus) et incompétent dans son rôle de chef de la nation US. C’est pourquoi il nous faut craindre le choix de l’option n°2 lorsque la tentative de colmatage du puits par la boue aura échoué.
Nous devons comprendre que, selon les options retenues et mises en œuvre, cette marée noire va, au mieux, s’inscrire dans la durée ou, au pire, se transformer en cataclysme mondial. C’est pourquoi, depuis le début, je préconise l’évacuation des populations de la région du golfe du Mexique avant que cette catastrophe écologique ne se transforme en catastrophe humanitaire (4).
Notes et références.
(1) « Marée noire: BP parvient à arrêter la fuite », 20minutes.fr, 16 juillet 2010… 86 jours. C'est la durée pendant laquelle le pétrole s'est écoulé dans le Golfe du Mexique. Mais jeudi, BP est parvenu à arrêter l'écoulement, au cours d'un test visant à évaluer la résistance du puits endommagé avant d'envisager de stopper définitivement la fuite.
(2) « Marée noire : la fuite est endiguée », vidéos.tf1.fr, 16 juillet 2010…
(3) « Marée noire : BP stoppe la fuite », streetgeneration.fr, 16 juillet 2010…
(4) " Le Corexit est une véritable arme de destruction de masse", infoguerrilla.fr, 16 juillet 2010...
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