vendredi, juin 18, 2010

Marée noire : quelques hypothèses en vrac...

18 juin 2010 à 8 :00 – L’ensemble des média salue la victoire de Barack Hussein Obama « arrachant » 20 milliards de dollars à BP pour indemniser les victimes de la pollution du golfe du Mexique. 20 milliards pour les victimes, cela permet de faire un gros titre à la Une pour impressionner « les petites gens ». La réalité est pourtant différente : l’accord fixe une contribution de 1,25 milliard par trimestre, c'est-à-dire l’équivalent de ce que BP déclare avoir déjà dépensé depuis le début de la catastrophe il y a à peine deux mois.



Les médias font comme si Barack Hussein Obama avait « arraché » des sous à BP alors que BP dépense déjà cette somme qui n’est rien d’autre, finalement, qu’un budget de fonctionnement presque normale pour l’exploitation d’un puits de pétrole offshore. Les marchés ne s’y sont d’ailleurs pas trompés (1) (2) (3) puisque l’action BP a aussitôt gagnée 10% en une journée à la Bourse de Londres dans une tendance générale pourtant à la baisse : les marchés considèrent que Barack Hussein Obama n’a rien arraché au géant britannique et que cette histoire des 20 milliards en faveur des victimes n’est qu’une manipulation médiatique pour leurrer les victimes et sauver l’image désastreuse de la gestion de la crise par Barack Hussein Obama.



Cette duplicité se retournera contre Barack Hussein Obama parce qu’il n’a pas eu le courage politique d’accomplir l’acte décisif qui consistait à ordonner la fermeture immédiate et définitive du puits . Il semble qu’il y ait, à ce sujet, deux hypothèses possibles pour expliquer ce choix :



1 – la fermeture du puits est techniquement possible mais BP a fait un deal avec Barack Hussein Obama : je fais semblant de te donner 20 milliards pour sauver ta côte de popularité et je garde le contrôle de mon puits.



2 – la fermeture du puits est techniquement impossible et le deal est alors le suivant : tu fais semblant de m’arracher 20 milliards pour calmer les victimes et je fais semblant de réparer mon puits.



Comment savoir s’il est techniquement possible ou pas de fermer ce puits ? Pour l’instant, tout porte à croire que ce n’est techniquement pas possible puisque la seule solution que BP propose pour résoudre sérieusement et durablement le problème consiste à creuser des puits de secours pour détourner la fuite du puits défaillant. Cette solution alternative suppose que la fuite n’est liée qu’à une défaillance du puits existant suite à des négligences dans sa réalisation or, le problème pourrait se révéler plus complexe que cela dans la mesure où, selon certains experts indépendants, BP aurait creusé son puits dans un sol extrêmement fragile et soumis à une pression dépassant les prévisions des ingénieurs de BP et, par conséquent, dépassant les capacités techniques de BP ou de tout autre intervenant.



C’est aussi ce que semble vouloir faire comprendre le PDG de BP (un excellent géologue semble-t-il) en répétant sans cesse que les causes de cette catastrophe sont multiples et complexes et qu’il est trop tôt pour se prononcer. Tout mettre sur le compte du profit et de la rentabilité comme le font les médias est probablement un peu court mais cela permet de jeter une explication sommaire et populiste en pâture à la foule de plus en plus en colère.



Il existe enfin une troisième hypothèse qui consiste à dire que les ingénieurs de BP ont fait normalement leur travail dans un terrain convenablement étudié et que cet accident ne serait pas si accidentel que ce qu’on veut bien nous faire croire. A l’appui de cette hypothèse, certains intérêts défendus par Barack Hussein Obama favorables à l’instauration d’une Taxe carbone (4) qui permettrait la création d’un marché mondial de la pollution encore plus rentable que les produits dérivés à l’origine de notre crise financière.



Dans le cadre de cette hypothèse, il faudrait donc s’attendre à ce que la pollution du golfe du Mexique perdure jusqu’à ce que Barack Hussein Obama obtienne sa loi sur l’énergie et le climat. C’est dans ce sens que, personnellement, j’interprète ce « 11 septembre écologique », comme l’a qualifié Barack Hussein Obama qui sait très certainement, dans ce cas-là précisément, de quoi il parle tout comme lorsqu’il décrit cette pollution comme une « épidémie », ne pouvant faire référence qu’à la pandémie H1N1 dont tout le monde sait, aujourd’hui, ce qui en fut à l’origine…




Voir commentaire n°2.





Notes et références.


(1) " Malgré le coût attendu de la marée noire, les investisseurs gardent leur confiance en BP", lemonde.fr, 18 juin 2010... malgré la création d'un fonds de 20 milliards de dollars (16,1 milliards d'euros) pour couvrir les frais de la catastrophe, la perspective de poursuites devant les tribunaux américains et la suspension du versement de dividendes en 2010, caisses de retraite, fonds souverains, organisations philanthropiques et universités exposés à BP restent pour l'instant confiants en son avenir... (ndlr : tout baigne pour BP !!!)


(2) " BP : le rebond se poursuit", zonebourse.com, 18 juin 2010... (AOF) - BP (+4,55% à 376,05 pence) poursuit sa remontée. Le titre, qui a gagné 6,74% hier, est soutenu par la réduction de l'incertitude liée à la création d'un fonds d'indemnisation et à la suspension des dividendes. De plus, ces concessions accordées au gouvernement américain allègent la pression politique qui s'exercent depuis l'explosion de la plateforme Deepwater le 20 avril dernier. En outre, les investisseurs, à l'image d'HSBC ce matin, estiment que le titre BP (-45% depuis le début de la marée noire) a été trop durement sanctionné....

(3) "Marée noire: BP remonte la pente", usinenouvelle.com, 17 juin 2010... Après ces déclarations, BP, massacré en Bourse récemment, a gagné jusqu'à près de 10% dans la matinée. Les 20 milliards de dollars que BP placera dans un fonds pour payer les frais de la marée noire du golfe du Mexique rassurent l'opinion américaine et calment les spéculations...

(4) "POLLUTION - La presse n'est pas convaincue par le grand discours du président américain...", 20minutes.fr, 16 juin 2010... Mais c’est pour mieux insister sur le fait que finalement, il «n'a parlé qu'en général, usant de termes déconnectés de la réalité pour appeler le Congrès à voter une réforme de l'énergie cette année». Il «a consacré le dernier quart de son discours à l'adoption d'une loi sur l'énergie (...) mais il n'a pas exposé les contours spécifiques d'un nouveau texte de compromis et les moyens de le faire voter», renchérit USA Today.

6 commentaires:

Paul-Emic a dit…

Depuis le 11 septembre on peut en effet s'attendre à tout, même le plus incroyable, le plus inimaginable.

Eric GAILLOT a dit…

Il existe une quatrième hypothèse : nous savons que le premier dôme de confinement imaginé par BP n'a pas fonctionné à cause de la formation d'une forme de glace. Cette glace ne pourrait-elle pas être à l'origine du non fonctionnement des systèmes de sécurité à l'origine de l'explosion ?
Qu'est-ce qui sort exactement de ce puits ?

Paul-Emic a dit…

si le pétrole est susceptible de se solidifier ou de devenir pâteux à 1500 mètres , ce n'est pas le cas de l'eau de mer.
Par ailleurs, le pétrole qui s'échappe du conduit me semble parfaitement fluide sur les vidéos.
J'ignore ce qu'il s'est passé sous le dôme de confinement ou dans les vannes de sécurité mais je ne crois pas vraiment au bouchon de glace.

Eric GAILLOT a dit…

Cette hypothèse ne doit pas être totalement écartée. Après tout, nous ne savons pas ce qui sort réellement de ce puits étant donnée sa profondeur et la pression qui semble s'exercer sur le forage. Nous naviguons à priori en zone inconnue...

Eric GAILLOT a dit…

... et pour compléter mon commantaire précédent, je dirais que naviguant en zone inconnue, cela signifie que BP est peût-être tombé plus ou moins sans le savoir sur une sorte de pétrole inconnu jusqu'à présent (c'est à dire non issu de matières fossiles) dont les réserves seraient, selon certains scientifiques, quasiment infinies.

Eric GAILLOT a dit…

...d'où la volonté de BP de tout faire pour conserver le contrôle de son puits.