dimanche, mai 02, 2010

Marée noire : un bel effet papillon.

Etrange affaire que cette marée noire qui menace la Louisiane, le Mississipi, l’Alabama et la Floride : « L'une des premières conséquences politiques de cette marée noire a été la décision de la Maison Blanche, annoncée vendredi sur ABC par David Axelrod, proche conseiller d'Obama, d'imposer un moratoire sur les forages en mer. C'est un revirement pour l'administration du président américain. Le 31 mars, M. Obama avait levé un précédent moratoire qui s'exerçait depuis vingt ans sur ces forages en haute mer. Le but était de s'attirer les bonnes grâces du sénateur républicain Lindsey Graham, à la tête d'un groupe républicain probusiness qui a le pouvoir de faire capoter le projet de loi sur le changement climatique. Lors du même entretien, M. Axelrod a précisé que l'interdiction de nouveaux forages durerait tant que n'aura pas été déterminé "ce qui s'est passé [le 22 avril lors de l'explosion de la plate-forme] et s'il s'agit d'un événement exceptionnel ou que l'on aurait pu empêcher". (1)

La réponse sera probablement les deux : un évènement exceptionnel du fait de l’explosion de la plate-forme, mais une explosion dont on aurait pu limiter les conséquences catastrophiques si la plate-forme avait été équipée d’un système d’arrêt à distance, un système obligatoire en Norvège et au Brésil mais que l’Administration US, sous la pression des industriels, n’a pas rendu obligatoire, selon le site Comprendre le Monde (2) qui précise que le coût de ce système est d’environ 500 000 dollars.

Les assurances rembourseront les dégâts occasionnés par cette catastrophe car BP démontrera que sa plate-forme était conforme à la règlementation d’où les déclarations de ses responsables qui assument d’avance toutes les responsabilités. En sommes, le vrai responsable de cette catastrophe pourrait être l’Administration US et plutôt que d’attaquer BP, les futures parties civiles devraient directement attaquer cette Administration qui ne sait pas résister aux grouppes de pression « probusiness ». C’est pourquoi Barack Hussein Obama a été convaincu de déclarer cette marée noire « catastrophe nationale » car il sait qu’au bout du compte, et même si la procédure judiciaire prend des années, c’est son Administration qui devra payer donc l’ensemble des contribuables américains qui apprécieront une nouvelle fois d’être les dindons de la farce.

Et tout ça pour économiser 500 000 dollars ! N’est-ce pas là un magnifique effet papillon, exactement comme ce que l’on peut observer avec nos banques qui trouvent le moyens de fabriquer avec nos trois sous des centaines de milliers de milliards de dettes, en tout cas en terme de « dérivés » et autres « véhicules complexes » ? C’est ça la postmodernité, un monde qu’un rien ou presque rien peut exploser en quelques secondes.

Notes et références.

(1) « La marée noire atteint les côtes de la Louisiane », lemonde.fr, 1er mai 2010…

(2) « Marée noire : l’impuissance face aux conséquences d’une politique absurde », comprendrelemonde.fr, 1er mai 2010… Cette plateforme est pourtant récente : elle a été construite en 2001 et était censée être équipée des technologies de pointe. À partir de cette plate-forme, BP forait le puits de pétrole le plus profond du monde (plus d’une dizaine de km). Pour exploiter cette plateforme, BP payait la somme de 181 millions de dollars par an à Transocean, soit 500 000 dollars par jour environ. La plate-forme était équipée de nombreux systèmes technologiques « dernier cri » destinés à améliorer son rendement et à limiter les périodes d’arrêt. Malheureusement, aucun système ne permettait d’actionner sa mise à l’arrêt à distance. Elle était seulement équipée d’un dispositif censé prendre automatiquement le relai en cas de défaillance humaine ou de détection de panne, et fermer immédiatement le puits. Mais le système n’a pas fonctionné.
En Norvège et au Brésil, par exemple, les dispositifs d’arrêt à distance sont obligatoires. Le coût de ces systèmes a été évalué par les industriels à 500 000 dollars. Depuis 2000, le Minerals Management Service (MMS : service de gestion des minéraux, organisme gouvernemental chargé d’attribuer les autorisations de forage aux USA) envisageait de rendre obligatoire l’utilisation de ces interrupteurs à distance. Mais les industriels se sont opposés à ce projet. En 2003, le MMS a affirmé que l’utilisation de systèmes de commande à distance n’était pas recommandée, car « ces dispositifs ont tendance à être très onéreux ». À titre de comparaison, BP a réalisé six milliards de dollars de bénéfices et dépensé 3,5 millions de dollars en activité de lobbying, rien qu’au cours du premier trimestre 2010...