samedi, avril 24, 2010

Crise : Europe = Ground Zéro (Suite 2)

Deux articles commentent la demande grecque pour l’activation du plan d’aide financier (3).

Tout d’abord, une brève de solidariteetprogres.org (1) qui nous rappelle que se sont les banques françaises qui sont les plus exposées, « en effet, les banques françaises ont environ 80 milliards d’euros d’exposition dans ce pays contre près de 40 milliards d’euros pour les banques allemandes » et d’en conclure « que les 3,9 milliards iront gonfler les statistiques du déficit français qui est déjà à 8% du PIB. »

Ensuite, un billet invité de François Leclerc (2) qui fait remarquer que l’ « On peut aussi douter que les banques européennes, Allemandes et Françaises en premier lieu, puissent affronter le risque d’un défaut grec, inévitable alors, qui aboutirait obligatoirement à la négociation d’un plan de restructuration de la dette grecque, c’est à dire à une décote atteignant les créanciers », donc les banques françaises.

En sommes, le gouvernement français a deux options : soit il n’aide pas la Grèce qui se retrouve en défaut de paiement et plante nos banques ; soit il aide la Grèce pour sauver nos banques en augmentant notre déficit déjà à 8% de notre PIB, ce qui revient à planter les contribuables français qui devront, un jour ou l’autre, rembourser cette aide que les Grecs sont bien incapables de rembourser par eux-mêmes.

Notre gouvernement a finalement choisi de gagner du temps en sauvant, provisoirement, nos banques via le plan d’aide à la Grèce. L’Allemagne suivra une fois ses élections passées. Cette fuite en avant que François Leclerc décrit comme du « sur place » illustre le déchainement de l’Histoire dont je parle dans mon article précédent, c'est-à-dire l’impuissance des hommes face à cette nouvelle crise dite des dettes souveraines et qui pousse des Etats déjà surendettés à se prêter mutuellement de l’argent sans aucun espoir sérieux de le récupérer autrement qu’en spoliant de force les populations.

Cette spoliation constituera la phase suivante de la crise, celle où les populations vont réellement souffrir, celle que nos responsables tentent par tous les moyens de repousser le plus longtemps possible, le temps en tout cas de mettre en place un système autoritaire qui leur permettra peut-être de tenir encore un peu de temps avant ce que j’appelle, dans le cadre la théorie PointZéro, le règlement de la question humaine, ce qu'on appelle en langage politiquement correct "un programme d'assainissement des comptes publics".

Notes.

(1) « Prendre au pauvres en France pour donner aux banques françaises exposées en Grèce ? », solidariteetprogres.com, 24 avril 2010

(2) « Le sur place n’est pas une option », pauljorion.com
, 24 avril 2010

(3) " La Grèce appelle à l’aide, l’Allemagne renâcle ", lemonde.fr, 24 avril 2010... Quatre lignes succinctes, et une formule de politesse: la Grèce a officiellement demandé par écrit vendredi 23 avril "l'activation du mécanisme de soutien" conçu pour la sauver du naufrage financier...